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Hard times in New York Town

La gueule de bois.


Tout n’est pas plié mais ça y ressemble bigrement (« bigly », comme il dit).

Tu as le premier moment où tu dis 37 fois putain devant ton ordi.

Le deuxième moment où tu te dis que ce pays déconne de toute manière à plein tubes, que ça n’est pas possible d’admettre tant d’inégalités, et que finalement un vote tellement « disruptif » est peut-être un bon moyen de donner un coup de pied dans la fourmilière et donc après tout pourquoi pas.

Le troisième où tu te dis qu’en tant que femme, en tant que féministe, en tant qu’être humain, tu sais déjà que le mec va commettre des dommages sociétaux et « raciaux », irréparables, et là tu te remets à bouffer tes doigts devant ton ordi en répétant 37 fois putain.

Le quatrième où tu te demandes si tu n’es pas Marie Antoinette dans sa tour, qui observe une triste révolution du haut de sa mignonette fenêtre New York Times. Tu te demandes si tu as même le droit de discuter de ça, du vote populaire, du Brexit ou du traité de paix colombien alors qu’au fond, « le peuple » américain, ses peurs et ses galères, tu n’y connais rien, et s’offusquer sur Facebook avec tes petits copains qui pensent comme toi ne va pas te mener bien loin.

Et en filigrane, les éternels débats à la con des étrangers dans un pays dont la politique devient tendue, si-c’est-comme-ça-je-me-casse-au-Canada (le serveur pour se barrer au Canada a planté). C’est là que Baudelaire a du panache.
« Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste »

J’en suis là.

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2 Commentaires

  •    Reply

    tiens truc marrant ce matin; j’ai cru que c’était hillary qui était élue. pour ma défense j’écoutais la radio danoise et comme je ne suis qu’un sale étranger mal intégré mon niveau de maîtrise de la langue et carrément nul. du coup j’ai compris je cite « hillary a gagné avec une large avance ». je suis retourné manger mes corn flakes et j’ai dit à mon mâle d’un air débonnaire: « bah voilà, ça servait à rien de s’inquiéter hein ». sans m’interroger sur le ton délibérément gloomy du présentateur radio.
    quelle n’a pas été ma surprise donc!
    du coup je suis partagé entre a) l’angoisse (on va tous mourir, ça va être la 3e guerre mondiale etc) b) l’envie d’en avoir rien à foutre (si les américains veulent se tirer une balle dans la pâte, qu’ils le fassent). c) en filigrane, mon côté troll qui ne peut pas s’empêcher de trouver ça un peu rigolo (de toute façon si les démocrates avaient accepté d’investir bernie on en serait pas là)

    •    Reply

      marrant le quiproquo. tu t’es sentie comment quand tu as réalisé ? ouais les américains sont au taquet sur Bernie, mais un peu tard. c’est un moment un peu marrant et un peu accablant à vivre … on va voir en France ! du coup j’ai l’impression que les pronostics politiques sont devenus un nouveau jeu (puisque les sondages sont pas fiables, on se sent un peu comme si on misait sur des juments « non mais si regarde le poil à Juppé »)

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