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Hard times in New York Town


Tag: Fashion icons


Her body, her rights

La marche pour les femmes à Washington


Immédiatement après les élections américaines qui ont laissé le pays au bord de l’implosion, les manifs ont commencé à fleurir (stand-in, sit-in, protest, rally, demonstration, march et j’en oublie).

Samedi a eu lieu la plus importante d’entre elles, la “women march”. Mon book club composé de 10 américaines que j’aime à la folie, a organisé un déplacement à Washington avec dodo dans le Maryland chez le papa d’une d’entre elles. Je tenais absolument à en être et à emmener Nayla, 4 ans 1/2 (j’étais sûre que ça lui plairait, et puis symboliquement, je trouvais important qu’elle soit là).

Rituel manif étape 1 : élaboration de pancartes (“sign” en anglais). Nayla a trouvé assez cool l’aspect “arts and craft” participatif : coloriage avec 12 adultes au taquet. Elle a fièrement colorié un grand symbole de la femme sur sa pancarte, et on a écrit toutes les deux, de l’autre côté “don’t mess with me – I’m your future” (faites gaffe à moi je suis votre avenir) – mais après réflexion elle a trouvé ça un peu naze et porté la pancarte uniquement côté pile. On a toutes tenté d’écrire un truc percutant qui correspondait au maximum à notre âge, notre race, nos envies ou notre orientation sexuelle. Cela allait de “lesbian – this – together” (attention jeu de mots) à “regulate banks not vaginas” ou au tout simple “hear us roar”.

Rituel manif étape 2 : fashion. Là j’étais insuffisamment préparée : mes copines avaient choisi leur plus beaux TShirt à message, soigneusement tricoté ou fait tricoter leurs bonnets roses (bonnet rose avec oreilles de chat = pussy hat = le symbole du mouvement, qui joue sur le double sens du mot “pussy”, plutôt bien traductible en français par chatte, et rappelle bien sûr le célèbre et ignoble trumpisme “grab them by the pussy”). Les sacs ad hoc avaient été achetés – petits et transparents, comme l’exigeait le site, qui nous incitait d’ailleurs à imprimer un ticket de participation à la manifestation, le monde moderne est une chose curieuse. Je portais un vieux TShirt american apparel informe et Nayla un pull à rayures, mais j’ai considéré que malgré nos évidentes lacunes stylistiques, on s’en tirerait avec les pancartes (et le fait que Nayla est évidemment sur-mignonne).

Rituel manif étape 3 : y aller, et gueuler à fond. Et franchement, ça valait le coup. L’impression de vivre un moment historique, les pancartes géniales, drôles ou émouvantes, Nayla au taquet qui hurle “hey hey ! ho ho ! patriarchy has to go” non-stop depuis 36 heures, l’aspect combattif, et résolu, mais très pacifique et respectueux. La diversité des manifestants, et aussi la diversité de leurs messages (note : en général je déteste les manifs pour leur aspect réducteur. En l’occurrence à peu près toutes les strates possibles du féminisme et du mécontentement étaient représentées). Le côté militant. L’impression de faire quelque chose, parce que comme le disait une pancarte “c’est soit ça, soit passer quatre ans enfermé”.

Rituel manif étape 4 : après la manif, ranger sagement sa pancarte, ou la déposer pas loin de la maison blanche, prendre son métro ou sa bagnole et regagner son domicile, un peu sonné, un peu galvanisé, en se demandant, perplexe … et après ? on en est là. Nayla a décidé d’organiser une marche dans notre rue, mais on va commencer par la remobiliser sur le vélo sans roulettes, faut pas non plus déconner sur le militantisme à 4 ans 1/2.

Best of pancartes (très personnel) :
– Une vieille portant une pancarte “I can’t believe I’m still fighting this shit” (je n’arrive pas à croire que je sois encore en train de me battre contre cette merde).
– “Melania blink twice if you want us to save you (Melania cligne deux fois de l’oeil si tu veux qu’on te sauve)
– Une japonaise en fauteuil roulant : “US Prez locked me up 1942-1946. Never again” (emprisonnée par un president américain entre 1942 et 1946. Plus jamais ça).
– “if you’re afraid of equality you’re protecting a privilege” (si vous avez peur de l’égalité vous protégez un privilège).
– “Trump is not the disease he is the symptom (Trump n’est pas la maladie, il est le symptôme)
– un mec portant “proudly married to a nasty woman”. (marié à une “nasty woman” et fier de l’être » – nasty woman : commentaire de Trump grommelé entre ses dents à l’égard de Hillary pendant le troisième débat).

