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Hard times in New York Town

Etranger pratiquant un seppuku à la suite de son septième séjour dans une infâme administration au sigle imprononçable

La vérité sur l’étranger


Loin de moi l’idée de pomper le chouette article de my tailor is an expat sur l’administratif et les expats, mais ce matin ma boite de réception cliquetait de joie parce que j’avais reçu un mail de l’Union des Français de l’Etrangers. Il contenait cet alléchant message « DFAE, AEFE, CFE … Du nouveau dans le monde des Français de l’étranger ». Dans le même temps, j’avais ENCORE reçu un email d’une copine qui s’esbaudissait sur mon formidable quotidien. Ce qui m’a donné envie de faire un petit point sur la question.

Dans l’imaginaire de mes amis, vivre à l’étranger ce serait visiblement à peu près :

1 être un peu tout le temps en vacances, et passer ses semaines à visiter des contrées sauvages, la serpe dans une main et Claude Levi-Strauss dans l’autre. Etre donc autorisé à prononcer sans rire, et en étant même crédible, des poncifs sociologiques style « le-progrès-ne-devrait-pas-exclure-la-fraternité-finalement » (certes. Ce genre de trucs fonctionne mieux au Venezuela qu’aux Etats-Unis. Mais on peut le tenter)

2 croûler sous les amis passionnants et polyglottes. Etre donc autorisé à faire du name dropping négligent (oui, avec ma copine Sarah, qui est sculptrice singapourienne, et ma copine Ioulia, qui est russe et gère un fonds d’investissement, on allait au yoga et puis …)

3 pour les parents : récupérer gratuitement des enfants bilingues, qui seront des acteurs convaincus du XXIème siècle. Etre donc autorisé à se plaindre parce que sa petite fille mélange un peu l’espagnol et le russe, à force.

4 avoir un niveau de vie de maboule, parce qu’on a beau être bobo, c’est quand même chouette d’avoir une femme de ménage, une cuisinière, un 90 m2. Mais être prié de ne pas trop la ramener, et en particulier éviter de soupirer sur le clapier qu’on a quitté à Paris parce qu’il faut pas déconner, il y a des limites à l’amitié.

5 en résumé : lever les yeux frits de Carrie dans Sex and the City sur son fascinant univers.

Parfois, effectivement, c’est comme ça (sauf pour le coup du niveau de vie, jamais vu la couleur). Mais parfois non. Mon post étant déjà trop long, je laisse à plus tard mes arguments, mais voici déjà l’imparable plan de « pourquoi, parfois, vivre à l’étranger c’est pas la fête » :

1. Etre à l’étranger, ça rend loin.

2. Etre à l’étranger, ça rend seul.

3. Etre à l’étranger, ça rend con.

4. Etre à l’étranger, ça rend geignard.

 

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2 Commentaires

  •    Reply

    T’en as oublié un : Etre à l’étranger ca coûte cher

    Et sinon, tu n’as pas pris contact avec Valérie B qui habite NY depuis qq années ? avec ses 2 enfants nés à NY. Je sais qu’il peut y avoir le snobisme du « moi je ne fréquente pas de français, je préfère les locaux » mais de temps en temps ça fait du bien de voir des têtes connues.

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