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Hard times in New York Town


Tag: Pourquoi vivre à l’étranger


Je n'ai pas pu préparer la présentation, Charlotte s'était dénudée sur la voie publique (excuse pour étudiant à enfant #147)

34 ans à l’université, take 2


Pareil / pas pareil : avoir des enfants ou pas quand on fait l’université.

Les devoirs :

Pour mes copines : c’est se réfugier dans la gravité silencieuse de leur appartement. C’est se verser un thé, allumer une bougie, et attendre, recueillies, que le savoir descende en elles (moyennant un savant roulement snapchat / Facebook / instagram environ toutes les 10 min).

Pour moi : c’est de toutes façons pas avant 21 heures 30, parce qu’avant on a les enfants qui hurlent, les lessives à faire et surtout la musique du roi lion dans les oreilles : naaaaaaaa tsimbrekiaaaaaa navadiss tsivaraaaaa (passion Simba). C’est se tromper de bouquin à lire assez régulièrement parce qu’on était un peu décapée au moment où on a pris les notes. C’est  lire 30 pages d’un truc à 1h du mat, relever la tête et se demander sincèrement : tiens, mais de quoi ça parle ? C’est aussi constater en rendant le livre à la bibliothèque que « buddha is in hiding » a pas mal souffert des balançages de purée virtuoses de Yann.

Spring Break :

Pour mes copines : c’est se dorer la fesse sur les plages de Californie en faisant valser du bellâtre sur Tinder.

Pour moi : c’est un blizzard qui s’abat sur New York dans moins de 24 heures. Il s’appelle Stella. C’est joli comme nom. Les trois enfants n’auront pas école pendant deux jours. On va en chier.

Les soirées :

Pour mes copines : c’est potentiellement tous les soirs.

Pour moi : c’est un concept oublié dans les années nonante. Néanmoins, malgré trois grossesses et deux marathons, je suis encore capable de boire deux bières sans vomir. Pour elles c’est moins sûr (j’ai organisé un pique nique au début de l’année, il devait y avoir 13 bières pour 25, ben y en avait un paquet qui disaient des conneries).

Le couple :

–  Pour mes copines : c’est un concept très frais (entendu récemment : « ça fait six mois ? ah ouais, une longue relation »). C’est des relations à distance, qu’on gère en s’engouffrant dans des avions à horaires impossibles, en écrivant des tonnes de whatsapp à smileys inquiets. C’est des idées de « comment on sera quand on sera maman » qui me m’attendrissent pas mal parce que j’avais les mêmes, et j’aimerais bien leur dire que la réalité sera différente, et si les filles, je vous promets que parfois vous donnerez des petits pots à vos enfants , et ce sera pas grave. C’est demander beaucoup de conseils à la con à ses copines. La vie de couple à 25 ans, c’est compliqué. C’est cool. Mais ça prend beaucoup de temps, beaucoup de sueur. Et c’est quand même surtout compliqué.

– Pour moi : c’est se rendre compte que l’autre est passé chez le coiffeur au bout de 5 jours. C’est tenter annuellement le resto « parlons de nous mon amour » et mettre même du recourbe-cils pour l’occasion, mais lâcher l’affaire à 22h15 parce que la conversation romantique commence à ressembler à une to-do list. C’est une course de relais (tu fais chier, c’est à toi de te lever, je me suis réveillée la nuit dernière / OK je sors jeudi, tu prends mercredi ?) C’est s’appuyer sur l’autre, rarement le séduire. C’est rigoler pas mal ensemble, souvent nerveusement. C’est néanmoins, entendre mes copines de fac me dire  : « oh mais tu as teeeellement de chance », parce que c’est vrai : c’est plus simple.

 

Parfois je me demande si mes copines et moi on est quitte. Je pense quand même que non.

Promis, après ça j’arrête de parler de mes enfants pendant au moins un mois.

Choking hazard: Nous sommes une école dinosaure-free. Amener des dinos à l'école est passible de sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion de l'enfant. Nous nous réservons le droit de prévenir les autorités en cas d'apport de dino dans l'enceinte de nos bâtiments.

