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Hard times in New York Town

Gynéco et son assistante (au premier plan). Patient terrassé par son rendez-vous (au second plan).

Der toucher rectal


Avant même le premier RDV avec ma gynéco, j’ai répondu à trente pages de questionnaire obligatoire. J’ai un faible pour les questions-en-cascade-qui-filent-la-pêche. A combien d’enfants avez-vous donné naissance ? Combien d’entre eux sont morts-nés ? Combien d’entre eux sont vivants à ce jour ? combien d’entre eux présentent des anomalies ? de quel type ?

Ensuite, je rencontre enfin ma gynéco. J’ai mis mes jolies chaussures tellement je suis intimidée. Elle me repose les questions médicales classiques, appuyées d’adjectifs attendus sur la grossesse. C’est tellement merveilleux – félicitations – quelle heureuse surprise. Elle doit dire ça 3 fois par jour depuis 30 ans, elle est rodée sur le vocabulaire mais le ton monocorde semble indiquer un léger manque d’enthousiasme.

Je m’apprête à me faire ausculter, avec petit drap ridicule pour masquer cette nudité qu’un médecin en saurait voir (mais devra bien palper). Quand soudain, aux Etats-Unis, ce pays des bisounours, la gynéco me balance « et maintenant, on va regarder comment ça se passe derrière », et paf, une nano-seconde plus tard … Toucher rectal. TOUCHER RECTAL.
Je suis hallucinée. C’est d’une extrême violence, qui ne cadre pas du tout avec l’habituel et très sucré « vous voulez un chaperon quand on fait votre échographie ». Du coup, ma première pensée est pour mes cours de droit : ce qu’elle vient de faire correspond parfaitement à l’élément matériel du viol dans sa définition française : acte de pénétration commis, en l’occurrence, par surprise.
J’envisage de la menacer de poursuites pour couvrir le prix de l’accouchement.

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