uschapters
Hard times in New York Town


Tag: Déménagement


tais-toi, maman est en train de se faire des amis

Comment se transformer physiquement en mère new-yorkaise cool


Après une observation attentive de mon nouvel écosystème, je crois avoir désormais acquis la panoplie fashion complète :

  • Un abonnement au New Yorker (je ne sais pas encore si je suis censée le lire ou si je peux me contenter de le promener ostensiblement)
  • Une paire de Ray Ban polarisées bleues
  • Deux leggings (note angoissée : l’accessoire semble malheureusement être des jambes fuselées de prof de yoga, suis-je supposée m’inscrire à des cours de gym ? Pitié, dites-moi que non)
  • Deux Tshirt un peu larges, à message « subtil décalage» à porter avec les leggings. En plus, l’avantage c’est que pour l’instant je n’ai pas eu à investir : l’un dit « fuck yeah Jacques Chirac » (mais depuis que les inrocks ont officiellement érigé Jacques Chirac en icône du style, je me demande si ça n’est pas déjà craignos (heureusement, la subtilité est peut-être trop française (mais peut-être que tout ça va échapper à mes nouvelles copines ? (je stresse)))) l’autre « moustache brothers », vestige d’un vieux voyage en Birmanie – celui là, j’ai 100% confiance.
  • des gants intégrés sur la poussette pour ne pas avoir froid en hiver, un gobelet intégré sur la poussette, un café « to go » dans le gobelet intégré, et l’air cool quand je le bois (même si je ne maîtrise jamais la chaleur de mon café et que je me crame les papilles)
Enfant terrible (ou "we need to talk about Kevin")

Le caca, le déménagement et les enfants (chapitre 3)


Résumé des épisodes précédents : la petite Nayla a arrêté de faire caca lorsque son univers entier s’est écroulé. Ses parents sont inquiets mais n’ont pour l’instant trouvé aucune solution.

Au square, j’ai rencontré une autre mère européenne. Comme Nayla se tortillait comme une dingue, il a fallu que je lui explique le concept (c’est toujours un grand moment, tu viens de rencontrer quelqu’un, de préférence chic, et tu dois t’épancher sur les problèmes d’excréments de ta fille). Elle a soupiré et m’a dit : « oh, tu sais, moi Martin, quand on est arrivé, il était mal dans sa peau, et du coup il mordait tous les autres gamins. Ca passait très mal avec les parents américains ».

Depuis j’ai rencontré une autre mère dont le fils ne dort plus depuis qu’ils ont déménagé (mais alors plus du tout, apparemment il court toute la nuit).

J’envisage de faire un top 3 des enfants les plus imaginatifs au niveau de l’esquintage des parents.

Et de mordre à mon tour tous les abrutis qui nous ont dit avec l’air sentencieux « non mais tu sais, les enfants c’est très adaptable » quand on leur a annoncé qu’on déménageait.

Chut, bébé fait peut-être caca

Le caca, le déménagement et les enfants (chapitre 2)


Résumé de l’épisode 1 : la petite Nayla a arrêté de faire caca lorsque son univers entier s’est écroulé. Ses parents sont inquiets.

Ronde de visites de médecins. Et logiquement, ronde des médicaments en « lax » (lax comme laxatif). Forlax, microlax, puis miralax (son cousin américain).

En même temps, on a tenté pas mal de trucs pourtant bien créatifs, qui ont échoué les uns après les autres.

1. faire comme si le fait qu’elle n’aille pas aux toilettes pendant des durées flippantes, alors même qu’elle était sous traitement laxatif dose adulte, ne nous alarmait pas. Méga foirade, parce que dès qu’elle disait « caca » on sautillait sur place d’excitation (ce dont elle a insolemment profité par la suite).

2. enlever la couche, et se taper subséquemment des kilomètres de culottes à caca à laxatif qu’elle finissait par faire en hurlant une fois tous les trois jours, et qu’il fallait alors laver dans le lavabo.

2 bis. légèrement échaudés, remettre la couche, et constater qu’elle n’y faisait bien caca qu’une fois tous les trois jours (et en hurlant).

3. discuter avec des gens qui avaient vécu le même problème que nous. Couper court parce que pour eux ça avait toujours duré plusieurs années, que ça avait été un enfer, et qu’ils ne comprenaient d’ailleurs pas pourquoi ça s’était soudainement arrêté. (suite…)

Parents en croisade contre la constipation (communiqué du ministère de l'éducation nationale)

Le caca, le déménagement et les enfants (chapitre 1)


On avait pourtant acheté à Nayla plein de bouquins éducatifs à thématique « Jérôme le petit lapin change de maison, de langue, de copains et gagne un petit frère ou une petite soeur. Il est très content ».

Mais Nayla la froussarde n’a pas trouvé rigolo du tout de se taper tout d’un coup.

Et comme Nayla est plutôt du genre à témoigner son mécontentement en mode cinéma muet expressionniste (= vénère, mais sans les mots), sa réponse a été implacable : Du jour au lendemain, Nayla a arrêté de faire caca.

Au début, on a trouvé ça plutôt marrant. D’abord ça nous faisait moins de couches à changer, et puis comme je venais d’accoucher de Charlotte et qu’on était exténués, le trip scato nous faisait bien marrer. Je crois même que le simple mot « caca » nous faisait marrer. Du coup, dès que des copains venaient faire une petite visite post accouchement, on se poilait un coup en racontant ça.

Et puis après quatre jours passés à observer sa constipation sereine, on a commencé à flipper. C’est alors qu’on a commis l’erreur classique : « boah, je vais me faire un Doctissimo nocturne, ça va me rassurer ». Là on a figé : ce n’était qu’une longue liste de mamans désespérées qui se débattaient depuis quatre ans dans des histoires affreuses de constipations et de laxatifs au petit déj. Et qui en venaient à implorer leurs sales gamins de faire caca en disant « donne-moi ton petit cadeau ».

Nayla a continué à répondre tranquillement « pas caca » à nos questions de plus en plus angoissées, en continuant son puzzle.

Alors on a pris notre courage à deux mains (heureusement, on ne savait pas encore quelle dose immense serait requise), et on a décidé de s’atteler au problème.