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Hard times in New York Town


Tag: Mes études interminables


Révisions d'une quadragénaire pour son troisième master. Greuze, 1787, Musée des Beaux-Arts, Chateauroux

Les bonnes choses ne changent pas.


Quand j’étais jeune dans les années nonante, je me découvrais toujours une passion pour trois trucs différents au moment des revisions : le maquillage, la cuisine et le ménage. Le droit administratif, ou comment faire ressortir la menagère qui sommeille en toi.

On est le 29 avril 2017, je suis toujours en révisions. Je procrastine avec un enfant malade mais beaucoup d’allure, car j’ai mis du mascara. J’envisage de me refaire l’intégralité des Mad Men au lieu de rédiger mon truc pourri sur la féminisation des demandes d’asile (je sais, le titre est chiant, le contenu promet de l’être encore plus).

J’ai même pas la force de rédiger une conclusion rigolote, c’est dire à quel point je suis accablée.

Je n'ai pas pu préparer la présentation, Charlotte s'était dénudée sur la voie publique (excuse pour étudiant à enfant #147)

34 ans à l’université, take 2


Pareil / pas pareil : avoir des enfants ou pas quand on fait l’université.

Les devoirs :

Pour mes copines : c’est se réfugier dans la gravité silencieuse de leur appartement. C’est se verser un thé, allumer une bougie, et attendre, recueillies, que le savoir descende en elles (moyennant un savant roulement snapchat / Facebook / instagram environ toutes les 10 min).

Pour moi : c’est de toutes façons pas avant 21 heures 30, parce qu’avant on a les enfants qui hurlent, les lessives à faire et surtout la musique du roi lion dans les oreilles : naaaaaaaa tsimbrekiaaaaaa navadiss tsivaraaaaa (passion Simba). C’est se tromper de bouquin à lire assez régulièrement parce qu’on était un peu décapée au moment où on a pris les notes. C’est  lire 30 pages d’un truc à 1h du mat, relever la tête et se demander sincèrement : tiens, mais de quoi ça parle ? C’est aussi constater en rendant le livre à la bibliothèque que « buddha is in hiding » a pas mal souffert des balançages de purée virtuoses de Yann.

Spring Break :

Pour mes copines : c’est se dorer la fesse sur les plages de Californie en faisant valser du bellâtre sur Tinder.

Pour moi : c’est un blizzard qui s’abat sur New York dans moins de 24 heures. Il s’appelle Stella. C’est joli comme nom. Les trois enfants n’auront pas école pendant deux jours. On va en chier.

Les soirées :

Pour mes copines : c’est potentiellement tous les soirs.

Pour moi : c’est un concept oublié dans les années nonante. Néanmoins, malgré trois grossesses et deux marathons, je suis encore capable de boire deux bières sans vomir. Pour elles c’est moins sûr (j’ai organisé un pique nique au début de l’année, il devait y avoir 13 bières pour 25, ben y en avait un paquet qui disaient des conneries).

Le couple :

–  Pour mes copines : c’est un concept très frais (entendu récemment : « ça fait six mois ? ah ouais, une longue relation »). C’est des relations à distance, qu’on gère en s’engouffrant dans des avions à horaires impossibles, en écrivant des tonnes de whatsapp à smileys inquiets. C’est des idées de « comment on sera quand on sera maman » qui me m’attendrissent pas mal parce que j’avais les mêmes, et j’aimerais bien leur dire que la réalité sera différente, et si les filles, je vous promets que parfois vous donnerez des petits pots à vos enfants , et ce sera pas grave. C’est demander beaucoup de conseils à la con à ses copines. La vie de couple à 25 ans, c’est compliqué. C’est cool. Mais ça prend beaucoup de temps, beaucoup de sueur. Et c’est quand même surtout compliqué.

