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Hard times in New York Town

Image destinée au support power point d'une conférence de l'ONU en 1832 sur le droit de vote des femmes

La conférence de l’ONU


Tu finis par te trainer à une conférence de l’ONU sur les droits des femmes. C’est un sujet qui t’intéresse, c’est gratos, et puis ton copain Greg t’a dit que c’était un vivier de gens intéressants et qu’il fallait que tu réseautes un peu, merde.

Tu te retrouves à huit heures du matin dans les locaux affiliés à l’ONU, le ventre vide, avec une incertitude poignante quant à la qualité de ton haleine. Du coup tu inhales studieusement, tu prends garde à ne respirer que par le nez, et tu ne parles à personne (note pour plus tard, toujours prendre des chewing gums quand on veut réseauter).

Tu constates que l’assemblée est constituée exclusivement de femmes, auditoire comme conférencières. Tout le monde hoche vigoureusement la tête à la lecture de données statistiques désespérantes vraisemblablement d’ores et déjà connues de tous.Tout le monde lève le poing à la fin du discours sur l’application du droit des femmes. Galvanisée, tu fais pareil, et tu es sincère. Tu réfrènes un soupir de soulagement tout aussi sincère quand tu entends que les hommes ne sont pas seulement des rivaux.

L’éclectisme des citations est un peu hallucinant : poètes philippins, immédiatement suivis d’une citation de Margaret Thatcher, applaudie avec autant d’entrain.

Au bout d’un moment, tu finis par t’interroger sur le bien fondé de ce type de conférences puisque le public bosse dans les droits des femmes, donc c’est bon, ils sont déjà bien convaincus que les violences faites aux femmes, c’est mal.

Greg dit que tu te plantes complètement d’enjeu, que c’est un auditoire dingue, l’occasion de faire du networking comme jamais, que tout le monde est là, que c’est super en terme de recherche de fonds et qu’en fait le contenu ben on s’en carre.

Tu n’arrives pas trop à déscotcher de la chanson de Bernard et Bianca « SOS société nous sommes là pour vous aider ».

Entre deux conférences, tu cours t’acheter un paquet de muffins +  chewing-gums pour gagner l’angoissant combat avec ton haleine (et accessoirement mon estomac).

Rassérénée, tu retournes à une conférence sur la relation entre migration et droits des femmes. 

Désormais bright et à fond,  tu regardes tes voisins avec l’œil de l’oiseau de proie « file moi ta carte de visite ». Mais avant que tu aies pu foncer sur qui que ce soit, une très jolie fille te prend à partie. Au bout d’un moment, tu constates, amusée, qu’elle est elle-même en train de tenter du networking sur toi. Wrong number ma fille. Tu la laisses docilement te filer sa carte de visite. A l’arrière, il est inscrit « Currently studying Politics, English and Theatre Studies ; Passionate about women’s rights, particularly within sport and allowing equal opportunities for both men and women ; Striving for gender equality” (étudiante en politique, anglais, théâtre ; passionnée de droit des femmes, en particulier dans le sport et sur l’égalité des opportunités homme-femme ; en lutte pour l’égalité des sexes”). Elle parle, parle, puis finit par te laisser, un peu déconfite par l’absence de carte de visite donnée en retour.

Il est 16h, il faut aller chercher les filles.

Tu n’as pris la carte de visite de personne d’autre. 

Mais tu es allée à une conférence de l’ONU sur les droits des femmes.

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