Pancarte la plus vue : pussy grabs back …

Le confort ? il va falloir avec ... ou plutôt sans.

La tente, les gamins et la mer


Testé pour vous, les vacances quadruplement compliquées : 1 avec enfants 2 sur une ile de bourges 3 sous la tente 4 sans voiture (mais avec des vélos). Mon mec était un peu sceptique mais je me voyais tout à fait au retour, en chantre glamour* de la décroissance** : “un frigo ? mais voyons, pour quoi faire ?”*

Commençons par le positif : les enfants ont adoré. Et nous aussi. En partie parce que ça nous fait un sujet de conversation pour les 5 prochaines années, mais pas seulement. C’était trippant, magnifique. Crevant, certes, mais les vacances à gamins c’est toujours crevant.

Paragraphe : “guide touristique gratos” : Bon en gros, Martha’s vineyard c’est Belle-Ile. Les plus : les phares et des Obamas en goguette (avec plus d’hélicoptères que dans Apocalypse now). Les moins : pour la Belle-Iloise et les sentiers côtiers : wallou. Du côté des estivants (et à part les Obam, qu’on n’a pas croisés), ça fleure le vieil argent et la liposuccion sous les jeans blancs moulax des quinquagénaires rogues.

Paragraphe “Les campings aux US”. C’est incroyab’. Tu as ton petit feu de camp individuel et vachement d’espace. Et puis c’est propre. Donc tes enfants jouent aux cabanes et font des feux de camp dans une ambiance pas du tout “pense à tes morpions pubiens au retour”.

Bon, je m’égare. Passons à l’essentiel : la tente.

  • pour le nourrisson : c’est la panique. Je bats ma coulpe (j’avais toujours rêvé d’écrire “je bats ma coulpe”) : j’aurais peut-être dû prendre un couffin. La tente était installée sur un plan légèrement incliné. Le gamin se retrouvait donc au milieu de la nuit la tête en bas, sous mon tapis de sol, ayant glissé sur 3m sans s’en rendre compte, tétant épileptiquement les parois de la tente tout en hurlant sa mère (moi donc).
  • pour l’enfant de 2 ans : mi-figue, mi-raisin. Gros enthousiasme sur la lampe de poche et les ombres chinoises. Mais angoisse à l’heure du coucher parce que le rituel dodo est perturbé.
  • pour l’enfant de 4 ans : c’est une source d’allégresse qui le pousse par exemple à tester la fermeture éclair de la tente à 3h du matin.
  • Pour les parents :

de la fatigue, cf paragraphes précédents.

de l’amélioration de tes réflexes. Quand un des enfants bouge un cil la nuit il faut traiter le problème en 7 nanosecondes, sinon vues les parois en nylon, il y a risque de contagion à tes deux autres enfants (et accessoirement à l’ensemble du camping, mais ça on s’en carre un peu).

des dilemmes fashion : acheter les claquettes camping, pour ou contre ? au bout de combien de jours un short est-il considéré comme sale ?

un recentrage sur l’essentiel. Crème hydratante : pas essentiel. Brossage de dents : pas essentiel. Faire pipi : pas essentiel. Changer la couche de tes enfants : ça dépend.

beaucoup de bouteilles de rosé bues à deux, sur la table de pique-nique, quand les enfants sont couchés vers 19h, et ça les gars, ça claque de romantisme.

 

** pour la décroissance on repassera, camper avec des enfants exige de claquer un Smic en conneries Décathlon.

* pour le glamour n’en parlons pas. Je regarde souvent les new-yorkaises admirablement manucurées avec une tête de petit cocker envieux.

"Mon sens du style ? Hmm, laissez-moi réfléchir ... Je dirais "élégant et sensuel". Tendance Marilyn chantant pour Kennedy"

Comment je ne suis pas devenue personal assistant


Une blogueuse fashion que je « followe » consciencieusement proposait la semaine dernière une offre de boulot pour être son personal assistant. Mais mon Dieu, mais c’est moi ! me suis-je dit avec un puissant sens du discernement. Et d’envoyer illico un CV. Inexplicablement, une des N-1 de la blogueuse m’a répondu pour me proposer un entretien. Et c’est à mon avis là qu’il faut préciser que :

– niveau fashion, je porte les mêmes TShirt Petit Bateau informes depuis l’adolescence

– niveau « personal assistant », je fais partie de cette large catégorie de la population qui procrastine six mois avant de prendre un RDV chez le dentiste / ouvrir les courriers de la banque / faire des choses en général. Cette catégorie de la population qui remercie Thévenoud pour l’invention du joli terme, parfaitement adéquat, de « phobique administrative »

Bref, j’étais, comme ils disent ici, « the perfect fit ».

