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Hard times in New York Town

Mère faisant part de l'exhibitionnisme de son bébé à un enfant inconnu

Les règles de savoir vivre : comment parler aux gens qu’on connait pas


Voici un compte-rendu à J+1 an de l’immensité du choc-culturel-en-matière-de-relations-humaines-avec-les-gens-que-tu-connais-pas (je tente de me reconvertir dans la sociologie, c’est un peu pénible pour mon entourage).

Alors LE truc sur lequel j’ai tout de suite tiqué, c’est le « bonjour ça va ». Question rhétorique, à laquelle, à moins d’avoir perdu ta mère la veille et de parler à ta meilleure copine, tu te dois de répondre sobrement « ça va ». Ben en fait non.

Exemple 1. Dans l’ascenseur, il est 8h24, je suis en train de batailler pour enfiler sa deuxième chaussure à Charlotte pendant que j’engueule Nayla qui a appuyé sur tous les boutons. Une voisine (que je ne connais pas), monte dans l’ascenseur.

Moi (concentrée sur la chaussure) : bonjour, ça va ?

Elle : mon père est mort dans un accident de voiture à Miami il y a deux jours, je pars en Floride.

Moi : (rire crispé et niais) : oh shit ! ben euh, sorry.

Au début, j’ai cru que c’était juste une rencontre du troisième type, sans aucun lien avec les US.

Après plusieurs histoires de fausses couche et de maladies dégueu, je me suis dit que c’était sûrement moi qui avais l’air trop sympa et suscitais donc les confidences pas vraiment sollicitées.

Et puis en fait, ni l’un ni l’autre, c’est juste qu’ici, c’est un truc visiblement normal de sympathiser avec les inconnus.

Je prends l’air légèrement supérieur de la française qui trouve l’idée absurde, mais en vrai c’est souvent cool. Par exemple ça te permet de constater que tes micro-problèmes sont bien universels (au lieu de te contenter de le lire dans genre Elle ou Telerama). Voire de vider ton sac (je ne l’ai encore fait qu’une fois, en mode « parfois, je déteste mes enfants », à une fille au square qui semblait d’ailleurs avoir le même problème, ça m’a fait du bien).

Et j’ai identifié deux réponses possibles quand t’as pas trop envie de te prendre le chou parce que parfois, à 8h24, il faut aller à l’essentiel.

Réponse 1 : le hug. Ca m’a pris un an, mais je gère à mort le hug. Free démonstration quand vous voulez.

Réponse 2 : le « oh dingue ! moi aussi ». Evidemment, ça marche mieux quand c’est crédible, mais ça l’est souvent (moi aussi mes enfants ont déjà fait des bronchiolites et j’ai eu peur / moi aussi mon mec est parfois un sale macho / moi aussi j’ai des problèmes de fric, couple, boulot, rayer les mentions inutiles) .

Il arrive malheureusement qu’aucune des réponses ne soit envisageable.

Exemple 2 (ça date d’hier). Un grand black impressionnant, à ma hauteur dans la rue. « Oh, vous avez deux filles ! elles sont mignonnes ! moi j’en ai quatre ».

Moi : ah oui ? (sympa)

Lui : eh, oui. Mais il est trop tard pour avoir un garçon. Vous savez, je suis vétéran de la guerre du Vietnam, j’y ai attrapé toutes sortes de maladies, je suis lourdement handicapé et diabétique. Et puis bien sûr, je suis trop vieux.

Moi : (rire crispé et niais) : oh shit ! ben euh, sorry.

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