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Hard times in New York Town

Peinture du XIXème siècle représentant deux hommes en portant un autre dans un décor exotique

de la nécessité du féminisme, en deux froissements


Mon mec et moi avons rendez-vous à la banque.

Premier froissement : le banquier serre la main à mon mec avec un « hi » chaleureux ; je n’ai droit ni à l’un, ni à l’autre. Je finis par tendre la main en souriant froidement. Le banquier la serre avec un sourire confus.

Deuxième froissement : nous sommes soumis l’un, puis l’autre, à un interrogatoire semi-paranoïaque classique. Mais lorsqu’il me pose la question « pour qui travaillez-vous », le banquier répond de lui-même :  « so you’re unemployed » (vous n’avez pas d’activité professionnelle). Rien dans la conversation qui a précédée ne lui permet de faire ce genre d’assertions ; et la banque ne dispose à ce stade d’aucune information concernant mon activité professionnelle. Cela m’agace tant, que je rétorque vertement que non, j’ai ma boite et je travaille en free-lance, ce qui est un semi mensonge.

On finit l’interrogatoire, et le reste, puis on sort de la banque. Je me fais gentiment remonter les bretelles par mon mec qui a constaté le semi-mensonge : « non mais c’est pas grave tu sais, de ne pas encore officiellement travailler, pourquoi tu montes si vite sur tes grands chevaux ». Je lui explique les deux froissements. Il ne s’était rendu compte d’aucun. Pire, IL NE COMPREND PAS, putain.

MA MICRO-DETRESSE OUATEE TROUVE EN PARTIE SON ORIGINE DANS LA PERTE DE MON STATUT SOCIAL : JE N’EXISTE PLUS QUE PAR LUI ET PAR NOS ENFANTS. Ne sachant trop comment l’expliquer sans le hurler, je l’ai envoyé écouter un peu Chimamanda Ngozi Adichie.

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