Saint Valentin, bilan chiffré


Dans la rue, un new-yorkais sur trois portait un bouquet de fleurs ce soir vers 18 heures …

… et 20 minutes de queue (à la louche) dans le magasin de papeterie / cartes de voeux devant lequel je suis passé

3 heures 30 de motivation poussive pour faire écrire « happy valentine’s day » à Nayla (4 ans), sur les 24 cartes de la St Valentin qu’elle a distribuées à ses copains

1 carte bizarre envoyée par Nayla (elle y tenait) : « Walker, don’t hit me and I will be your friend » (Walker, ne me tape pas et je serai ton amie). La maman de Walker a dû faire une sale gueule en ouvrant les cartes ce soir

39 cartes reçues par nos trois enfants au total, avec 37 petits cadeaux scotchés sur les cartes (et deux mamans radines)

Les petits cadeaux: 28 sucettes pas bonnes du tout, 2 sortes de tang 2.0 qui ont l’air d’avoir la puissance d’un vermifuge, 3 petits dinosaures en plastique rose du style oh-regarde-le-bébé-s’est-tué-il-a-bouffé-le-dino, 9 chocolats, 0 chocolat mangeable, 4 gommes en forme de coeur, 17 stylos et plein de gommettes.

500 grammes de plastiques divers balancés à la poubelle après ouverture

Dans l’école des enfants, le bilan carbone annuel du Sierra Leone dépensé en un jour

 

Happy Valentine’s Day!!!

Non croisés dans Sleep no more (mais peut-être étaient-ils à un autre étage) : un léopard, Cléopatre, des vigiles. Par contre, pas mal de filles à seins nus.

Sleep no more


Disclaimer : Je n’ai rien à écrire de très intéressant sur Sleep no more ; tout New-York a déjà raconté Sleep no more. Je n’écris cet article que pour rendre jalouses mes deux soeurs Javotte et Anastasie, qui adoooorent le théâtre et dépensent des fortunes pour en faire et en regarder.

Donc Sleep no More.

On était bien sûr intrigués. Mais
1/ j’étais un peu intimidée par l’idée du théâtre immersif. Je m’imaginais que les comédiens me prendraient par la main pour déclamer leur texte devant tout le monde, et que moi je rougirais comme un poulet empoté
2/ nos copains avaient l’air tellement outrés qu’on n’y soit pas allés que ça a fini par me gaver
3/ et surtout : j’ai la sensibilité d’un enfant de trois ans. Quand j’ai regardé le sixième sens je suis allée me cacher aux toilettes du cinéma pour avoir moins peur (c’est vrai hein). Récemment ma copine Madeleine nous a invité à une escape room d’ailleurs géniale, j’ai bêlé « j’ai peur » en mettant ma main moite dans celle de mon mec, pendant toute la durée de l’escape room. Là rien que le titre me tétanisait.

Mais on a été invités, donc plus moyen de reculer.

Alors, Sleep no more (sans spoilers, Javotte et Anastasie lisez sans crainte).

Tous les spectateurs portent des masques.
Tous les spectateurs déambulent silencieusement dans un décor labyrinthique de 9.300 m2 et six étages (j’ai vérifié mes sources. UsChapters, une histoire d’éthique).
Tu essaies de perdre « tous les spectateurs » parce qu’il y en a beaucoup et que c’est un peu oppressant.
Tu te retrouves seule dans le noir, fouillant dans les tiroirs sans savoir quoi y chercher.
Tu ne comprends pas la trame. Tu ne sais même pas s’il y a une trame.
Tu croises des comédiens qui dansent plutôt qu’ils ne parlent, ébauchent des conversations avec d’autres comédiens, disparaissent gracieusement derrière des trapes, réapparaissent à d’autres endroits, à d’autres moments.
Certains spectateurs sont emmenés par la main par un comédien qui ferme la porte derrière lui.
La musique cite Hitchcock et les bars interlopes des années 30.
Tu assistes à des scènes magiques ou flippantes, puis tu te retrouves seule dans un asile ou une mercerie, ou un cimetière, ou une boite de nuit.
Tu penses à la fois au cluedo, à Shakespeare, aux films noirs, à Cabaret, et tu te dis que les mecs ils sont vachement forts.
Tu te demandes où sont tes amis. Tu apprendras à la sortie qu’ils ont assisté à certaines scènes en même temps que toi, mais tu ne les as pas vus.
Tu souris toute seule dans le théâtre.
Tu ne sais même pas comment la pièce doit se terminer, comment il est prévu que tu sortes, mais tu t’en fous.
Quand tu sors enfin, tu as les yeux écarquillés comme un gosse qui vient de vivre une aventure incroyable.

