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Hard times in New York Town


Tag: les vacances aux US


Le confort ? il va falloir avec ... ou plutôt sans.

La tente, les gamins et la mer


Testé pour vous, les vacances quadruplement compliquées : 1 avec enfants 2 sur une ile de bourges 3 sous la tente 4 sans voiture (mais avec des vélos). Mon mec était un peu sceptique mais je me voyais tout à fait au retour, en chantre glamour* de la décroissance** : “un frigo ? mais voyons, pour quoi faire ?”*

Commençons par le positif : les enfants ont adoré. Et nous aussi. En partie parce que ça nous fait un sujet de conversation pour les 5 prochaines années, mais pas seulement. C’était trippant, magnifique. Crevant, certes, mais les vacances à gamins c’est toujours crevant.

Paragraphe : “guide touristique gratos” : Bon en gros, Martha’s vineyard c’est Belle-Ile. Les plus : les phares et des Obamas en goguette (avec plus d’hélicoptères que dans Apocalypse now). Les moins : pour la Belle-Iloise et les sentiers côtiers : wallou. Du côté des estivants (et à part les Obam, qu’on n’a pas croisés), ça fleure le vieil argent et la liposuccion sous les jeans blancs moulax des quinquagénaires rogues.

Paragraphe “Les campings aux US”. C’est incroyab’. Tu as ton petit feu de camp individuel et vachement d’espace. Et puis c’est propre. Donc tes enfants jouent aux cabanes et font des feux de camp dans une ambiance pas du tout “pense à tes morpions pubiens au retour”.

Bon, je m’égare. Passons à l’essentiel : la tente.

  • pour le nourrisson : c’est la panique. Je bats ma coulpe (j’avais toujours rêvé d’écrire “je bats ma coulpe”) : j’aurais peut-être dû prendre un couffin. La tente était installée sur un plan légèrement incliné. Le gamin se retrouvait donc au milieu de la nuit la tête en bas, sous mon tapis de sol, ayant glissé sur 3m sans s’en rendre compte, tétant épileptiquement les parois de la tente tout en hurlant sa mère (moi donc).
  • pour l’enfant de 2 ans : mi-figue, mi-raisin. Gros enthousiasme sur la lampe de poche et les ombres chinoises. Mais angoisse à l’heure du coucher parce que le rituel dodo est perturbé.
  • pour l’enfant de 4 ans : c’est une source d’allégresse qui le pousse par exemple à tester la fermeture éclair de la tente à 3h du matin.
  • Pour les parents :

de la fatigue, cf paragraphes précédents.

de l’amélioration de tes réflexes. Quand un des enfants bouge un cil la nuit il faut traiter le problème en 7 nanosecondes, sinon vues les parois en nylon, il y a risque de contagion à tes deux autres enfants (et accessoirement à l’ensemble du camping, mais ça on s’en carre un peu).

des dilemmes fashion : acheter les claquettes camping, pour ou contre ? au bout de combien de jours un short est-il considéré comme sale ?

un recentrage sur l’essentiel. Crème hydratante : pas essentiel. Brossage de dents : pas essentiel. Faire pipi : pas essentiel. Changer la couche de tes enfants : ça dépend.

beaucoup de bouteilles de rosé bues à deux, sur la table de pique-nique, quand les enfants sont couchés vers 19h, et ça les gars, ça claque de romantisme.

 

** pour la décroissance on repassera, camper avec des enfants exige de claquer un Smic en conneries Décathlon.

* pour le glamour n’en parlons pas. Je regarde souvent les new-yorkaises admirablement manucurées avec une tête de petit cocker envieux.

Panneau à l'entrée du musée Johnny Cash à Nashville : Parents, vos enfants sont admis mais dites-leur de la fermer. Merci.

Soudain l’été dernier


On rentre de vacances coolos dans le Tennessee. Alors le Tennessee :

– C’est méga hipster (Nashville et ses cafés comme ça) …et pas du tout hipster (Memphis, dont les restos proposent surtout ça)

– C’est l’occasion de constater émerveillé, musée après musée, que le Tennessee est bien le berceau de musiciens incroyables (BB King, Elvis, Johnny Cash et les autres …)

– (… que j’ai beau posséder trois vinyls d’Elvis et me la raconter, il me reste pas mal à apprendre …)

– et galvanisés par l’ambiance, de trainer nos trois enfants de moins de 4 ans à un concert de country visiblement réservé aux retraités en chemise à jabot, idée a priori curieuse mais comme dirait Nayla : Yiiiiiha !!

– et puis c’est aussi un joli moment « révélation sur l’obésité » : nous,  dans notre airbnb à Nashville, réchauffant le biberon de Yann. Le micro ondes propose une option « enfants ». J’appuie. Le sous menu indique : « pour les chicken nuggets, pressez 1. Pour les frites, pressez 2. Pour les sandwich congelés, pressez 3. Pour les hot dog, pressez 4″.  Et puis c’est tout. Je regarde le biberon. Je soupire. Puis  je décide de considérer que du lait, c’est un peu comme des frites.

 

Retirez-moi donc cette jupette, Jean-Yves (BD promouvant le nudisme chez les Mainois, 1832)

Moment bizarre #144


On rentre de vacances paradisiaques dans le Maine. Alors le Maine :

– C’est beau, très vert, avec des côtes magnifiques et sauvages (je sais, je suis à chier en style « lonely planet »).

– C’est là que sont produites  les bottes de neige les plus stylées du monde.

– C’est la patrie du homard, sauf que le homard du Maine n’est pas traité avec beaucoup de délicatesse ; l’idée est plutôt de s’en bâfrer en lobster roll, voire en lobster mac and cheese (mac and cheese : LE plat familial américain : macaronis and mauvais cheese). Moralité : derrière l’apport hebdomadaire recommandé en lipides, tu sens vaguement poindre un goût de crevette.

– les gens sont hallucinamment naturels, sympas et souriants.

Et d’ailleurs.

Un jour, dans un café, on engage une conversation avec notre voisine de table ultra cool, dotée de deux filles de l’âge des nôtres. Rapidement elle dit « tiens, mais venez diner ce soir ». On dit à fond et on se pointe donc le soir même chez cette quasi inconnue avec une bouteille de vin qui pique.

Et les deux gamines sont parfaitement nues, en train de manger des nectarines debout sur leur chaise en se grattant les fesses (lesdites fesses étant exactement à hauteur de la table). La mère est habillée.

Mon mec se barre au fond du jardin à la vitesse du lézard traqué. Je note avec un détachement savamment étudié « oh ! des petites filles nues ». Après je me dis que je suis débile d’en faire un malaise. Après on reprend la conversation du matin, notre hôte étant toujours aussi sympa. Et après je finis par oublier que les gamines sont à poil.

Pile au moment où mon mec revient enfin en trainant les pattes, l’ainée débute une sorte de danse des fesses incluant, comment le dire poliment, un vigoureux raclage de ses parties génitales. Mon mec me coule son regard « tirons-nous d’ici » numéro 2. La mère : « ah, oui, elle est obsédée par son vagin en ce moment ».

Et c’est eux les puritains.