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Hard times in New York Town

Chut, bébé fait peut-être caca

Le caca, le déménagement et les enfants (chapitre 2)


Résumé de l’épisode 1 : la petite Nayla a arrêté de faire caca lorsque son univers entier s’est écroulé. Ses parents sont inquiets.

Ronde de visites de médecins. Et logiquement, ronde des médicaments en « lax » (lax comme laxatif). Forlax, microlax, puis miralax (son cousin américain).

En même temps, on a tenté pas mal de trucs pourtant bien créatifs, qui ont échoué les uns après les autres.

1. faire comme si le fait qu’elle n’aille pas aux toilettes pendant des durées flippantes, alors même qu’elle était sous traitement laxatif dose adulte, ne nous alarmait pas. Méga foirade, parce que dès qu’elle disait « caca » on sautillait sur place d’excitation (ce dont elle a insolemment profité par la suite).

2. enlever la couche, et se taper subséquemment des kilomètres de culottes à caca à laxatif qu’elle finissait par faire en hurlant une fois tous les trois jours, et qu’il fallait alors laver dans le lavabo.

2 bis. légèrement échaudés, remettre la couche, et constater qu’elle n’y faisait bien caca qu’une fois tous les trois jours (et en hurlant).

3. discuter avec des gens qui avaient vécu le même problème que nous. Couper court parce que pour eux ça avait toujours duré plusieurs années, que ça avait été un enfer, et qu’ils ne comprenaient d’ailleurs pas pourquoi ça s’était soudainement arrêté.

4. tenter l’avis du public (nos parents). Ma mère en mode « shit or die » (tu n’as qu’à la laisser sur les toilettes et te barrer. Elle y reste trois heures s’il faut). La mère de mon mec, au contraire, tentant l’empathie dégueu (aparté sur skype : « tu sais ma petite chérie, moi aussi je fais caca »).

5. retour à la case départ, se contenter de lui faire ingérer des kilos de laxatifs, jour après jour après jour après jour.

6. tenter de se faire croire que c’était médical et pas psychologique (ça c’était mon mec, moi j’étais contre). Il a donc décidé que Nayla avait une fissure anale, et a acheté une crème qu’il fallait faire « pénétrer doucement dans l’anus ». J’ai unilatéralement décidé qu’elle n’avait pas de fissure anale et balancé la crème (le terme « fissure anale » suffisant à me dégoûter).

7. psychologie, niveau 1 : le nazisme du caca (« tu fais caca MAINTENANT ou tu vas dans ta chambre »).

8. psychologie, niveau 2 (suite à une longue lecture de Françoise Dolto + Laurence Pernoud) : se contenter de lui caresser les cheveux en lui disant qu’on l’aimait. Pas mal, mais insuffisant.

9. Et bien sûr ma préférée, la très longue phase « un chocolat pour un caca », où on a tenté de la récompenser. Et Nayla, hurlant à trois heures du mat parce que son corps, épuisé, venait de lui arracher un caca, nous disait en ouvrant seulement un œil « et maintenant, chocolat ».

Et voilà. Je fais partie de cette sororité de mères à caca : Je m’appelle X, et ma fille Nayla est constipée depuis sept mois.

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