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Hard times in New York Town

Publicité pour le restaurant "Cléopatra" : vous serez seins nus, vous serez séduits.

Petit séjour au restaurant


Dans la catégorie « pareil / pas pareil », je demande : le restaurant. Attention, des précisions scientifiques s’imposent (et puis ça fait toujours chic) : la comparaison sera établie entre les restos new-yorkais et leurs homologues parisiens sur un échantillon représentatif de juste moi.

LE RESTO A NEW YORK : PAREIL QU’EN FRANCE

– Le concept branchouille : « bistronomie » se décline ici en « farm to table ». C’est à mon avis d’ignare la même idée « proximité rassurante ».

– La déco : les restos parisiens pompent allègrement sur leurs copains new-yorkais le côté brut / on est trop cool et on a une barbe / bois-ton-eau-dans-un-bocal-en-admirant-l’arrangement-« fleurs des champs »-et-en-regardant-le-chef-travailler-par-la-fenêtre-transparente. Une copine bien renseignée m’a dit que je me fourvoyais et que depuis l’avènement du fooding, c’était au contraire New York qui imitait Paris. Mais bref, c’est pareil.

LE RESTO A NEW YORK : PAS PAREIL QU’EN FRANCE

– L’offre : sur-pléthorique. Drame subséquent : le choix du resto te fait systématiquement perdre la moitié de ta journée, même quand tu n’as rien à carrer, parce que tu dois traiter les trente emails « choix du resto ». Ici, un snobisme épuisant colle à chacun la rage de dégoter le restaurant qui vient d’ouvrir / qui propose de la cuisine d’un pays inconnu / qui met en place un nouveau concept (les concepts me gavent). Explication sociologique de haute tenue : les gens viennent de partout, sont plutôt aisés, invitent peu à diner chez eux, ont une vie sociale de dingue, et « datent ». D’où : la blinde de restos. A Paris, j’ai l’impression qu’on échoue plus facilement au resto du coin, et que c’est même plutôt bien vu d’avoir un « rade » officiel.

– Les vins : souvent mauvais. Encore plus étrange, il y a des restos où tu peux débarquer avec ton propre vin.

– Le service : une hiérarchie incompréhensible empêche de commander tes plats à la personne qui te place à table, ou à celle qui te sert l’eau. Il y a visiblement 18 fonctions différentes ultra-précises dont toutes m’échappent. Mais se planter sur « qui fait quoi » te vaut pas mal de mépris.

– Le service (bis) : les serveurs sont trop sympa (alors qu’à Paris, ils sont, n’est-ce pas, légendaires, les new-yorkais n’en reviennent jamais). Mais sans vouloir critiquer les bons côtés, ici ils sont souvent trop, « trop sympa ». Tu n’as pas encore mis ta première bouchée dans ta fourchette qu’on te demande « ça va ? tout va bien ? c’est bon ? » et le mec passe tout le diner à se dandiner à côté de toi en répétant « everything all right ? » à peu près comme Nayla quand elle veut faire pipi. Tu finis toujours par avoir envie de lui caresser les cheveux en disant « tout va bien mon grand ».

– L’eau : dès que tu bois une gorgée d’eau on te ressert fébrilement. Si rapidement, que la première fois j’ai cru que le mec avait un TOC.

– Le pourboire : il faut donner entre 15 et 20%, mais hors taxe, et post addition (que ça t’ait plu ou non, ce que mon radin de père a eu du mal à comprendre). Il est donc impossible de passer moins de 7 minutes sur le « 17 ? non, 13,5. Attends, je sors mon smartphone ».

– Bon, et je fais ma bégueule, mais en vrai : je n’ai jamais mangé aussi souvent « bon, varié et pas très cher », que depuis que je suis à New York.

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8 Commentaires

  •    Reply

    Go to Japan: c’est bon (si on met de côté les quelques trucs bizarres), varié, pas cher, service irréprochable (et discret!) Carrément plus rentable de manger dehors que de faire à manger à la maison même!

