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Hard times in New York Town

Evans-Pritchard sors de ce corps (private joke qui ne fera rire que moi, mais grassement)

L’anthropologie pour les nuls


Si vous souhaitez aborder la vie en anthropologue, ce qui ne sert à rien mais fait toujours chic, voici une petite to-do list gratos :

– de manière générale, utiliser des mots longs et grecs. Et quelle que soit la discussion, glisser l’air de rien un « la police en tant que pouvoir performatif ».

– penser aux termes « esthétique » et « contrôle » (avec le triple lutz piqué, esthétique du contrôle). Dire « représentation » avec l’air pénétré.

– trouver systématiquement qu’il faut repenser ce que dit l’interlocuteur (le fameux « reframing »). Ca marche hyper bien avec les termes susmentionnés : repenser la représentation, repenser l’esthétique. Mais comme ça ne veut rien dire, il sera préférable de rester dans l’asbstrait. On ne repensera pas les tickets resto.

– prendre l’air épuisé pour parler de sujet néolibéral. Le néolibéralisme épuise pas mal les anthropologues, qui profitent pourtant grassement du fonctionnement très néolibéral des universités américaines.

– Etre toujours plus tolérant que la personne en face de laquelle on parle, et s’offusquer du sous-texte raciste de n’importe quoi. Ca inclut soi-même, l’autoflagellation est très très bien vue. L’anti-racisme professé n’empêchera bien sûr pas d’aller faire du tourisme exotique dans des contrées lointaines.

– Enfin, il conviendra de citer Foucault à pleines brassées, et plein d’autres penseurs français ultra hypes aux US alors qu’en France, bof. En vrac : Fanon que je vous conseille sérieusement à tous, Barthes, Rancière, Derrida et même ce bon vieux Bruno Latour qui est totalement incompréhensible, même en français et même quand on le lit bourré. Et merde, on parle de l’exportation du luxe à la française, mais beaucoup trop peu des penseurs français tristes du 20e siècle qui cartonnent. ATTENTION : Sartre et Beauvoir c’est fini. So 70’s.

 

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