Vraiment, vraiment. J’étais moins impressionnée la première fois que je suis allée à Disneyland et pourtant j’avais dix ans, j’habitais à Chantepie (35135) et j’étais sacrément impressionnable.

Et quand j’ai compris quelle était la trame, car il y en a bien une, je me suis arrêtée sur le trottoir, bouche totalement bée. Genre « mais putain, mais évidemment !! »

Depuis j’ai lu à peu près tout ce qu’Internet a dit de Sleep no more. Autant vous dire que j’ai peu dormi ces derniers temps.

J’ai appris notamment que certains spectateurs étaient devenus fous, qu’ils avaient vu le spectacle 250 fois et qu’ils y retourneraient encore. Et ça ne m’étonne pas.

Le public du concert est extrêmement divers (image, Reuters)

Mes soirées de bourgeasse


Et pendant que le reste du monde se désentripaille, on passe un bon été de connards.

1- on est allés voir Manhattan de Woody Allen, sur le toit d’un hôtel reconverti en ciné en plein air. Transats, casques audio pour tout le monde, deux verres de champagne, un peu comme la première classe Air France dans les sixties (je prenais beaucoup la première classe Air France dans les sixties). En rentrant, mon mec m’a susurré qu’il n’avait jamais passé de si bonne soirée. J’ai tendrement posé ma tête sur son épaule, avant de réaliser qu’il portait un casque et moi aussi, et que nos échanges s’étaient donc résumés à : « pouce levé ? » « pouce levé !! »

2- on est allés voir Goran Bregovic au Lincoln Center. Vu la proportion de mémères emperlousées rentabilisant leur abonnement au Lincoln Center, vu les mecs de la sécurité sur au taquet (interdiction de marcher dans les allées, interdiction de photographier), je craignais le pire. En plus mon voisin texan puait l’oignon frelaté. Mais au bout d’une demie heure, Goran avait retourné la salle ; la sécurité avait jeté l’éponge, le public ânonnait du serbe en hurlant de joie dans les travées, et moi je me disais avec mes gros sabots que le Lincoln Center c’est un peu comme la vie (enfin, la vie chez les riches) : des hipsters, des tatoués, des mecs des balkans, des étudiants, des retraités et bien sûr, les mémères emperlousées qui dansaient avec leurs filles. Quant à mon voisin texan, il s’est avéré yougoslave et exégète pointu de Goran, mais pour le coup de l’oignon, ça a quand même duré tout le concert.

Jeune française courageusement parvenue à créer un trend sur le bonnet chouquette

Martine, crevarde de la fashion


Présupposé : La française en goguette est par principe censée « incarner l’élégance à la française », comme il l’est dit dans les mauvais magazines. Ca marche à New York, mais ça marche en fait partout.

Comment te sentir à l’aise avec ce phénomène ? c’est bien simple.

Option 1 : tu es française et tu es trop contente de surfer sur la vague « ouaouh comment t’es trop chic » : 

– omets de préciser que tu viens de Cesson-Sévigné. C’est bien connu, toutes les françaises sont parisiennes.

– quand on te fait un compliment sur une fringue, prends l’air languissant en balançant une marque française inconnue …. ou minimise à dessein « ce vieux truc ? ah Zara ! », ton interlocuteur se sentira un caca vermoulu devant toi, l’icône fashion qui donnes un aspect couture à tout, tout, tout.

– ne limite pas sottement ton vestiaire à l’uniforme petites robes noires / rouge à lèvres. Non non, sens-toi une vocation de passionaria : ose, et réhabilite les oubliés de l’élégance (qui de toutes façons, cartonnent probablement au fin fond de Red Hook) : Birkenstock, jupes culottes, sac banane, petits sacs en plastique transparents qu’on met sur la tête quand il pleut. Oublie que tu t’es fait ostraciser par ta classe de 4e parce que tu étais moche et fringuée comme une vieille. Aujourd’hui tout est permis.

