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Hard times in New York Town


Tag: CV


Ceci n'est PAS une bonne photo de profil linkedin (même si on kiffe ses enfants)

Linkedin-ed


Tu te réveilles un matin, et tu te surmotives pour créer un profil linkedin. Tu as pas mal ronchonné, parce que tu es plutôt du genre à truquer ta date d’anniversaire sur Facebook pour ne donner aucune bille au Grand Mechant Web. Mais là, tu veux un salaire. Et à l’heure actuelle, sacrifier tes données personnelles sur l’autel de l’indépendance financière paraît un bon deal.

Tu achèves en soupirant de remplir la case de tes études et de recopier ton cv petite case par petite case. Tu demandes ensuite à tes potes, tes chefs, tes camarades de promo, de devenir tes amis, et tu attends.
Une semaine après, tu n’as pas trouvé de boulot, mais tu es en mesure de faire un bilan d’étape prétentieux, ce qui est toujours divertissant. Donc : le monde de tes amis linkedin semble divisé entre plusieurs catégories de personnes.
1/ les demi potes qui ont réussi (disons selon la définition Challenges de la réussite)
– ils posent en cravate avec un demi sourire censément malin qui te fait un peu flipper.
– ils ont l’air plus vieux qu’ils ne sont.
– ils recommandent la lecture d’articles imbitables sur les normes ifrs.
– et postent des recommandations hallucinantes de condescendance sur leurs stagiaires, qui étaient toujours « a great addition to the team », et qui ont la même gueule qu’eux, avec quatre ans de moins.

(suite…)

Illustration destinée à la partie "hobbies" d'un CV américain : leader de l'équipe de free fight de l'équipe 1 de l'Université de Charlotte; 120 combats gagnés, invaincu pendant 2 trimestres

Supersize me – Part 2


Atelier : « américanise ton CV ». Voici l’exemple de ma fille Charlotte, actuellement sept mois.

Charlotte dans la vraie vie

Surnoms :

  • Roucky
  • Rouquinou

Compétences :

  • Bébé tout mignon
  • Parvient à repérer un couteau tranchant à l’autre bout d’une table, à plonger à la vitesse d’une nageuse olympique, à s’en saisir, et éventuellement à s’en perforer la glotte
  • Fait caca de l’exacte couleur des aliments du repas précédent
  • Extrême souplesse (typique bébé)

Hobbies :

  • Manger
  • Les blagues à répétition (type : « mais elle est où Charlotte ? Elle est là ! »)
  • Oh putain ce truc rouge a l’air vraiment trop cool il faut que je le choppe oh putain oh putain oh putain mais filez moi ce truc rouge bordel

(suite…)

Illustration destinée à la partie hobbies d'un CV américain . Volontariat : assistance proactive à des familles en détresse, depuis l'âge de six ans. 530 repas distribués à ce jour ; soutien psychologique réussi pour 30 familles ; leader dans la mise en place de partenariats publics privés, logistique, soutien psychologique

Le CV: Super-size me – Part 1


Evidemment, j’ai traduit mon CV bien consciencieusement. Mais dans les offres d’emploi, je voyais un peu trop souvent « préciser en quoi vous êtes un candidat exceptionnel » (« outstanding candidate »). Ca m’a rendue perplexe. En France, l’exceptionnalité n’est pas vraiment un critère. Tu démontres plutôt que tu corresponds au profil et qu’en plus tu es trop sympa.

J’ai fini par comprendre. En fait, c’est simplement une version super-sized de toi-même. Il ne faut pas mentir, mais l’idée est d’en faire des méga-caisses.

Du coup j’ai changé mon CV. Maintenant, il hurle à mort que je suis maligne, ultra adaptable, multi-compétente, sportive et en plus généreuse et en plus j’ai couru un marathon.

Bon, je n’ai pas encore trouvé de boulot, mais au moins en le lisant, j’ai la sensation réconfortante que des combats de free-fight devraient être organisés pour m’embaucher. C’est déjà ça.