– Pour moi : c’est se rendre compte que l’autre est passé chez le coiffeur au bout de 5 jours. C’est tenter annuellement le resto « parlons de nous mon amour » et mettre même du recourbe-cils pour l’occasion, mais lâcher l’affaire à 22h15 parce que la conversation romantique commence à ressembler à une to-do list. C’est une course de relais (tu fais chier, c’est à toi de te lever, je me suis réveillée la nuit dernière / OK je sors jeudi, tu prends mercredi ?) C’est s’appuyer sur l’autre, rarement le séduire. C’est rigoler pas mal ensemble, souvent nerveusement. C’est néanmoins, entendre mes copines de fac me dire  : « oh mais tu as teeeellement de chance », parce que c’est vrai : c’est plus simple.

 

Parfois je me demande si mes copines et moi on est quitte. Je pense quand même que non.

Promis, après ça j’arrête de parler de mes enfants pendant au moins un mois.

Oui, je sais, rien à voir mais le terminage de notre puzzle de 1.500 pièces est un inépuisable motif de fierté.

La double-vie de Véronique, une fiction en 234 mots


Véronique avait décidé de reprendre ses études dans l’Amérique de Trump. Rien n’allait l’arrêter dans son entreprise, et surtout pas ses trois enfants en bas âge.

*           *           *

Un soir, alors que Véronique prenait l’apéro avec quatre copines de fac dont la plus vieille avait 25 ans, son mari l’appela pour l’informer, légèrement agacé, de ce que Yann avait la diarrhée et qu’il fallait qu’elle passe à la pharmacie en rentrant pour acheter du pedialyte merci.

Elle raccrocha poliment et retourna boire son mauvais vin blanc et caqueter avec ses copines avec l’allégresse de la femme qui gère sa double-vie avec maestria. Qu’on est bien à discuter de snapchat, se dit-elle.

*           *           *

Le lendemain, Yann, qui avait passé la nuit à pleurnicher par intermittences, reprit ses pédaradements. 38°2. Il fallait se rendre à l’évidence, il n’allait pas pouvoir aller à la crèche, inutile d’espérer un succès sur le coup du doliprane-qu’on-donne-en-loucedé-avant-de-partir-à-la-crèche-et-qu’on-dit-rien-aux-dames-de-la-crèche-mais-on-espère-que-ça-va-passer-et-qu’ils-n’y-verront-que-du-feu.

Véronique regarda son mari qui la regarda. Elle soupira, ouvrit son ordinateur, envoya rapidement un mail à son professeur de « international humanitarian law » intitulé « baby / flu / sorry » (après avoir un instant songé à détailler les problèmes digestifs de Yann, elle avait finalement considéré que ça n’était pas directement pertinent), et s’apprêta bravement à entamer une grosse journée de merde dans son appartement mal rangé avec son gamin ronchon.

Morale : la fac et les enfants, parfois ça marche et parfois non.

Bienséances, ou Kate faisant taire Brinkley

Les notes à 34 ans


Bonne année Trump 1 tout le monde !

Après un silence radio pour cause de 1- partiels puis 2- vacances lointaines et familiales, me revoilà enfin avec l’objectif excessivement ambitieux de publier  un post et une photo par semaine tout au long de l’année 2017. The sky is the limit les amis.

Cette semaine, les partiels à l’américaine.

Après un semestre de cours passionnants (vraiment), il a fallu que j’écrive des disserts. Pour chacun de mes cours, le sujet était libre, du coup j’ai réfléchi à ce dont je voulais parler, puis je suis allée valider le sujet avec mes profs, puis j’ai écrit mes quinze pages interligne 1,5 par cours, en tentant de ne pas trop faire dodo sur mon clavier à 3h du mat.

Après, les profs ont corrigé, et on a eu les notes. Ca m’a fait bizarre, j’ai eu la même semaine un paquet de cheveux blancs soudainement apparus sur mon crâne, et mon premier A- (ce qui dans la série « tu es une vieille jeune » était un peu lourdingue de la part de mon corps). Comme je savais pas trop quoi faire du A-*, j’ai appelé ma mère pour qu’elle me félicite comme au bon vieux temps.

