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Hard times in New York Town

Lockdown imprévu sur table à langer

Le lockdown


Il y a une semaine, j’ai appris l’existence des lockdowns.

Alors les lockdowns, ce sont les exercices mensuels ou bimensuels que pratiquent les écoles pour se préparer à l’hypothèse où un fou entre avec une kalachnikov.

Le protocole est le suivant : tout d’un coup, à l’interphone, quelqu’un hurle “lockdown”. Les maitresses foncent fermer à clé la porte de la salle de classe. Elles préviennent les enfants. Elles éteignent la lumière, ferment le petit volet qui donne sur le couloir intérieur pour que personne ne puisse soupçonner leur présence. Et tout le monde court se cacher derrière l’étagère à livres avec obligation de la fermer. Lors des tests, les maitresses et les enfants doivent rester un quart d’heure dans le noir. Et comme dans le loup et les sept biquets (qui est un peu à l’art de la ruse ce que “l’art de la guerre” est à la guerre), la porte ne doit être débloquée et la lumière rallumée, que sur octroi d’une série de mots de passe ultra secrets.

En entendant ça j’ai eu un peu envie de pleurer : Nayla, trois ans, semble un peu jeune pour intégrer le concept du massacre de masse. Sur le fond, j’oscille entre le très caractéristique haussement d’épaule bourru “quels paranoïaques quand même”, et l’irrépressible début de panique “enfin bon c’est pas si invraisemblable”.

Trois jours après, je parle du lockdown dans la crèche de Charlotte. Sa maitresse me coupe : “oui oui, nous aussi on fait des lockdowns”. Là pour le coup, je me marre. Pour obliger au silence Charlotte et ses petits copains de 1 an, ça doit être coton. Je lui demande comment elle parvient à dompter la classe. Elle m’explique. “Les enfants sont enfermés dans les toilettes (qui sont au fond de la classe), dans le noir. On leur donne nos téléphones portables pour les occuper, et on a une provision de cookies”.

Donc pour Charlotte, “lockdown” = on va bouffer gratos entre les repas en regardant un telephone = nirvana.

C’est peut-être comme ça que l’Amérique fabrique des générations IRA ou “je lâcherai pas mon droit au flingue” …

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7 Commentaires

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    Hehe, c’est sur que j’en connait une qui serait capable de faire des lockdown d’une semaine pour peu qu’il y ai tchoupie sur le téléphone

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    Les lockown pour les pre schoolers, c’est chaud comme meme. Ici, sur Brooklyn, mes gosses font des fire drills mais n’ont jamais fait de lockdown ( meme apres Sandy hook).

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    Haha, la première fois que j’ai reçu un e-mail disant qu’ils faisaient un test lockdown dans l’école de mes filles fraîchement débarquées et ne parlant que quelques mots d’anglais j’ai eu très peur pour elle. Résultat: « Oh, tu sais maman, aujourd’hui on a dû faire la sieste!!! ». Plus d’angoisse pour moi que pour elles….

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      Mes filles non plus n’ont pas vraiment l’air traumatisées, d’ailleurs elles en avaient fait un paquet avant que je m’apprenne … C’est plutôt moi en fait !

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