L’entretien était le surlendemain. Je n’avais donc pas tout à fait le temps de perdre mes kilos de grossesse. J’ai quand même fait un régime expresse à base de concombres, puis tenté de trouver une robe planquant mon ventre flasque, puis réquisitionné mon mec pour qu’il prenne soin de Yann pendant que je vivais ma vie de femme fashion nouvelle.

Je suis partie fièrement, crinière flottant au vent, démarche assurée de césarienne + 3 semaines, passer l’entretien dans un café avec la N-1 de la blogueuse star.

Bilan :

1/ c’est la première fois que je passe un entretien avec quelqu’un qui pourrait être ma fille. Je crois qu’à un moment j’ai fait une blague de vieux con sur le sujet. La fille a souri poliment derrière ses lunettes écailles.

2/ globalement, je crois que les blagues type « auto-dérision » sont proscrites à New York.

3/ globalement, je crois que les blagues type « auto-dérision sur mes tentatives d’habits fashion » sont proscrites dans le monde de la fashion à New York.

3 bis / quand tu passes un entretien dans la mode, il est conseillé de répondre que oui, évidemment, tu adores la mode. Pas « bof ».

4/ au bout de 15 minutes il était clair pour tout le monde que je ne correspondais pas au profil, mais la serveuse avait oublié mon latté, il fallait donc l’attendre. Quand il est enfin arrivé, après dix minutes de suspense type « musique du requin dans Jaws », je m’en suis tirée à – 17 papilles pour le boire ultra vite sans avoir à retrouver de sujet de conversation.

5/ je ne conseille à personne d’essayer d’avoir l’air intelligent dans une langue étrangère trois semaines après avoir accouché. Il n’est pas impossible que j’aie produit une séquence de bredouillage informe type be-bop, mais je ne peux pas le certifier, j’étais trop fatiguée pour écouter les sons que je produisais.

J’ai repris le métro en vitesse, pour immédiatement rescotcher à mon sein le pauvre Yann qui, depuis mon départ, s’époumonait dans les oreilles de mon mec. Et j’ai repris placidement ma vie de jeune maman, en me disant que ça ferait toujours au moins un post de blog.

Femme enceinte ayant décidé de se faire remarquer

Comment avoir l’air cool quand on part perdant (et qu’on dépasse les 80 kg)


Vendredi dernier on était à l’anniv d’une copine américaine hype, avec ses potes hype, dans un bar hype. L’après midi, j’avais croisé mon gros corps dans la glace, et je m’étais dit que pour être à la hauteur ça allait être tendax. En fait, j’avais oublié qu’ici, apparaître très enceinte dans un bar est déjà quasi subversif. Qui plus est, sans me vanter j’ai à mon avis passé haut la main les étapes suivantes :

– penser « Whitney Houston » au moment de la sortie du taxi et de l’entrée dans le bar (même si tu as passé l’intégralité du trajet en taxi à dire à ton mec que Dieu t’a pour l’instant filé les crampes et les brulures d’estomac de grossesse, mais épargné les hémorroïdes, et qu’au total tu le remercies)

– lever un sourcil condescendant auprès du serveur incrédule (en t’étant préalablement assuré de la présence d’un public) : de l’alcool, dans mon blood orange mango mojito ? « but of course » ! (juste après, on m’a dit « you’re so French », j’ai décidé que c’était un compliment (ça ne l’est pas toujours))

– quand la musique commence, foncer sur la première danse. Tu n’auras pas d’autre occasion, puisqu’à 22h30 chrono, ton corps s’éteint tout seul. Donc vas-y vite, d’autant que tout le monde regarde la birthday girl (et toi, par force, tu fais le triple de son volume, tu es donc nécessairement dans le champ). Entrainer ton mec qui n’a pas d’ailleurs spécialement envie d’être associé à ce désastre. Puis dire adieu à tes lombaires, et sauter et tourbillonner 3’35 chrono.

Voilà comment, à 22h45 (heure du coucher + 15 minutes), tout le monde voyait très très bien qui j’étais. J’ai salué la foule, petit geste de Kate Middleton, et gagné mon taxi avec la satisfaction du devoir accompli.

Puis j’ai passé le week-end à m’en remettre.

