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Hard times in New York Town


Tag: Phrases choc


Marathonienne hébétée, éventée par une groupie admirative (marathon NYC - 2640)

mais YEAH quoi


I did it man. Je ressemblais à un phoque mort à l’arrivée mais je m’en foutais, j’étais trop contente de l’avoir fini. Contrairement aux prédictions de mon copain Vincent, mon pancréas n’est pas tombé devant moi à Harlem.

Pour le sarcasme, désolée les gars mais on repassera : j’étais terriblement premier degré pendant tout le parcours. J’ai failli chialer à plusieurs reprises, je tenais la main des gentils enfants venus nous encourager sur le bord de la route, j’étais contente d’avoir mon poncho de finisher et ma médaille.

Et puis il faut quand même le dire : c’est un truc de maboule. Le Verrazano bridge, le beau temps, les blagues des gens sur le parcours (« if Trump can run so can you »), la vue sur New York comme tu ne l’as jamais vu, la camaraderie entre coureurs (moi j’appelle ça la célébration collective de l’effort individuel). Et puis visiter « autrement » et d’un coup, tous les quartiers de NY : le bas Brooklyn indien et hispano, le milieu Brooklyn avec les juifs hassidiques qui ont l’air trop saoulés d’attendre que l’intégralité du marathon soit passé pour pouvoir traverser la route, le haut Brooklyn hyper hipster avec clairement les gens qui rentrent de soirée et se demandent quel est ce bordel, le Bronx plus black et Manhattan où c’est le bordel avec la terre entière qui hurle avec toi. Dans tous les quartiers, des odeurs de resto et des gens qui hurlent pour toi et ont l’air de trouver que tu es Obama parce que tu cours un marathon (et moi j’ai bien aimé avoir l’impression d’être Obama).

Sur les pancartes d’encouragement, beaucoup de blagues sur la présidentielle, beaucoup d’ironie « magnez vous, porter cette pancarte me tue », ou « magnez vous, on est retard pour le brunch ». Sur les TShirt des coureurs, pas tellement de politique, mais beaucoup de drapeaux de plein de pays.  Et beaucoup de bonnes oeuvres (ensemble on va tuer le cancer / ensemble on va tuer Alzheimer / et moi j’avais un T-shirt charity aussi donc je la ferme direct).

Voilà les amis : j’ai pris un bus Greyhound, j’ai couru le marathon de New York, j’ai fait un bébé américain. Je pense que maintenant je peux me casser (surtout si Trump passe, fingers crossed putain).

Merci de voter pour une légende choc pour ce portrait. 1. never fight unless you are sure to win. 2. violence never solves anything. 3. think of the fate of Rome.

Genre les phrases choc (1)


Les américains kiffent, mais alors kiiiiffent les phrases choc.

Il y en a partout. Sur les pancartes et les tatouages, dans les cafés, les pop-songs et les discours. Les sacs de la marque de sport Lululemon en sont même recouverts (dessus, des tonnes de slogans merveilleusement originaux : « friends are more important than money », « creativity is maximized when you are living the moment », etc).

Le contenu de la phrase choc réussie est à mi-chemin entre le spirituel du pauvre et la maxime auto-réalisatrice, genre si-je-le-dis-ça-l’est. Avec un gros côté « regardez comme c’est ouf ce que je pense », parce que sinon ils se contenteraient de le tagger au feutre rose dans leur agenda comme moi en 4èB, ils ne l’afficheraient pas en police 172 sur leurs TShirts.

Et justement. Ca fait un an que je les scrute, leurs TShirts. Le I love NY, le message hipster incompréhensible, le « Harvard » qui vous pose un homme, même quand il promène son chien qui crotte tristement. Mes deux préférés à ce jour sont les suivants :

– une petite fille de quatre ans portant un TShirt : « Wake Up. Be Awesome. Take a Selfie » (lève-toi / sois génial / prends un selfie), soit un peu le slogan de la win.

– une quadragénaire hier, Tshirt moulax blanc, seins énormes tanguant dangereusement dans le vent. « What would I be without men » (que serais-je sans les hommes). J’ai toujours pas compris si ça améliorait ses chances de drague, ou d’embauche, ou de sympathie. Mais j’y pense toujours, donc d’une certaine manière c’est gagné.

Le combat de gladiateurs, une activité condamnable (légende trouvée sur linkedin)

Linkedin ou la révolution par les phrases chocs


Retour d’expérience, un an après. Linkedin ne m’a pas fait trouver de travail. Mais perdre pas mal de temps, oui. Ne serait-ce que pour amasser péniblement les 347 amis que je compte actuellement.

Le fil news me rend particulièrement perplexe. Entre les révolutionnaires « machin is celebrating 3 years with X firm », liké poliment par dix personnes, c’est la fête aux phrases choc : on dirait que le fait d’être pote avec leur chef, voire le chef de leur chef, pétrifie tous les membres de la communauté linkedin. Du coup les « slogans » sont d’une platitude de plaquette d’entreprise.

exemples pris dans mon fil news du 7 janvier 2015 :

« il existe une nouvelle app du tonnerre; cela s’appelle le contact humain. Essayez-la, vos affaires s’en porteront mieux ».

« you want to win? promote more women »

« si la vue d’un bureau encombré évoque un esprit encombré, alors que penser d’un bureau vide » ? du super-likable Einstein

En haut, ce que j'aurais aimé que Nayla soit à l'open gym. Dessous, Nayla.

Les cours d’open gym


Saisie par l’enthousiasme sur les cours de tout, je décide de donner le meilleur à mes enfants. J’inscris donc Nayla à l’open gym (l’idée de l’open gym étant que c’est moins cher que la gym, mais c’est toi qui fais le prof. Ce qui dans mon cas est loin de paraître logique).

J’ignore le panneau blanc sur lequel sont inscrites des phrases de gros winner qui changent toutes les semaines, et font un peu flipper si l’on considère qu’elles doivent être appliquées à des enfants de deux ans et demi. (phrase de la semaine du 20 mars 2015 : « entraine-toi jusqu’à ce que tes idoles deviennent tes rivaux», avec dessous le dessin d’une petite colombe qui dit « n’abandonne jamais ». Phrase de la semaine du 6 juin 2015 « il est possible d’essayer et d’échouer, mais pas d’échouer d’essayer », avec le dessin du requin dans les dents de la mer, sauf que j’ai pas encore compris la métaphore).

Je colle un vieux legging à Nayla, je lui survends la danse, et on se lance. (suite…)