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Hard times in New York Town

chômeuse regardant avec attention une rediffusion sur TV5 d'Intervilles 91

Le journal d’une chômeuse


Entre deux allers retours déprimants sur le site d’idealist, qui agglomère toutes les offres d’emploi, tu regardes d’un oeil fixe des vidéos de chats qui courent dans des magasins Ikea, en te demandant où va le monde.

C’est à ce type d’attitude déterminée qu’on reconnait le glandu de talent.

Chut, bébé fait peut-être caca

Le caca, le déménagement et les enfants (chapitre 2)


Résumé de l’épisode 1 : la petite Nayla a arrêté de faire caca lorsque son univers entier s’est écroulé. Ses parents sont inquiets.

Ronde de visites de médecins. Et logiquement, ronde des médicaments en « lax » (lax comme laxatif). Forlax, microlax, puis miralax (son cousin américain).

En même temps, on a tenté pas mal de trucs pourtant bien créatifs, qui ont échoué les uns après les autres.

1. faire comme si le fait qu’elle n’aille pas aux toilettes pendant des durées flippantes, alors même qu’elle était sous traitement laxatif dose adulte, ne nous alarmait pas. Méga foirade, parce que dès qu’elle disait « caca » on sautillait sur place d’excitation (ce dont elle a insolemment profité par la suite).

2. enlever la couche, et se taper subséquemment des kilomètres de culottes à caca à laxatif qu’elle finissait par faire en hurlant une fois tous les trois jours, et qu’il fallait alors laver dans le lavabo.

2 bis. légèrement échaudés, remettre la couche, et constater qu’elle n’y faisait bien caca qu’une fois tous les trois jours (et en hurlant).

3. discuter avec des gens qui avaient vécu le même problème que nous. Couper court parce que pour eux ça avait toujours duré plusieurs années, que ça avait été un enfer, et qu’ils ne comprenaient d’ailleurs pas pourquoi ça s’était soudainement arrêté. (suite…)

Parents en croisade contre la constipation (communiqué du ministère de l'éducation nationale)

Le caca, le déménagement et les enfants (chapitre 1)


On avait pourtant acheté à Nayla plein de bouquins éducatifs à thématique « Jérôme le petit lapin change de maison, de langue, de copains et gagne un petit frère ou une petite soeur. Il est très content ».

Mais Nayla la froussarde n’a pas trouvé rigolo du tout de se taper tout d’un coup.

Et comme Nayla est plutôt du genre à témoigner son mécontentement en mode cinéma muet expressionniste (= vénère, mais sans les mots), sa réponse a été implacable : Du jour au lendemain, Nayla a arrêté de faire caca.

Au début, on a trouvé ça plutôt marrant. D’abord ça nous faisait moins de couches à changer, et puis comme je venais d’accoucher de Charlotte et qu’on était exténués, le trip scato nous faisait bien marrer. Je crois même que le simple mot « caca » nous faisait marrer. Du coup, dès que des copains venaient faire une petite visite post accouchement, on se poilait un coup en racontant ça.

Et puis après quatre jours passés à observer sa constipation sereine, on a commencé à flipper. C’est alors qu’on a commis l’erreur classique : « boah, je vais me faire un Doctissimo nocturne, ça va me rassurer ». Là on a figé : ce n’était qu’une longue liste de mamans désespérées qui se débattaient depuis quatre ans dans des histoires affreuses de constipations et de laxatifs au petit déj. Et qui en venaient à implorer leurs sales gamins de faire caca en disant « donne-moi ton petit cadeau ».

Nayla a continué à répondre tranquillement « pas caca » à nos questions de plus en plus angoissées, en continuant son puzzle.

Alors on a pris notre courage à deux mains (heureusement, on ne savait pas encore quelle dose immense serait requise), et on a décidé de s’atteler au problème.

Ceci n'est pas une illustration de publicité pour un don d'ovules

Publicités – wooow


Voici deux publicités piochées dans le métro et que j’ai trouvées particulièrement savoureuses, mais beaucoup d’autres sont aussi réjouissantes. Et bien sûr, le texte est rigoureusement authentique.

Path, 24 avril 2015  :

« devenez donneuse d’ovule et aidez une famille à grandir

Avez-vous déjà envisagé de devenir donneuse d’ovule ?

Non seulement vous gagnerez 8.000 dollars, mais vous aiderez également quelqu’un à réaliser son rêve d’avoir des enfants.

Vous devez avoir entre 21 et 32 ans.

Contactez IRMS » (+ détails)

(suite…)

Illustration destinée à la partie "hobbies" d'un CV américain : leader de l'équipe de free fight de l'équipe 1 de l'Université de Charlotte; 120 combats gagnés, invaincu pendant 2 trimestres

Supersize me – Part 2


Atelier : « américanise ton CV ». Voici l’exemple de ma fille Charlotte, actuellement sept mois.

Charlotte dans la vraie vie

Surnoms :

  • Roucky
  • Rouquinou

Compétences :

  • Bébé tout mignon
  • Parvient à repérer un couteau tranchant à l’autre bout d’une table, à plonger à la vitesse d’une nageuse olympique, à s’en saisir, et éventuellement à s’en perforer la glotte
  • Fait caca de l’exacte couleur des aliments du repas précédent
  • Extrême souplesse (typique bébé)

Hobbies :

  • Manger
  • Les blagues à répétition (type : « mais elle est où Charlotte ? Elle est là ! »)
  • Oh putain ce truc rouge a l’air vraiment trop cool il faut que je le choppe oh putain oh putain oh putain mais filez moi ce truc rouge bordel

(suite…)

Illustration destinée à la partie hobbies d'un CV américain . Volontariat : assistance proactive à des familles en détresse, depuis l'âge de six ans. 530 repas distribués à ce jour ; soutien psychologique réussi pour 30 familles ; leader dans la mise en place de partenariats publics privés, logistique, soutien psychologique

Le CV: Super-size me – Part 1


Evidemment, j’ai traduit mon CV bien consciencieusement. Mais dans les offres d’emploi, je voyais un peu trop souvent « préciser en quoi vous êtes un candidat exceptionnel » (« outstanding candidate »). Ca m’a rendue perplexe. En France, l’exceptionnalité n’est pas vraiment un critère. Tu démontres plutôt que tu corresponds au profil et qu’en plus tu es trop sympa.

J’ai fini par comprendre. En fait, c’est simplement une version super-sized de toi-même. Il ne faut pas mentir, mais l’idée est d’en faire des méga-caisses.

Du coup j’ai changé mon CV. Maintenant, il hurle à mort que je suis maligne, ultra adaptable, multi-compétente, sportive et en plus généreuse et en plus j’ai couru un marathon.

Bon, je n’ai pas encore trouvé de boulot, mais au moins en le lisant, j’ai la sensation réconfortante que des combats de free-fight devraient être organisés pour m’embaucher. C’est déjà ça.