uschapters
Hard times in New York Town


Tag: 50 first states


Romans myths, Jean-Baptiste Baudrian, 1854-1877 (peinture exposée au musée d'histoire européenne d'Albany, que je suis allée visiter à ma pause déjeuner. C'était nul, mais j'avais le temps)

Où je découvre le voyage d’affaires


Il y a deux semaines, je suis partie en formation à Albany, capitale de l’état de New York et ville sans grand intérêt, à part son intéressante ressemblance avec Washington, ou Moscou, ou toutes ces grosses villes à bâtiments boursouflés et places bétonnées.

Bref, Albany on s’en fout, l’information essentielle, c’est que pour la première fois depuis six ans j’ai passé une semaine avec zéro enfant et zéro mari. Eh ben c’était rudement chouette.

Une semaine à l’hôtel et sans enfants, c’est :

– prendre des bains dans mon Holiday Inn …

– … me sécher avec une serviette sèche (avec enfants, comme tu te sèches en dernier, tu galères pour trouver un coin de serviette pas trempé). TROP LA REINE DU MONDE.

– Prendre des décisions dont la plus épuisante a été « vais-je voir le dernier Spike Lee ou ai-je trop la flemme » (j’avais trop la flemme)

– le matin, me lever, et n’habiller que moi. Marcher lentement vers le (seul) café cool du coin. Commander mon  latte, un cookies, sortir mon bouquin. A 8h15, appeler mon mec, et l’entendre faire un de ces monologues typiques du parent seul « putain j’en ai ras le cul NAYLA TES CHAUSSURES ouais ce matin ils ont été vraiment relous NAYLA TES CHAUSSURES non non mais ils sont mignons mais là ils se sont réveillés à 6h34 et je sais pas pourquoi on est quand même en retard à l’école NAYLA TES CHAUSSURES PUTAIN attends Yann a fait pipi dans son pantalon attends je te laisse » (bip). Raccrocher avec un sourire de Joconde, et reprendre voluptueusement ma lecture.

– avoir de nouveau 14 ans et que ça à foutre de ma vie, et du coup me couper seule les cheveux un à un (courts). C’est plutôt moche, mais j’étais très contente de moi (ouais je suis une punk bourgeoise bientôt quadragénaire).

Oui, tout ça est du cliché, mais ce temps suspendu, c’était le gros kiff. J’adorerais vous dire qu’en rentrant, j’étais totalement ‘rejuvenated’ comme ils disent ici, et que j’avais renouvelé mon stock de patience pour un an. Malheureusement, le lendemain matin je leur hurlais dessus comme en 40.

La morale de cette histoire, c’est que je vais essayer de me dégoter des formations régulièrement. Et militer pour que ce soit une obligation légale.

Roman-photo / la Virginie


Bon, alors je viens de passer 1h à tenter d’inscrire des légendes à mes photos, j’ai pas réussi.

Vous restent ces images pour rêver, ces images pour vous évader …

et oui, ce moment où un convoi de 15 pick-up parés de drapeaux immenses, suprémacistes et claquant au vent, a débarqué silencieusement dans un parking désert était un pur moment de terreur tarantinesque.

Le confort ? il va falloir avec ... ou plutôt sans.

La tente, les gamins et la mer


Testé pour vous, les vacances quadruplement compliquées : 1 avec enfants 2 sur une ile de bourges 3 sous la tente 4 sans voiture (mais avec des vélos). Mon mec était un peu sceptique mais je me voyais tout à fait au retour, en chantre glamour* de la décroissance** : “un frigo ? mais voyons, pour quoi faire ?”*

Commençons par le positif : les enfants ont adoré. Et nous aussi. En partie parce que ça nous fait un sujet de conversation pour les 5 prochaines années, mais pas seulement. C’était trippant, magnifique. Crevant, certes, mais les vacances à gamins c’est toujours crevant.

Paragraphe : “guide touristique gratos” : Bon en gros, Martha’s vineyard c’est Belle-Ile. Les plus : les phares et des Obamas en goguette (avec plus d’hélicoptères que dans Apocalypse now). Les moins : pour la Belle-Iloise et les sentiers côtiers : wallou. Du côté des estivants (et à part les Obam, qu’on n’a pas croisés), ça fleure le vieil argent et la liposuccion sous les jeans blancs moulax des quinquagénaires rogues.

