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Hard times in New York Town


Tag: L’adaptation à petits pas


Comment je me suis (encore) disputé la non sexualité de mes enfants avec la maitresse

Tempête sous mon crâne


C’est affreux les amis. Je n’ai jamais eu autant d’idées de posts, et jamais eu aussi peu de temps pour les écrire.

Je propose donc pour les prochaines semaines, à raison de deux posts par semaine parce que j’aime les challenges :

1° comment je me suis inscrite à une association de coureurs, et comment j’ai kiffé. Et aussi, comment une fille m’a dit dans une montée alors que je tremblotais de la fesse et du moral : « hills are our friends ; they make us stronger » (les collines sont nos amies, elles nous fortifient).

2° comment j’adore Columbia (oui, je suis dans une phase enthousiaste). Et aussi, comment ça renforce à mort mes stéréotypes raciaux. Et aussi, comment j’ai discuté avec un américain à claquettes à la cafète. J’étais absolument surexcitée. Vis ma vie d’amie de Mark Zuckerberg.

3° comment, entre moi et the walking dead, mon mari semble définitivement avoir opté pour the walking dead.

4° comment j’ai fait du camping à Martha’s vineyard avec trois enfants en bas âge, et comment j’ai survécu (réponse : il suffit de ne rien faire pour soi. Et oui, absolument, faire pipi c’est faire quelque chose pour soi).

5° comment j’ai été voir sleep no more 5 ans après tout le monde, et comment je veux vivre dans sleep no more (attendez-vous à une description longue et percutante des décors, qui font donc 9.300 m2).

6° comment j’ai toujours bu pendant mes grossesses (un peu quoi), et comment je ne bois plus du tout en préparation du marathon, et est-ce que ça veut dire que je préfère mon corps à mes foetus, je vous remercie de me l’avoir demandé.

Et ça n’est que le début !! réalisez-vous la chance que vous avez ? Je crois bien que non.

You can put his onesie back on (huile sur toile, Factory 1960)

Petit séjour chez le pédiatre


Préambule : Ayant été une maman à Paris (2 ans) et à New York (bientôt 2 ans, ça nous rajeunit pas), je me considère comme une sommité en matière d’observation médicale comparée. Toute proposition de conférence sera attentivement étudiée.

– Le fric :

A Paris : le pédiatre te prend 60 balles, et tu trouves qu’il se fout de ta gueule, même si c’est remboursé par la sécu. A New-York : Quand tu sors, tu ne sais pas encore combien de vestes Sézane tu vas devoir hypothéquer, la facture t’est envoyée après. Mais comme c’est souvent abominable, tu hésites avant d’emmener ton nourrisson claquant de fièvre, qui est prié de bouffer son doliprane et d’aller mieux.

– L’attente :

A Paris : la secrétaire moustachue prend les RDV un mois à l’avance, et ça tombe toujours un jeudi à 14h30 histoire de savater ta journée de travail. Le pédiatre se pointe approximativement à 15h45, sans l’ombre d’un remord pour toi qui n’en peux plus de relire le Gala de 2003 titré : Patrick Bruel et Amanda Sthers, leur bonheur à Chamonix. Et si tu as une urgence, il y a, comme son nom l’indique, les urgences, merci. A New York : le pédiatre te prend sans rendez-vous, dans l’heure, sans retard, sans stress. Il y a une télé dans sa salle d’attente et les dames filent à tes gamins le poids de Guerre et paix en stickers, que tu retrouves jusque dans leurs slips.

– L’information du parent :

A Paris : le pédiatre prend le temps de t’expliquer les choses. Enfin en tous cas ma pédiatre, Edith Dupont, que j’aime d’amour et qui me manque. A New York : il n’y a pas de carnet de santé, aucun système de liaison. Le médecin part généralement du principe que tu es 1) un abruti, 2) susceptible de lui coller un procès. Mieux vaut donc rester abstrait (voilà, on lui a fait « les vaccins ». « Je vous ai prescrit des antibiotiques, que vous passerez chercher directement à la pharmacie » (pas de prescription en main propre)).

L’idée du RDV :

A Paris : tu considères le pédiatre un peu comme ta maman, mais en moins relou. Tu lui déverses donc toutes tes angoisses éducatives, même (et surtout) celles qui relèvent du non médical (nourriture, psychologie, rapport à l’autorité etc). A New York : tu vois le médecin 4 minutes chrono.  Le reste (vaccins, mesures de poids et taille etc) est fait par une horde d’infirmières systématiquement revêches . Tu as donc intérêt à te magner pour déverser tes névroses (pour lesquelles tu obtiendras au mieux des réponses vagues, cf. paragraphe précédent), sinon il te reste tes yeux pour pleurer, et cette bonne Laurence Pernoud.