Encore après, sachant que les américains ont une tendance lourde à la félicitation imméritée, j’ai demandé à mes copaingues s’ils avaient eu des bonnes notes aussi (je voyais d’ici le truc où toute la classe avait A, comme les instits de mes enfants qui leur disent tout le temps « good job » même quand les enfants colorient mal). Et là trop bizarre : les américains ne divulguent pas du tout leurs notes. Au bout de 7 fois où, à la question « et toi t’as eu combien », les gens répondaient « sinon tu fais quoi ce WE » j’ai fini par demander très officiellement ce qu’était le délire je-garde-ma-copie-contre-mon-coeur-et-tu-sauras-pas-ce-qu’il-y-a-dedans, et très officiellement, on m’a répondu  : c’est privé les notes.

Donc, petit guide pratique « la pudeur aux US » : les notes, c’est non. Mais les salaires c’est oui. Et les cuisses de ta fille de deux ans c’est non.

To be continued.

 

* pour les cheveux blancs j’envisage la teinture mais ça me fait trop bader (mais il paraît que le henné c’est moche et ridicule) quelqu’un a des astuces?

"le Vietnam, pour les Etats-Unis, n'est plus un pays. Le Vietnam est une guerre" (débat sur la guerre, novembre 2016)

La fac à 34 ans.


Je me rends compte que je n’ai pas posté depuis … longtemps. Non mais en fait c’est parce que j’ai mes partiels. A 34 ans. Riez donc les amis, je me paie une sacrée cure de jouvence (on soulignera le verbe « payer » qui a son importance).

A 34 ans, j’ai donc :
– hier, diné avec mes copines de 22 ans qui sont en master « museum anthropology »*. On a gloussé parce que le serveur était mignon même si je trouvais qu’il avait un peu forcé sur la muscu.
– découvert que la sexualité des vingtenaires n’est plus ce qu’elle était. Tinder a tout changé ma bonne dame.
– des débats enflammés sur la décolonisation.
– un sac à dos, des cahiers, un abonnement à la bibliothèque.
– eu un A à ma disserte’ d’anthropologie, mais seulement un B+ à ma disserte’ d’histoire des migrations (j’aurais dû m’en douter, c’est l’Amérique, donc les notes sont tirées vers le haut, donc B est quasiment une mauvaise note).
– tendance à être LA référence vers laquelle se tournent les regards quand on aborde les sujets « couple stable » (rions ensemble), « enfants », voire (moins cool) « vieillesse ». Comme j’avais déjà tendance à être LA référence dans les diners américains sur les sujets « France » (voire « Europe »), je suis en train de m’habituer à être une maxi-usurpatrice jamais percée à jour.
– tendance à ne pas trop savoir s’il faut que je sois copine avec les étudiants (qui me trouvent un peu bizarre) ou les profs (qui me trouvent un peu bizarre). Du coup je joue à l’incomprise seule dans son coin un peu comme quand j’étais en 4e B.

Je vous laisse, je vais prendre mon bus.

 

* il y a des master aux titres très chelou, genre « critical thoughts » (pensées critiques) ou « global thinking » (pensées globales). Ca me laisse toujours un peu rêveuse. Je me demande si je ne vais pas postuler après mon master.

Tristes trumpismes


Un jour j’ai commencé une série d’articles sur le fait de vivre à l’étranger. On se sent loin, on se sent souvent con. Et parfois, très très seuls.

On est à presque J+1 semaine de l’élection de Trump. Mes copains français ont recommencé à poster des photos de chats ou de vacances exotiques sur Facebook. Mais aux US, le monde est toujours suspendu.

A la sortie des écoles et au parc, les parents ont toujours le visage ravagé. Les américains réagissant vachement à l’émotion, il n’est pas rare de voir des passants en larmes. Sur la 5e avenue, la Trump tower est barrée de cordons de sécurité qui obligent à faire un détour d’un quart d’heure plutôt que de passer devant. Les timelines Facebook des américains explosent sous les micro-débats politiques d’habitude quasi inexistants aux Etats-Unis. D’ailleurs c’est marrant, le point godwin du trumpiste n’est visiblement pas le nazisme mais « acheter des armes est mon droit de l’homme ». A Columbia, les étudiants font du Columbia, c’est-à-dire qu’ils protestent et organisent des grands amphis pour débattre du fait qu’ils vont bientôt redébattre. J’ai été ajoutée à un groupe Facebook secret « pantsuit nation », où la moindre photo d’un fromage sculpté en forme de H comme Hillary est saluée 56.000 fois. Tout le monde se prend dans les bras dans le métro 1, en oubliant opportunément que Trump fait 37,5% du vote new-yorkais donc l’argument « les fermiers du midwest, ces gros débiles » fait long feu.

