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Hard times in New York Town


Tag: Et le féminisme bordel


Sept nains déguisés

Halloween


Alors en vrai, Halloween ça cartonne sa race. Les mises en scène devant les maisons sont pas mal cool. Débauche de lumières, d’araignées, de chirurgien fous, de fumée. Les gamins kiffent.

Les déguisements sont au-delà de l’extraordinaire. Je sais pas combien de week-ends les mecs passent à les préparer, mais l’année prochaine, pas moyen, nous aussi on fait la parade. Le problème c’est qu’il faut repousser très très loin les limites de la créativité :

1/ Jamais je n’aurais eu l’idée de me déguiser avec mes copains en mozzarelle (avec des filaments de fromage entre nous). Ni de courir déguisée comme ça pendant 5 km.

2/ Jamais je n’aurais pensé à utiliser les contraintes, genre transformer une poussette en étoile noire de Star Wars (vachement convaincante l’étoile noire)

3/ Le top du top, les déguisements d’animal en autre animal ( j’ai notamment vu un chien très bien en grenouille).

(suite…)

Image destinée au support power point d'une conférence de l'ONU en 1832 sur le droit de vote des femmes

La conférence de l’ONU


Tu finis par te trainer à une conférence de l’ONU sur les droits des femmes. C’est un sujet qui t’intéresse, c’est gratos, et puis ton copain Greg t’a dit que c’était un vivier de gens intéressants et qu’il fallait que tu réseautes un peu, merde.

Tu te retrouves à huit heures du matin dans les locaux affiliés à l’ONU, le ventre vide, avec une incertitude poignante quant à la qualité de ton haleine. Du coup tu inhales studieusement, tu prends garde à ne respirer que par le nez, et tu ne parles à personne (note pour plus tard, toujours prendre des chewing gums quand on veut réseauter).

Tu constates que l’assemblée est constituée exclusivement de femmes, auditoire comme conférencières. Tout le monde hoche vigoureusement la tête à la lecture de données statistiques désespérantes vraisemblablement d’ores et déjà connues de tous.Tout le monde lève le poing à la fin du discours sur l’application du droit des femmes. Galvanisée, tu fais pareil, et tu es sincère. Tu réfrènes un soupir de soulagement tout aussi sincère quand tu entends que les hommes ne sont pas seulement des rivaux.

L’éclectisme des citations est un peu hallucinant : poètes philippins, immédiatement suivis d’une citation de Margaret Thatcher, applaudie avec autant d’entrain.

Au bout d’un moment, tu finis par t’interroger sur le bien fondé de ce type de conférences puisque le public bosse dans les droits des femmes, donc c’est bon, ils sont déjà bien convaincus que les violences faites aux femmes, c’est mal.

Greg dit que tu te plantes complètement d’enjeu, que c’est un auditoire dingue, l’occasion de faire du networking comme jamais, que tout le monde est là, que c’est super en terme de recherche de fonds et qu’en fait le contenu ben on s’en carre.

Tu n’arrives pas trop à déscotcher de la chanson de Bernard et Bianca « SOS société nous sommes là pour vous aider ».

Entre deux conférences, tu cours t’acheter un paquet de muffins +  chewing-gums pour gagner l’angoissant combat avec ton haleine (et accessoirement mon estomac).

Rassérénée, tu retournes à une conférence sur la relation entre migration et droits des femmes. 

Désormais bright et à fond,  tu regardes tes voisins avec l’œil de l’oiseau de proie « file moi ta carte de visite ». Mais avant que tu aies pu foncer sur qui que ce soit, une très jolie fille te prend à partie. Au bout d’un moment, tu constates, amusée, qu’elle est elle-même en train de tenter du networking sur toi. Wrong number ma fille. Tu la laisses docilement te filer sa carte de visite. A l’arrière, il est inscrit « Currently studying Politics, English and Theatre Studies ; Passionate about women’s rights, particularly within sport and allowing equal opportunities for both men and women ; Striving for gender equality” (étudiante en politique, anglais, théâtre ; passionnée de droit des femmes, en particulier dans le sport et sur l’égalité des opportunités homme-femme ; en lutte pour l’égalité des sexes”). Elle parle, parle, puis finit par te laisser, un peu déconfite par l’absence de carte de visite donnée en retour.

Il est 16h, il faut aller chercher les filles.

Tu n’as pris la carte de visite de personne d’autre. 

Mais tu es allée à une conférence de l’ONU sur les droits des femmes.

Exhibitionnisme, flagrant délit (coupable condamné à deux ans de rééducation) ; extrait d'un manuel de droit pour enfants

Le culotte-gate


J’ai déposé Nayla à la crèche. Il faisait 25 degrés. Elle portait une robe. J’ai récupéré Nayla à la crèche. Il faisait 30 degrés. Elle portait une robe et un legging noir qui ne lui appartient pas.

J’ai demandé en levant un sourcil ce que venait faire là ce legging supplémentaire.

La maitresse a été plutôt logique. Ben c’est pour cacher ses jambes. J’ai commencé par m’exclamer sottement que c’est justement le concept de la robe. La maîtresse a puissamment contre-attaqué : « on va au parc, et elle fait du toboggan. Donc elle bouge, et on peut voir sa culotte ».

Je suis restée foudroyée à balbutier « mais elle a deux ans ! » La maitresse, voyant qu’elle avait à faire à une niveau 1, a poursuivi l’explication. « Ca n’est pas convenable de porter des robes sans legging en-dessous. Les garçons regardent ; il ne faut pas qu’ils puissent voir. Donc elle doit porter un legging ou un short ».

Je suis restée les bras ballants à répéter en matière d’excuse « mais elle a deux ans ».

(suite…)