– Verdict :

Ouaip. Je préférais la France. En même temps, ni dans un pays ni dans l’autre, aucun loupé gravissime n’a jamais eu lieu. Je ferme donc ici mon clapet de pintade gâtée.

Mon gros corps flasque

Ma première course avec NYRR


I’m back !!!

Et hier matin, j’ai couru ma première course avec New York Road Runners, un 18 miles en préparation du marathon. Bilan :

– je suis vivante et entière : aucune descente d’organe à signaler. La totale classe.

– au début de la course, j’étais à mort dans le sarcasme. Il faut dire qu’il y a de quoi faire : l’hymne américain à vibrato la main sur le coeur, les TShirt à message « charity »: « enriching veteran’s lives » (enrichir la vie des vétérans) ou « how does a world without cancer feel like » (figurez-vous une vie sans cancer), les commentaires concons de Germaine qui anime le début de la course, les chansons style « crazy in love » très très fort.

– à la fin de la course, la fatigue aidant, j’avoue avoir un peu versé dans l’émotion sombré corps et biens. J’ai donc successivement : (1) tapé sur l’épaule des bonnes femmes à TShirt « enriching veteran’s lives » en disant « good job, you rock », (2) donné la main à une fille qui s’était arrêtée sur le bord de la route pour que grâce à moi, elle se relève et qu’on coure ensemble, main dans la main, et (3) eu presque les larmes aux yeux quand le public m’a applaudi en mode « you can do it ». Bon OK, j’ai même eu totalement les larmes aux yeux.

– le long de la course, mon esprit est tout entier tendu vers des pensées complexes du style « attends la fille devant est hyper vieille, c’est obligé je la double » (se passent 300 m durant lesquelles je fais mon max mais clairement la fille est plus rapide). « bon tant pis. Ah, un gros ! bon celui-la je le double ». etc.

– mon engouement pour les trucs gratos est si fort que je me suis tapée une indigestion de gel super énergisant goût latte distribué fort généreusement aux miles 4, 10 et 16. Les mots me manquent pour décrire comment ça te défonce l’intestin grêle, mais avec un effet retard d’environ 1h.

– je hais mon copain Julien qui m’a emmenée en bagnole et caracolait avec élégance devant la ligne d’arrivée pendant que j’ahanais comme une merde au mile 10.

– à chaque fois que je cours, j’oublie que la cellulite ne disparaît pas instantanément. A chaque fois que je me regarde dans ma glace en pied au retour d’une course, je suis quand même un petit peu déçue.

Femme enceinte ayant décidé de se faire remarquer

Comment avoir l’air cool quand on part perdant (et qu’on dépasse les 80 kg)


Vendredi dernier on était à l’anniv d’une copine américaine hype, avec ses potes hype, dans un bar hype. L’après midi, j’avais croisé mon gros corps dans la glace, et je m’étais dit que pour être à la hauteur ça allait être tendax. En fait, j’avais oublié qu’ici, apparaître très enceinte dans un bar est déjà quasi subversif. Qui plus est, sans me vanter j’ai à mon avis passé haut la main les étapes suivantes :

– penser « Whitney Houston » au moment de la sortie du taxi et de l’entrée dans le bar (même si tu as passé l’intégralité du trajet en taxi à dire à ton mec que Dieu t’a pour l’instant filé les crampes et les brulures d’estomac de grossesse, mais épargné les hémorroïdes, et qu’au total tu le remercies)

– lever un sourcil condescendant auprès du serveur incrédule (en t’étant préalablement assuré de la présence d’un public) : de l’alcool, dans mon blood orange mango mojito ? « but of course » ! (juste après, on m’a dit « you’re so French », j’ai décidé que c’était un compliment (ça ne l’est pas toujours))

– quand la musique commence, foncer sur la première danse. Tu n’auras pas d’autre occasion, puisqu’à 22h30 chrono, ton corps s’éteint tout seul. Donc vas-y vite, d’autant que tout le monde regarde la birthday girl (et toi, par force, tu fais le triple de son volume, tu es donc nécessairement dans le champ). Entrainer ton mec qui n’a pas d’ailleurs spécialement envie d’être associé à ce désastre. Puis dire adieu à tes lombaires, et sauter et tourbillonner 3’35 chrono.

Voilà comment, à 22h45 (heure du coucher + 15 minutes), tout le monde voyait très très bien qui j’étais. J’ai salué la foule, petit geste de Kate Middleton, et gagné mon taxi avec la satisfaction du devoir accompli.

