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Hard times in New York Town

Echangisme provoqué par Snowzilla

Snowzilla


Voici donc le compte-rendu indispensable sur la tempête Jonas, ou comment un samedi soir, l’ensemble d’un immeuble s’est retrouvé saoul chez nous à 18h30.

Snowzilla – 1j : cela fait déjà trois jours que la chaine météo fonctionne en boucle sur la tempête du siècle, avec limite la musique de star wars en fond sonore (“scènes d’horreur près de Washington avec d’énormes accidents” (on voit deux voitures sur le bord de la route avec les mecs qui discutent tranquillement, sous 3cm de neige)).

Tout le monde est à fond parce que Jonas vient de passer snow blizzard (qui est un peu la ceinture noire de la tempête ; avant il était juste snow storm, c’est moins classe).

Nous on est aguerris, c’est notre deuxième hiver new-yorkais, on se sent un peu comme des vétérans, pas du genre à se laisser avoir par le catastrophisme ambiant.

Snowzilla – 4 heures : Dans le doute, on se renfloue en Twix. Et en fromage. Les rayons des magasins sont un peu moins replets que d’habitude, mais pas dévalisés.

Snowzilla – 1 heure : on se couche, quand meme un peu excités à l’idée de vivre notre première vraie neige de l’année.

Snowzilla +5 heures : on ouvre un oeil. Incontestablement, il neige. Sur la terrasse, il y a déjà 20 cm.

Snowzilla + 7 heures : on sort les unes après les autres les occupations “enfants + intempéries”, et on se connecte bravement sur youtube pour y regarder des vidéos chronophages, ne requérant de préférence aucune concentration.

Snowzilla + 13 heures : on vient de finir le 14è puzzle pour enfants, il y a des legos et des bouts de train partout, et l’idée de lire un autre article sur Making a Murderer me donne personnellement envie de crever. Il va falloir agir.

Snowzilla +14 heures : on équipe les filles pour sortir.

Snowzilla + 15 heures : les filles sont équipées.

Snowzilla + 15 heures + 7 minutes : pas de doute, c’était bien un blizzard. On rentre.

Snowzilla + 16 heures : la neige continue de tourbillonner impitoyablement sous nos yeux lassés. C’est alors qu’en allant récupérer les filles qui jouent à courir dans le couloir, on croise deux de nos voisins qui ont des gamins, et donc la même tronche de poulet de batterie en rade que nous.

Quand soudain l’un d’eux propose un happy hour.

Illumination.

Snowzilla + 16h02 : effervescence dans l’immeuble. Tout le monde toque chez tout le monde pour dire que l’happy hour commence et que c’est chez nous. Tout le monde rapplique donc avec la blinde de bouteilles et des chips. Il est actuellement 17h02.

Snowzilla + 16h30 : la 6è bouteille de vin rouge dégueu est balancée au recyclage. Il y a 7 gamins de moins de trois ans dans le salon, et un nombre croissant d’adultes.

Snowzilla + 17h : on parle de cul. Je me sens comme à Paris. Ma voisine d’en face bizarre est trop sympa en fait.

Snowzilla + 19 heures : une tente trois places a inexplicablement été montée dans la chambre des filles. Aucune idée d’où elle peut bien sortir. Les premiers voisins se barrent, avec l’air enthousiastement bourré que tu as quand la giga-soirée improvisée s’est terminée à 6h du mat. Dehors, on est à plus de 1m de neige.

Snowzilla + 20 heures : le voisin du dessous croate propose de faire comme dans une boite de nuit à plusieurs ambiances. La moitié des invités se barre chez lui pour danser uniquement, hommage oblige, sur du David Bowie.

Snowzilla + 22 heures : dehors, on ne voit plus les voitures. Les gamins regardent Cars sur un ipad commun, avec les joues rubicondes du 25 décembre au soir, l’estomac craquelant sous les chips.

Snowzilla + 24 heures : Snowzilla s’achève sous les hourras. On improvise une balade dans le parc recouvert de neige immaculée. On marche 1,5m plus haut que d’habitude. Pendant ce temps, trois d’entre nous (dont mon mec) continuent de danser comme des oufs avec des lampes de poche pour faire l’ambiance, sur Modern Love (qui est passé trois fois). En rentrant, j’avise le voisin de gauche qui somnole, seul, sur notre canap.

Snowzilla + 1j : il y a environ 1,5m de neige. Il fait beau. Le salon est comme après une pendaison de crémaillère. Les voisins nous envoient des tonnes de text “merci pour hier, soirée de fou” (sauf celui qui nous dit « j’ai oublié mes poubelles dans votre cagibi »). On va faire des bonhommes de neige. Les filles sont ravies. Nos potes de France nous envoient des textos comme si on avait fait la guerre des tranchées.  Vive Snowzilla.

 

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