Paragraphe “Les campings aux US”. C’est incroyab’. Tu as ton petit feu de camp individuel et vachement d’espace. Et puis c’est propre. Donc tes enfants jouent aux cabanes et font des feux de camp dans une ambiance pas du tout “pense à tes morpions pubiens au retour”.

Bon, je m’égare. Passons à l’essentiel : la tente.

  • pour le nourrisson : c’est la panique. Je bats ma coulpe (j’avais toujours rêvé d’écrire “je bats ma coulpe”) : j’aurais peut-être dû prendre un couffin. La tente était installée sur un plan légèrement incliné. Le gamin se retrouvait donc au milieu de la nuit la tête en bas, sous mon tapis de sol, ayant glissé sur 3m sans s’en rendre compte, tétant épileptiquement les parois de la tente tout en hurlant sa mère (moi donc).
  • pour l’enfant de 2 ans : mi-figue, mi-raisin. Gros enthousiasme sur la lampe de poche et les ombres chinoises. Mais angoisse à l’heure du coucher parce que le rituel dodo est perturbé.
  • pour l’enfant de 4 ans : c’est une source d’allégresse qui le pousse par exemple à tester la fermeture éclair de la tente à 3h du matin.
  • Pour les parents :

de la fatigue, cf paragraphes précédents.

de l’amélioration de tes réflexes. Quand un des enfants bouge un cil la nuit il faut traiter le problème en 7 nanosecondes, sinon vues les parois en nylon, il y a risque de contagion à tes deux autres enfants (et accessoirement à l’ensemble du camping, mais ça on s’en carre un peu).

des dilemmes fashion : acheter les claquettes camping, pour ou contre ? au bout de combien de jours un short est-il considéré comme sale ?

un recentrage sur l’essentiel. Crème hydratante : pas essentiel. Brossage de dents : pas essentiel. Faire pipi : pas essentiel. Changer la couche de tes enfants : ça dépend.

beaucoup de bouteilles de rosé bues à deux, sur la table de pique-nique, quand les enfants sont couchés vers 19h, et ça les gars, ça claque de romantisme.

 

** pour la décroissance on repassera, camper avec des enfants exige de claquer un Smic en conneries Décathlon.

* pour le glamour n’en parlons pas. Je regarde souvent les new-yorkaises admirablement manucurées avec une tête de petit cocker envieux.

Comment je me suis (encore) disputé la non sexualité de mes enfants avec la maitresse

Tempête sous mon crâne


C’est affreux les amis. Je n’ai jamais eu autant d’idées de posts, et jamais eu aussi peu de temps pour les écrire.

Je propose donc pour les prochaines semaines, à raison de deux posts par semaine parce que j’aime les challenges :

1° comment je me suis inscrite à une association de coureurs, et comment j’ai kiffé. Et aussi, comment une fille m’a dit dans une montée alors que je tremblotais de la fesse et du moral : « hills are our friends ; they make us stronger » (les collines sont nos amies, elles nous fortifient).

2° comment j’adore Columbia (oui, je suis dans une phase enthousiaste). Et aussi, comment ça renforce à mort mes stéréotypes raciaux. Et aussi, comment j’ai discuté avec un américain à claquettes à la cafète. J’étais absolument surexcitée. Vis ma vie d’amie de Mark Zuckerberg.

3° comment, entre moi et the walking dead, mon mari semble définitivement avoir opté pour the walking dead.

4° comment j’ai fait du camping à Martha’s vineyard avec trois enfants en bas âge, et comment j’ai survécu (réponse : il suffit de ne rien faire pour soi. Et oui, absolument, faire pipi c’est faire quelque chose pour soi).

5° comment j’ai été voir sleep no more 5 ans après tout le monde, et comment je veux vivre dans sleep no more (attendez-vous à une description longue et percutante des décors, qui font donc 9.300 m2).

6° comment j’ai toujours bu pendant mes grossesses (un peu quoi), et comment je ne bois plus du tout en préparation du marathon, et est-ce que ça veut dire que je préfère mon corps à mes foetus, je vous remercie de me l’avoir demandé.

Et ça n’est que le début !! réalisez-vous la chance que vous avez ? Je crois bien que non.