Puis j’ai passé le week-end à m’en remettre.

Moi, mes deux grosses filles et nos surpoids respectifs

Comment devenir obèse en trois leçons (pour enfants)


l’obésité infantile, on y est :

1) avec sa classe, Nayla est allée visiter un Dunkin Donuts (qu’elle prononce « doughnut » avec l’air supérieur). Concrètement, à en juger par les photos, cela a surtout consisté à se gaver de Doughnuts. Mais depuis elle a un réflexe pavlovien d’ultra-salivage quand elle croise le logo DD (souvent).

2) la maitresse leur a fait un exercice « qu’achèterais-je si j’avais 100 dollars* ». Ben pour 100 dollars, Nayla se paierait bien « 100 chicken nuggets ». Remarque de la maitresse : non mais c’est vachement bien, ça colle parfaitement en terme de fric. Remarque de moi (drapée dans ma dignité relou « moi, mes enfants mangent des artichauts ») : ça n’est certainement pas chez moi qu’elle a appris le terme de chicken nuggets.

3) le docteur m’a fait la première petite remarque pincée sur le poids des filles lors de leur dernière visite, ajoutant qu’il faudrait peut-être limiter les sucreries entre les repas. A moi !! A moi, bordel, qui suis une ayatollah de la bouffe locavore, et qui prépare des litres de soupe de potiron imbouffable tous les week-ends.

 

* j’ai jamais su si on écrivait cent ou cents, donc j’écris en chiffres

Montre tes seins, c'est ce que tu as de mieux quand tu es enceinte (conseil de mon amie Camille, finalement non suivi).

Le cocktail casse-gueule -2


Attention, pour la phrase suivante j’ai tenté un immonde plagiat de Proust. Merci de confirmer ce que je crains, à savoir que même le titre d’ « immonde plagiat de Proust » est trop sympa.

Le jour J, aux termes d’arrangements compliqués avec deux baby-sitters différentes, ayant tiré le meilleur parti de mes cheveux soyeux qui sont comme chacun sait le seul d’intérêt d’être enceinte, et au top dans la robe noire de grossesse de ma soeur que je lui avais fort opportunément chourravé pour la grossesse de Charlotte et jamais rendu depuis, qui pouvait faire illusion si on n’y regardait pas de trop près, je sonnai avec assurance à la porte du N+X de mon mec, confortée par la certitude que j’étais certes grosse, mais au bras de l’homme le plus beau du monde, et de fait, mon mec resplendissait littéralement dans son pull St James x le slip français qui était ce qu’on lui avait trouvé de plus proche d’une tenue de golf, et il tenait victorieusement une bonne bouteille de rouge de la cave de mon père à filer à son N+X en guise de cadeau de cocktail après que l’on nous avait confirmé que c’était bien, comme cadeau de cocktail.

(si vous avez tout lu, merci, bravo, et tout va bien, le cauchemar est terminé).

Le N+X nous a salués, a pris la bonne bouteille de vin français, a dit « merci beaucoup » et l’a placé distraitement au milieu de dix bouteilles de vinasse américaine apportées par des convives arrivés avant nous. C’était bien la peine, me suis-je dit radinement.

Et puis on est entrés.

Et malheureusement, c’est à peu près tout ce que j’aurai à en dire.  J’avais pourtant aiguisé mes antennes « reportage sociologique ». Mais force est de constater que les cocktails, c’est pareil partout : on s’est goinfrés au hasard de trucs qui ne rassasient pas, et puis on s’est fait cornériser par la classique sangsue septuagénaire de cocktails, qui nous a infligé sa vie, un long tunnel dont je n’ai pu me tirer qu’en disant que je suis enceinte désolée faut que je m’asseye, avant de me réfugier au stand crevettes.

PS : tenue de golf, ça veut dire pantalon + chemise + pull. C’était bien la peine de se stresser.

Au fond, portée par deux videurs, moi vidée du cocktail casse gueule.

Le cocktail casse gueule


« A l’occasion de la nouvelle année, (le N+X de mon mec) et (sa femme) recevront pour un cocktail le dimanche X entre 14h et 19h dans leur résidence de X » (petite carte joliment kitsch reçue au courrier toute fin décembre).

Ci-dessous en slow-motion un résumé de ce qui s’est passé dans mon crâne en 17 secondes.