Jeune française courageusement parvenue à créer un trend sur le bonnet chouquette

Martine, crevarde de la fashion


Présupposé : La française en goguette est par principe censée « incarner l’élégance à la française », comme il l’est dit dans les mauvais magazines. Ca marche à New York, mais ça marche en fait partout.

Comment te sentir à l’aise avec ce phénomène ? c’est bien simple.

Option 1 : tu es française et tu es trop contente de surfer sur la vague « ouaouh comment t’es trop chic » : 

– omets de préciser que tu viens de Cesson-Sévigné. C’est bien connu, toutes les françaises sont parisiennes.

– quand on te fait un compliment sur une fringue, prends l’air languissant en balançant une marque française inconnue …. ou minimise à dessein « ce vieux truc ? ah Zara ! », ton interlocuteur se sentira un caca vermoulu devant toi, l’icône fashion qui donnes un aspect couture à tout, tout, tout.

– ne limite pas sottement ton vestiaire à l’uniforme petites robes noires / rouge à lèvres. Non non, sens-toi une vocation de passionaria : ose, et réhabilite les oubliés de l’élégance (qui de toutes façons, cartonnent probablement au fin fond de Red Hook) : Birkenstock, jupes culottes, sac banane, petits sacs en plastique transparents qu’on met sur la tête quand il pleut. Oublie que tu t’es fait ostraciser par ta classe de 4e parce que tu étais moche et fringuée comme une vieille. Aujourd’hui tout est permis.

Option 2 : tu es française, et tu as décidé de lutter contre les stéréotypes

Bon déjà tu es bien bête, parce qu’il faut toujours prendre les bons stéréotypes, il n’y en a pas tant que ça (et quels que soient tes efforts tu n’arriveras pas à lutter contre les mauvais et passeras forcément pour une pimbêche arrogante (mais romantique) comme toutes tes compatriotes).

A ma connaissance, une seule solution : deviens enceinte. N’hésite surtout pas à friser la barre des 80 kilos, et habille toi de manière rigoureusement identique tous les jours, de préférence avec des fringues mi-Gap, mi-le père Noël est une ordure. Attention, c’est une science, mais le résultat est garanti : plus personne ne t’emmerdera. Au niveau capillaire, je conseillerais l’aspect pas coiffé du tout (pas « savamment décoiffé », non non, vraiment le truc canin, dont la représentation la plus convaincante à l’écran reste notre héroïne à toutes : Britney Spears dans Womanizer).

Option 3 : tu es français

Tu n’es donc pas concerné. Le stéréotype de l’élégance à la française ne fonctionne qu’au féminin. Pour les mecs, ça marche uniquement chez les italiens (pâmoison sur le combo brillantine / costumes étriqués) ou les anglais (pâmoison sur le tweed).

Montre tes seins, c'est ce que tu as de mieux quand tu es enceinte (conseil de mon amie Camille, finalement non suivi).

Le cocktail casse-gueule -2


Attention, pour la phrase suivante j’ai tenté un immonde plagiat de Proust. Merci de confirmer ce que je crains, à savoir que même le titre d’ « immonde plagiat de Proust » est trop sympa.

Le jour J, aux termes d’arrangements compliqués avec deux baby-sitters différentes, ayant tiré le meilleur parti de mes cheveux soyeux qui sont comme chacun sait le seul d’intérêt d’être enceinte, et au top dans la robe noire de grossesse de ma soeur que je lui avais fort opportunément chourravé pour la grossesse de Charlotte et jamais rendu depuis, qui pouvait faire illusion si on n’y regardait pas de trop près, je sonnai avec assurance à la porte du N+X de mon mec, confortée par la certitude que j’étais certes grosse, mais au bras de l’homme le plus beau du monde, et de fait, mon mec resplendissait littéralement dans son pull St James x le slip français qui était ce qu’on lui avait trouvé de plus proche d’une tenue de golf, et il tenait victorieusement une bonne bouteille de rouge de la cave de mon père à filer à son N+X en guise de cadeau de cocktail après que l’on nous avait confirmé que c’était bien, comme cadeau de cocktail.

(si vous avez tout lu, merci, bravo, et tout va bien, le cauchemar est terminé).

Le N+X nous a salués, a pris la bonne bouteille de vin français, a dit « merci beaucoup » et l’a placé distraitement au milieu de dix bouteilles de vinasse américaine apportées par des convives arrivés avant nous. C’était bien la peine, me suis-je dit radinement.

Et puis on est entrés.

