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Hard times in New York Town


Tag: In god we trust


Pareil partout : prière de la fermer pendant l'audience

Petit séjour au tribunal


Pour des raisons liées à ma vie d’avant (la fille qui se la joue mystérieuse*), je connais plutôt bien les tribunaux français. Mais pas trop les américains.

Or hier, dans le cadre de mon bénévolat dans une ONG « fais donc de l’humanitaire gratos, sale femme d’expat », je glandais sec dans un tribunal (pénal) en attendant une audience. Quand soudain, illumination, nouvelle rubrique blog, bref, révolution sur Internet.

LES TRIBUNAUX AMERICAINS / PAREIL QU’EN FRANCE :

– le juge a tout le temps l’air saoulé.

– il houspille les avocats histoire de bien leur faire sentir qui c’est le patron. Avec exactement les mêmes phrases des deux côtés de l’Atlantique (« maitre, vous vous perdez en débats techniques » « Maitre, bon, on abrège » etc).

– les 3/4 des affaires sont renvoyées à date ultérieure = lorsque l’affaire est appelée, tout le monde se bouge avec ses gros dossiers, l’air méga focus, branle-bas de combat, 15 personnes se lèvent – verdict : OK, c’est bon pour mi-juin Kevin, tu peux te rasseoir.

– la majorité des mis en cause ne comprend rien à ce qui lui arrive. Parfois ils ne parlent pas la langue ; mais de toutes façons, la justice est une langue étrangère en soi. Ils ignorent qui leur parle, qui est le procureur (ici le « district attorney »), ce sur quoi se bat leur avocat, ce qu’ils encourent. Ils promènent un air affolé de lapin en cage. Et tout le monde a l’air de bien s’en taper.

– il y a toujours deux publics, le public « VIP » (professionnels du droit) et le public « normal » (mis en cause + familles +public).  Et tu peux sans te planter dire à quel catégorie appartient qui : le prix (visible) des fringues, l’autorité naturelle ou pas, le parfum, les poussettes etc, ne laissent pas trop place au doute.

– bon, et quand même, et dans ce pays où tout est payant, ça mérite d’être souligné, c’est gratos d’assister aux débats, et gratos d’être mis en examen (yeeeah, non ?)

LES TRIBUNAUX AMERICAINS /PAS PAREIL :

– En France, les mis en cause sont de toutes les couleurs, mais les avocats / magistrats sont majoritairement blancs. Ici chez les « VIP » aussi c’est melting pot. Ca donne des trucs que je ne peux pas m’empêcher de trouver marrants, comme le coup où un avocat avec une kippa défend une grosse prostituée latino devant une juge visiblement originaire d’Asie centrale.

– le « IN GOD WE TRUST », en énorme au mur

– et juste en-dessous, punaisé à la table du juge : « merci d’ôter votre chewing-gum avant de vous adresser au juge ».

– les flics, eux, ont droit au chewing gum. Et aux lunettes de soleil. Et au flingue ostensible comme dans Lucky Luke. Ceux de ma salle d’audience ressemblaient vraiment à ça.

– personne ne porte de robe ou d’uniforme, à part les flics et le juge. C’est VRAIMENT le bordel pour comprendre qui est qui.

– ah, le méga classe « your honor » …

* j’adorerais faire croire que je suis une ancienne taularde glamour genre Alex Vause dans Orange is the New Black. En fait non.

Moi, un matin où j'ai effectivement oublié une partie importante des vêtements de Charlotte, enjoignant Nayla de faire silence pendant l'allégeance

L’allégeance au drapeau


Aujourd’hui comme 90% du temps et comme 90% des parents du monde, j’arrive hagarde et mal attifée à l’école de Nayla, avec une légère angoisse d’avoir oublié un truc important, genre sa culotte.

Aujourd’hui je suis encore plus à l’arrache que d’habitude. En compagnie des autres parents en retard, c’est-à-dire ironiquement ce jour-là, un papa russe et une maman chinoise*, j’assiste, médusée, à ce que je n’avais encore jamais vu.

14 petits écoliers se rassemblent devant le drapeau américain que le petit Nikolas tient fièrement à bout de bras.

Et 14 petits écoliers, quasi tous immigrés, mettent la main sur le coeur et bredouillent respectueusement la phrase suivante, que j’ai été googler pour bien la comprendre :

« I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. »

« Je jure allégeance au drapeau des États-Unis d’Amérique et à la République qu’il représente, une nation unie sous l’autorité de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous ».

 

* Les serments prêtés par un papa russe ou une maman chinoise dans leur jeunesse ayant dû être significativement différents