1. Images ultra-violentes et de Nayla et Charlotte en train de saborder le buffet de petits fours en hurlant.

2. Images ultra-violentes de Charlotte en train de faire caca sur le buffet de petits four.

3. Note mentale : régler 1 et 2 en dégotant des marques fiables de somnifère pour enfants.

4. Réflexion autour des fringues qu’elles pourront porter pour avoir l’air fayottes, à défaut d’être bien élevées, et consternation parce que si la grosse tâche de graisse de poulet sur le devant de la seule robe Jacadi de Charlotte n’est pas partie au bout de 15 lavages, le 16e n’y changera vraisemblablement rien.

5. Ouh merde, moi aussi je dois m’habiller correctement.

6. Intense et pénible réflexion sur ce que je pourrais tirer de portable de ma garde-robe de femme enceinte qui ne travaille pas.

7. Non, ma salopette vintage extra-large type ouvrier en bâtiment sub-hypster ne passera vraisemblablement pas.

8. Ouh putain, un cocktail aux US, robe longue ou robe courte ?

9. Brushing ou pas brushing ?

10. Mon mec : costard ou pas costard ?

11. Cadeau à la maitresse de maison AVANT le cocktail ou sur place ? Flowers or not flowers ?

12. Oh merde.

 

Au bout de trois jours de désespoir parce que le cocktail casse gueule allait nous coûter :

– notre honneur d’êtres humains dont la fille aurait fait caca sur le buffet en hurlant

– le boulot de mon mec pour la même raison

– beaucoup, beaucoup d’argent en habits neufs pour toute la famille,

on a par chance eu des copains américains à peu près bien élevés à diner à la maison, et on a pu leur poser notre liste en 48 points : « Martine est invitée à un cocktail aux States ». Verdict implacable : Non mais allô quoi, les enfants ne sont pas invités. Et pour vous, le dress-code c’est bien évidemment « tenue de golf ».

On a passé les deux heures suivantes devant la maigre penderie de mon mec en quête d’un pantalon Tintin.

On voit toujours pas.

Moi, un matin où j'ai effectivement oublié une partie importante des vêtements de Charlotte, enjoignant Nayla de faire silence pendant l'allégeance

L’allégeance au drapeau


Aujourd’hui comme 90% du temps et comme 90% des parents du monde, j’arrive hagarde et mal attifée à l’école de Nayla, avec une légère angoisse d’avoir oublié un truc important, genre sa culotte.

Aujourd’hui je suis encore plus à l’arrache que d’habitude. En compagnie des autres parents en retard, c’est-à-dire ironiquement ce jour-là, un papa russe et une maman chinoise*, j’assiste, médusée, à ce que je n’avais encore jamais vu.

14 petits écoliers se rassemblent devant le drapeau américain que le petit Nikolas tient fièrement à bout de bras.

Et 14 petits écoliers, quasi tous immigrés, mettent la main sur le coeur et bredouillent respectueusement la phrase suivante, que j’ai été googler pour bien la comprendre :

« I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. »

« Je jure allégeance au drapeau des États-Unis d’Amérique et à la République qu’il représente, une nation unie sous l’autorité de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous ».

 

* Les serments prêtés par un papa russe ou une maman chinoise dans leur jeunesse ayant dû être significativement différents

Echangisme provoqué par Snowzilla

Snowzilla


Voici donc le compte-rendu indispensable sur la tempête Jonas, ou comment un samedi soir, l’ensemble d’un immeuble s’est retrouvé saoul chez nous à 18h30.

Snowzilla – 1j : cela fait déjà trois jours que la chaine météo fonctionne en boucle sur la tempête du siècle, avec limite la musique de star wars en fond sonore (“scènes d’horreur près de Washington avec d’énormes accidents” (on voit deux voitures sur le bord de la route avec les mecs qui discutent tranquillement, sous 3cm de neige)).

Tout le monde est à fond parce que Jonas vient de passer snow blizzard (qui est un peu la ceinture noire de la tempête ; avant il était juste snow storm, c’est moins classe).

Nous on est aguerris, c’est notre deuxième hiver new-yorkais, on se sent un peu comme des vétérans, pas du genre à se laisser avoir par le catastrophisme ambiant.

Snowzilla – 4 heures : Dans le doute, on se renfloue en Twix. Et en fromage. Les rayons des magasins sont un peu moins replets que d’habitude, mais pas dévalisés.

Snowzilla – 1 heure : on se couche, quand meme un peu excités à l’idée de vivre notre première vraie neige de l’année.

Snowzilla +5 heures : on ouvre un oeil. Incontestablement, il neige. Sur la terrasse, il y a déjà 20 cm.