Option 2 : tu es française, et tu as décidé de lutter contre les stéréotypes

Bon déjà tu es bien bête, parce qu’il faut toujours prendre les bons stéréotypes, il n’y en a pas tant que ça (et quels que soient tes efforts tu n’arriveras pas à lutter contre les mauvais et passeras forcément pour une pimbêche arrogante (mais romantique) comme toutes tes compatriotes).

A ma connaissance, une seule solution : deviens enceinte. N’hésite surtout pas à friser la barre des 80 kilos, et habille toi de manière rigoureusement identique tous les jours, de préférence avec des fringues mi-Gap, mi-le père Noël est une ordure. Attention, c’est une science, mais le résultat est garanti : plus personne ne t’emmerdera. Au niveau capillaire, je conseillerais l’aspect pas coiffé du tout (pas « savamment décoiffé », non non, vraiment le truc canin, dont la représentation la plus convaincante à l’écran reste notre héroïne à toutes : Britney Spears dans Womanizer).

Option 3 : tu es français

Tu n’es donc pas concerné. Le stéréotype de l’élégance à la française ne fonctionne qu’au féminin. Pour les mecs, ça marche uniquement chez les italiens (pâmoison sur le combo brillantine / costumes étriqués) ou les anglais (pâmoison sur le tweed).

Echangisme provoqué par Snowzilla

Snowzilla


Voici donc le compte-rendu indispensable sur la tempête Jonas, ou comment un samedi soir, l’ensemble d’un immeuble s’est retrouvé saoul chez nous à 18h30.

Snowzilla – 1j : cela fait déjà trois jours que la chaine météo fonctionne en boucle sur la tempête du siècle, avec limite la musique de star wars en fond sonore (“scènes d’horreur près de Washington avec d’énormes accidents” (on voit deux voitures sur le bord de la route avec les mecs qui discutent tranquillement, sous 3cm de neige)).

Tout le monde est à fond parce que Jonas vient de passer snow blizzard (qui est un peu la ceinture noire de la tempête ; avant il était juste snow storm, c’est moins classe).

Nous on est aguerris, c’est notre deuxième hiver new-yorkais, on se sent un peu comme des vétérans, pas du genre à se laisser avoir par le catastrophisme ambiant.

Snowzilla – 4 heures : Dans le doute, on se renfloue en Twix. Et en fromage. Les rayons des magasins sont un peu moins replets que d’habitude, mais pas dévalisés.

Snowzilla – 1 heure : on se couche, quand meme un peu excités à l’idée de vivre notre première vraie neige de l’année.

Snowzilla +5 heures : on ouvre un oeil. Incontestablement, il neige. Sur la terrasse, il y a déjà 20 cm.

Snowzilla + 7 heures : on sort les unes après les autres les occupations “enfants + intempéries”, et on se connecte bravement sur youtube pour y regarder des vidéos chronophages, ne requérant de préférence aucune concentration.

Snowzilla + 13 heures : on vient de finir le 14è puzzle pour enfants, il y a des legos et des bouts de train partout, et l’idée de lire un autre article sur Making a Murderer me donne personnellement envie de crever. Il va falloir agir.

Snowzilla +14 heures : on équipe les filles pour sortir.

Snowzilla + 15 heures : les filles sont équipées.

Snowzilla + 15 heures + 7 minutes : pas de doute, c’était bien un blizzard. On rentre.

Snowzilla + 16 heures : la neige continue de tourbillonner impitoyablement sous nos yeux lassés. C’est alors qu’en allant récupérer les filles qui jouent à courir dans le couloir, on croise deux de nos voisins qui ont des gamins, et donc la même tronche de poulet de batterie en rade que nous.

Quand soudain l’un d’eux propose un happy hour.

Illumination.

Snowzilla + 16h02 : effervescence dans l’immeuble. Tout le monde toque chez tout le monde pour dire que l’happy hour commence et que c’est chez nous. Tout le monde rapplique donc avec la blinde de bouteilles et des chips. Il est actuellement 17h02.

Snowzilla + 16h30 : la 6è bouteille de vin rouge dégueu est balancée au recyclage. Il y a 7 gamins de moins de trois ans dans le salon, et un nombre croissant d’adultes.

Snowzilla + 17h : on parle de cul. Je me sens comme à Paris. Ma voisine d’en face bizarre est trop sympa en fait.