L’Amérique s’est pris un train dans la gueule, et ne sait pas vraiment l’appréhender autrement qu’en termes de fin du monde. Il est rigolo qu’elle ne puisse l’appréhender autrement qu’en termes de débats sur Facebook + protests, mais les engagements politiques viendront peut-être plus tard, après la stupeur.

Moi, je fais ma maligne mais je ne dors plus depuis une semaine. Je ne sais plus quoi penser, je ne sais plus dans quel espace me situer. Je ne sais plus si j’ai raison de ne pas dormir. Mais je sais que je réagis comme une américaine beaucoup plus que comme une française. J’ai brusquement adopté mon pays d’adoption la semaine dernière, et je ne sais pas encore trop quoi faire de cet encombrant cadeau.

Promis, la prochaine fois on parle de gamins qui font pipi dans leur culotte à Central Park.

Les punitions au Moyen-Age sont relativement primitives (tableau accroché au mur de la fondation Rauschenberg)

La conférence d’anthropologie – putain les gars, je poste en live …


J’ai assisté dans ma vie à un paquet de conférences en droit. Au début tu es intimidé mais au bout d’un moment tu réalises que c’est toujours un peu pareil. Mêmes costumes noirs, mêmes mecs qui se prennent au sérieux et font les mêmes blagues à la con sur les mauvaises rédactions des lois. Les rares femmes mettent les mêmes marques de rouges à lèvres sur les flûtes à champagne pendant le cocktail de sortie toujours un peu terrifiant.

Ce soir j’assiste à ma deuxième conférence en anthropologie dans une fondation où sont suspendus au mur des moules de crânes humains en argile et des tapis ethniques.

Un septuagénaire en chaussettes noires qui ressemble à s’y méprendre à Grincheux dans Tintin mashup mon grand-père Bernard, vient de me proposer de déposer mon manteau à la consigne. Ca sent le riz piquant mais c’est normal : il y A du riz piquant dans des grands bacs comme à la cantine en CM2, on vient de m’en proposer (la conférence était à 6h mais c’était pour diner AVANT la conférence). Les gens ont l’air de correspondre exactement au lecteur Télérama (prof quinquagénaire sympa un peu à l’ouest). Par contre un peu tendu pour des anthropologues qui se la pètent post-coloniaux, un seul black, d’ailleurs méga stylex, mange son riz tout seul sous son chapeau en tweed.

Et le titre de la conférence? Repenser les peines. On « repense » vachement chez les universitaires.

Je vous laisse, je vais discuter avec mes nouveaux grands-parents.

Carte postale d’une raciste


Dans mon cours d’introduction à l’anthropologie, l’idée générale c’est de se flageller en disant qu’on est des affreux colonialistes pleins de préjugés. Comme moi aussi j’aime bien me flageller et qu’en plus je suis d’accord, je prends le cilice* plus souvent qu’à mon tour pour proclamer que je suis vilaine vilaine vilaine et que ma vision du monde est oblitérée par mon statut de sale blanche.

Et en même temps … Dans ce cours, on est seize. Dont :

– une black, jamaïcaine, prof de danse dans le civil, très révoltée, et qui, quand elle intervient, fait bouger avec force ses cheveux toujours coiffés de manière politique (si, si. La dernière fois elle avait des tresses violettes et des cornes rouges au-dessus).

– un américain légèrement barbu, la voix grave, bracelets brésiliens et cheveux kurtcobainement crados. Ses exemples ont systématiquement à voir avec le rock dans les 60’s (au passage les métaphores ne sont jamais foireuses ; le rock 60’s mène à tout). Il ne regarde pas dans les yeux, toujours plus loin vers l’horizon. Il y a quelques années j’aurais tout donné pour coucher avec ce type, mais après m’être fait perforer le coeur bêtement, j’ai découvert que les ingénieurs c’était bien aussi.