Snowzilla + 7 heures : on sort les unes après les autres les occupations “enfants + intempéries”, et on se connecte bravement sur youtube pour y regarder des vidéos chronophages, ne requérant de préférence aucune concentration.

Snowzilla + 13 heures : on vient de finir le 14è puzzle pour enfants, il y a des legos et des bouts de train partout, et l’idée de lire un autre article sur Making a Murderer me donne personnellement envie de crever. Il va falloir agir.

Snowzilla +14 heures : on équipe les filles pour sortir.

Snowzilla + 15 heures : les filles sont équipées.

Snowzilla + 15 heures + 7 minutes : pas de doute, c’était bien un blizzard. On rentre.

Snowzilla + 16 heures : la neige continue de tourbillonner impitoyablement sous nos yeux lassés. C’est alors qu’en allant récupérer les filles qui jouent à courir dans le couloir, on croise deux de nos voisins qui ont des gamins, et donc la même tronche de poulet de batterie en rade que nous.

Quand soudain l’un d’eux propose un happy hour.

Illumination.

Snowzilla + 16h02 : effervescence dans l’immeuble. Tout le monde toque chez tout le monde pour dire que l’happy hour commence et que c’est chez nous. Tout le monde rapplique donc avec la blinde de bouteilles et des chips. Il est actuellement 17h02.

Snowzilla + 16h30 : la 6è bouteille de vin rouge dégueu est balancée au recyclage. Il y a 7 gamins de moins de trois ans dans le salon, et un nombre croissant d’adultes.

Snowzilla + 17h : on parle de cul. Je me sens comme à Paris. Ma voisine d’en face bizarre est trop sympa en fait.

Snowzilla + 19 heures : une tente trois places a inexplicablement été montée dans la chambre des filles. Aucune idée d’où elle peut bien sortir. Les premiers voisins se barrent, avec l’air enthousiastement bourré que tu as quand la giga-soirée improvisée s’est terminée à 6h du mat. Dehors, on est à plus de 1m de neige.

Snowzilla + 20 heures : le voisin du dessous croate propose de faire comme dans une boite de nuit à plusieurs ambiances. La moitié des invités se barre chez lui pour danser uniquement, hommage oblige, sur du David Bowie.

Snowzilla + 22 heures : dehors, on ne voit plus les voitures. Les gamins regardent Cars sur un ipad commun, avec les joues rubicondes du 25 décembre au soir, l’estomac craquelant sous les chips.

Snowzilla + 24 heures : Snowzilla s’achève sous les hourras. On improvise une balade dans le parc recouvert de neige immaculée. On marche 1,5m plus haut que d’habitude. Pendant ce temps, trois d’entre nous (dont mon mec) continuent de danser comme des oufs avec des lampes de poche pour faire l’ambiance, sur Modern Love (qui est passé trois fois). En rentrant, j’avise le voisin de gauche qui somnole, seul, sur notre canap.

Snowzilla + 1j : il y a environ 1,5m de neige. Il fait beau. Le salon est comme après une pendaison de crémaillère. Les voisins nous envoient des tonnes de text “merci pour hier, soirée de fou” (sauf celui qui nous dit « j’ai oublié mes poubelles dans votre cagibi »). On va faire des bonhommes de neige. Les filles sont ravies. Nos potes de France nous envoient des textos comme si on avait fait la guerre des tranchées.  Vive Snowzilla.

 

Mère faisant part de l'exhibitionnisme de son bébé à un enfant inconnu

Les règles de savoir vivre : comment parler aux gens qu’on connait pas


Voici un compte-rendu à J+1 an de l’immensité du choc-culturel-en-matière-de-relations-humaines-avec-les-gens-que-tu-connais-pas (je tente de me reconvertir dans la sociologie, c’est un peu pénible pour mon entourage).

Alors LE truc sur lequel j’ai tout de suite tiqué, c’est le « bonjour ça va ». Question rhétorique, à laquelle, à moins d’avoir perdu ta mère la veille et de parler à ta meilleure copine, tu te dois de répondre sobrement « ça va ». Ben en fait non.

Exemple 1. Dans l’ascenseur, il est 8h24, je suis en train de batailler pour enfiler sa deuxième chaussure à Charlotte pendant que j’engueule Nayla qui a appuyé sur tous les boutons. Une voisine (que je ne connais pas), monte dans l’ascenseur.

Moi (concentrée sur la chaussure) : bonjour, ça va ?

Elle : mon père est mort dans un accident de voiture à Miami il y a deux jours, je pars en Floride.

Moi : (rire crispé et niais) : oh shit ! ben euh, sorry. (suite…)