Et malheureusement, c’est à peu près tout ce que j’aurai à en dire.  J’avais pourtant aiguisé mes antennes « reportage sociologique ». Mais force est de constater que les cocktails, c’est pareil partout : on s’est goinfrés au hasard de trucs qui ne rassasient pas, et puis on s’est fait cornériser par la classique sangsue septuagénaire de cocktails, qui nous a infligé sa vie, un long tunnel dont je n’ai pu me tirer qu’en disant que je suis enceinte désolée faut que je m’asseye, avant de me réfugier au stand crevettes.

PS : tenue de golf, ça veut dire pantalon + chemise + pull. C’était bien la peine de se stresser.

Au fond, portée par deux videurs, moi vidée du cocktail casse gueule.

Le cocktail casse gueule


« A l’occasion de la nouvelle année, (le N+X de mon mec) et (sa femme) recevront pour un cocktail le dimanche X entre 14h et 19h dans leur résidence de X » (petite carte joliment kitsch reçue au courrier toute fin décembre).

Ci-dessous en slow-motion un résumé de ce qui s’est passé dans mon crâne en 17 secondes.

1. Images ultra-violentes et de Nayla et Charlotte en train de saborder le buffet de petits fours en hurlant.

2. Images ultra-violentes de Charlotte en train de faire caca sur le buffet de petits four.

3. Note mentale : régler 1 et 2 en dégotant des marques fiables de somnifère pour enfants.

4. Réflexion autour des fringues qu’elles pourront porter pour avoir l’air fayottes, à défaut d’être bien élevées, et consternation parce que si la grosse tâche de graisse de poulet sur le devant de la seule robe Jacadi de Charlotte n’est pas partie au bout de 15 lavages, le 16e n’y changera vraisemblablement rien.

5. Ouh merde, moi aussi je dois m’habiller correctement.

6. Intense et pénible réflexion sur ce que je pourrais tirer de portable de ma garde-robe de femme enceinte qui ne travaille pas.

7. Non, ma salopette vintage extra-large type ouvrier en bâtiment sub-hypster ne passera vraisemblablement pas.

8. Ouh putain, un cocktail aux US, robe longue ou robe courte ?

9. Brushing ou pas brushing ?

10. Mon mec : costard ou pas costard ?

11. Cadeau à la maitresse de maison AVANT le cocktail ou sur place ? Flowers or not flowers ?

12. Oh merde.

 

Au bout de trois jours de désespoir parce que le cocktail casse gueule allait nous coûter :

– notre honneur d’êtres humains dont la fille aurait fait caca sur le buffet en hurlant

– le boulot de mon mec pour la même raison

– beaucoup, beaucoup d’argent en habits neufs pour toute la famille,

on a par chance eu des copains américains à peu près bien élevés à diner à la maison, et on a pu leur poser notre liste en 48 points : « Martine est invitée à un cocktail aux States ». Verdict implacable : Non mais allô quoi, les enfants ne sont pas invités. Et pour vous, le dress-code c’est bien évidemment « tenue de golf ».

On a passé les deux heures suivantes devant la maigre penderie de mon mec en quête d’un pantalon Tintin.

On voit toujours pas.

tais-toi, maman est en train de se faire des amis

Comment se transformer physiquement en mère new-yorkaise cool


Après une observation attentive de mon nouvel écosystème, je crois avoir désormais acquis la panoplie fashion complète :

  • Un abonnement au New Yorker (je ne sais pas encore si je suis censée le lire ou si je peux me contenter de le promener ostensiblement)
  • Une paire de Ray Ban polarisées bleues
  • Deux leggings (note angoissée : l’accessoire semble malheureusement être des jambes fuselées de prof de yoga, suis-je supposée m’inscrire à des cours de gym ? Pitié, dites-moi que non)
  • Deux Tshirt un peu larges, à message « subtil décalage» à porter avec les leggings. En plus, l’avantage c’est que pour l’instant je n’ai pas eu à investir : l’un dit « fuck yeah Jacques Chirac » (mais depuis que les inrocks ont officiellement érigé Jacques Chirac en icône du style, je me demande si ça n’est pas déjà craignos (heureusement, la subtilité est peut-être trop française (mais peut-être que tout ça va échapper à mes nouvelles copines ? (je stresse)))) l’autre « moustache brothers », vestige d’un vieux voyage en Birmanie – celui là, j’ai 100% confiance.
  • des gants intégrés sur la poussette pour ne pas avoir froid en hiver, un gobelet intégré sur la poussette, un café « to go » dans le gobelet intégré, et l’air cool quand je le bois (même si je ne maîtrise jamais la chaleur de mon café et que je me crame les papilles)