    Et sinon bravo, tu as encore le courage d’aller au restau à J- « plus grand chose » !!

  •    Reply

    pour les serveurs, je les appelle « les serveurs sous ecstasy » ils sont completement sur-excites..

    y’a aussi le bruit…les americains aiment bien hurles au resto..
    deja vecu : un resto tellement bruyant que pendant 1h30 de diner personne ne s’est parle (nous etions 3 a table)
    et comme si ca ne suffisait pas des musiciens sont arrives..

    et je suis totalement d’accord pour les menus a rallonge..99% du temps ca me saoule deja de tout lire, de tout dechiffrer car je ne comprends pas tout et je dois dire que ca me manque de choisir un plat car j’en ai vraiment envie au lieu de prendre un plat limite au pif

    •    Reply

      tu as carrément raison pour le bruit !! et je sais pas pourquoi, à chaque fois je me retrouve au milieu de deux copines trentenaires qui s’exclament ultra bruyamment « and I was … like … »

      •    Reply

        alors c’est généralisé mais les américaines c’est à base de « it’s gorgeousssss » / « i was like OH. MY. GOD » / « you’reeee finnnneeee » / « THIS CAKE IS AMAZING » (ne rayez aucune mention inutile) ! conversation entendu au travail ce matin :
        – I love green shirt
        – Oh my daughter has this green shirt I LOVE IT

        voila voila
        ce sujet mérite un article à lui tout seul mais j’imagine qu’un americain qui comprend le francais pourrait en dire autant en generalisant des francaises « genre j’etais au bout de ma vie » / « mais trop pas » / « je KIFFE les sushis »

        •    Reply

          J’adore le dialogue !!!! et ouais, parfois je suis moi aussi un peu estomaquée par le peu d’intérêt des trucs qui les font s’exclamer oh my god. et depuis que j’ai entendu quelqu’un dire avec le même ton « oh my god, so cute » à ma fille et à un (sale) chien qui passait, je prends d’ailleurs leurs arrêts sur image admiratifs avec des pincettes …
          d’accord avec toi sur les américains qui pourraient dire la même chose des français, mais (sociologie de comptoir), à mon avis les français
          1 parlent moins fort
          2 sont plus sur le créneau relativiste et geignard « non mais putain mais la loose quoi / laisse tomber, je suis au bout du scotch / trop le seum (comme dirait ma cousine) », non ? du coup, on serait aussi à gifler, mais pour des raisons différentes … t’en penses quoi ?

  •    Reply

    je suis tellement d’accord ! deja qu’en France on commence sa journee par se dire a soi meme « putin fais chier deja? » quand le reveil sonne. Ensuite a la question « ca va? » evidemment que « non ca va pas / creveeee / mouai / vivement le weekend / fais chier »

    donc je suis plus que d’accord sur le créneau relativiste et geignard des francais!

    d’ailleurs a l’instant je pensais a toi quand j’ai demande a mon boss de me ramener un sticker du bureau de vote, il m’a demande pourquoi, j’ai repondu : bah je ne suis pas americaine je ne pourrais pas voter et j’aime bien ca fera un souvenir
    et la j’entends une collegue « oooohhh she’s so cute » (mouai bon..)

    •    Reply

      … mais j’avoue que les « oh, so cute » me manqueront quand je partirai ! on fait nos blasées, mais en fait c’est chouette … (moi j’adoooore m’entendre dire « c’est incroyable ce que tu es mince si peu de temps après l’accouchement » / dans le même temps ma mère bien française me fait remarquer à quel point je suis flasque et que je suis priée d’y aller mollo sur les cookies …)

      •    Reply

        ma maman (qui plus est vietnamiemme, donc issue d’une culture ou ne pas macher ses mots doit etre clairement inscrit dans son ADN) sur skype: « ah mais tu as grossi depuis la semaine derniere non ? »

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