– un parterre d’étudiantes chinoises résolument muettes, qui se tiennent bras croisés, dans la position de la pianiste bien élevée. Si l’une d’entre elles est interrogée, elle a toujours l’air de s’en excuser.

– une (seule) autre européenne qui fait le même type d’interventions  « exemples tirés du festival de Cannes 2012″ un peu nazes que moi

– trois américaines dont une obèse : quota respecté

– un japonais abscons

– une saoudienne qui a été envoyée en master par la société pétrolière dans laquelle elle travaille, qui veut construire un musée avec l’argent du pétrole (c’est pas une blague)

– une grecque qui parle avec les mains

 

PUTAIN MAIS BORDEL LES MECS, COMMENT VOULEZ VOUS QUE JE COMBATTE MES PREJUGES ????

* le cilice c’est comme l’albinos dans Dan Brown bande de nazes.

Comment je me suis (encore) disputé la non sexualité de mes enfants avec la maitresse

Tempête sous mon crâne


C’est affreux les amis. Je n’ai jamais eu autant d’idées de posts, et jamais eu aussi peu de temps pour les écrire.

Je propose donc pour les prochaines semaines, à raison de deux posts par semaine parce que j’aime les challenges :

1° comment je me suis inscrite à une association de coureurs, et comment j’ai kiffé. Et aussi, comment une fille m’a dit dans une montée alors que je tremblotais de la fesse et du moral : « hills are our friends ; they make us stronger » (les collines sont nos amies, elles nous fortifient).

2° comment j’adore Columbia (oui, je suis dans une phase enthousiaste). Et aussi, comment ça renforce à mort mes stéréotypes raciaux. Et aussi, comment j’ai discuté avec un américain à claquettes à la cafète. J’étais absolument surexcitée. Vis ma vie d’amie de Mark Zuckerberg.

3° comment, entre moi et the walking dead, mon mari semble définitivement avoir opté pour the walking dead.

4° comment j’ai fait du camping à Martha’s vineyard avec trois enfants en bas âge, et comment j’ai survécu (réponse : il suffit de ne rien faire pour soi. Et oui, absolument, faire pipi c’est faire quelque chose pour soi).

5° comment j’ai été voir sleep no more 5 ans après tout le monde, et comment je veux vivre dans sleep no more (attendez-vous à une description longue et percutante des décors, qui font donc 9.300 m2).

6° comment j’ai toujours bu pendant mes grossesses (un peu quoi), et comment je ne bois plus du tout en préparation du marathon, et est-ce que ça veut dire que je préfère mon corps à mes foetus, je vous remercie de me l’avoir demandé.

Et ça n’est que le début !! réalisez-vous la chance que vous avez ? Je crois bien que non.

Dis donc Germaine, je m'emmerde un peu, je ferais bien des études

Back to school again – ma dernière idée à la con


A l’heure où j’écris, je suis en train de me taper une présentation de rentrée avec plein de fois « we are building a community » (effroi).

Et oui, roulements de tambour, tadadaaam : je commence un master dans une université new-yorkaise très chic.

Plusieurs raisons par ordre d’importance croissante :

1 – apprendre vaguement des trucs qui ne me serviront pas (parce que ouais, la fille fait un master en anthropologie)
2 – trouver une raison de plus de ressembler exactement à Betty Draper dans Mad Men
3 – me venger du MBA dans le dos que mon mec m’a fait il y a cinq ans et qui avait été une tannée à gérer pour notre couple et notre compte en banque
4 – porter un TShirt de mon université et trainer mon latté et mes claquettes à l’incroyable piscine du campus
5 – avoir l’air cool en soirée, au lieu de répondre bêtement « oh, ben je m’occupe de mes enfants » ou de me lancer dans un tunnel auto-justificatoire de 15 minutes …

tout ça pour la modique somme de 50.000 dollars* !!! génial, non ?

* évidemment on ne les a pas, mais comme l’université facture par semestre et qu’on a réussi à payer celui-là, on a l’impression d’être des gros winners de la gestion.