Snowzilla + 19 heures : une tente trois places a inexplicablement été montée dans la chambre des filles. Aucune idée d’où elle peut bien sortir. Les premiers voisins se barrent, avec l’air enthousiastement bourré que tu as quand la giga-soirée improvisée s’est terminée à 6h du mat. Dehors, on est à plus de 1m de neige.

Snowzilla + 20 heures : le voisin du dessous croate propose de faire comme dans une boite de nuit à plusieurs ambiances. La moitié des invités se barre chez lui pour danser uniquement, hommage oblige, sur du David Bowie.

Snowzilla + 22 heures : dehors, on ne voit plus les voitures. Les gamins regardent Cars sur un ipad commun, avec les joues rubicondes du 25 décembre au soir, l’estomac craquelant sous les chips.

Snowzilla + 24 heures : Snowzilla s’achève sous les hourras. On improvise une balade dans le parc recouvert de neige immaculée. On marche 1,5m plus haut que d’habitude. Pendant ce temps, trois d’entre nous (dont mon mec) continuent de danser comme des oufs avec des lampes de poche pour faire l’ambiance, sur Modern Love (qui est passé trois fois). En rentrant, j’avise le voisin de gauche qui somnole, seul, sur notre canap.

Snowzilla + 1j : il y a environ 1,5m de neige. Il fait beau. Le salon est comme après une pendaison de crémaillère. Les voisins nous envoient des tonnes de text “merci pour hier, soirée de fou” (sauf celui qui nous dit « j’ai oublié mes poubelles dans votre cagibi »). On va faire des bonhommes de neige. Les filles sont ravies. Nos potes de France nous envoient des textos comme si on avait fait la guerre des tranchées.  Vive Snowzilla.

 

Cléopâtre, peinarde hors d'Egypte parce qu'on lui épargne les questions sur les primaires chez les pharaons

Pourquoi vivre à l’étranger


A/ Je n’ai plus besoin de faire semblant de m’intéresser à la politique intérieure française ET CA C’EST TROP COOL.

Bon, je regarde paresseusement les gros titres, mais je sais que personne ne me fera plus subir d’affreux et stressant interrogatoire en deux points,  1/ « as tu bien lu la dépêche AFP sur (sujet dont tout le monde se contrefiche, à commencer par l’interlocuteur) », et 2/ (pire) qu’en penses-tu ? 

B/ Je n’ai pas non plus besoin de faire semblant de m’intéresser à la politique intérieure américaine parce que :

– je peux facilement enfumer les français qui s’obstinent à me poser des questions, en balançant une lamentable banalité avec l’air supérieur de l’insider à qui on ne la fait pas

– mes interlocuteurs américains s’attendent légitimement à ce que je m’en tape.

Uno jaguar con una mujer y una otra mujer

Le multiculturalisme et les enfants


La classe de Nayla compte 14 enfants de trois ans, encadrés par deux maitresses. La première maitresse est grecque, la deuxième portoricaine, et chacun des quatorze petits enfants parle une langue différente à la maison. Russe, chinois, danois ou hébreu, « you name it » comme ils disent. A la rentrée j’ai tenté de sensibiliser les maitresses aux difficultés du double langage, mais c’est bon, elles gèrent pas mal le concept.

La classe de Charlotte compte aussi 14 petits enfants, de un à deux an. Dire qu’ils parlent serait largement exagéré. Disons plutôt qu’ils bavent* en plusieurs langues différentes. Les maitresses sont toutes hispanophones – et d’ailleurs assez peu anglophones. Donc pendant la journée, Charlotte est exposée uniquement à l’espagnol. Il nous a fallu trois mois pour nous en rendre compte : on s’extasiait idiotement sur l’anglais de Charlotte, qui serait fluide dès le berceau, et en toute logique, son premier mot hors « papa maman » a été “agua” (magie du plurilinguisme, ce mot fonctionne également pour “jaguar”).

Rassurés sur le niveau de tolérance de nos filles, qui assimilent la carte du monde à vitesse grand V et jouent la réconciliation israélo-palestinienne au bac à sable, on est donc à fond sur les blagues racistes.

 

* note sans rapport avec le post : j’ai revu Shaun of the Dead. C’est fou ce que les enfants ressemblent à des zombies.