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Hard times in New York Town


vie


Retirez-moi donc cette jupette, Jean-Yves (BD promouvant le nudisme chez les Mainois, 1832)

Moment bizarre #144


On rentre de vacances paradisiaques dans le Maine. Alors le Maine :

– C’est beau, très vert, avec des côtes magnifiques et sauvages (je sais, je suis à chier en style « lonely planet »).

– C’est là que sont produites  les bottes de neige les plus stylées du monde.

– C’est la patrie du homard, sauf que le homard du Maine n’est pas traité avec beaucoup de délicatesse ; l’idée est plutôt de s’en bâfrer en lobster roll, voire en lobster mac and cheese (mac and cheese : LE plat familial américain : macaronis and mauvais cheese). Moralité : derrière l’apport hebdomadaire recommandé en lipides, tu sens vaguement poindre un goût de crevette.

– les gens sont hallucinamment naturels, sympas et souriants.

Et d’ailleurs.

Un jour, dans un café, on engage une conversation avec notre voisine de table ultra cool, dotée de deux filles de l’âge des nôtres. Rapidement elle dit « tiens, mais venez diner ce soir ». On dit à fond et on se pointe donc le soir même chez cette quasi inconnue avec une bouteille de vin qui pique.

Et les deux gamines sont parfaitement nues, en train de manger des nectarines debout sur leur chaise en se grattant les fesses (lesdites fesses étant exactement à hauteur de la table). La mère est habillée.

Mon mec se barre au fond du jardin à la vitesse du lézard traqué. Je note avec un détachement savamment étudié « oh ! des petites filles nues ». Après je me dis que je suis débile d’en faire un malaise. Après on reprend la conversation du matin, notre hôte étant toujours aussi sympa. Et après je finis par oublier que les gamines sont à poil.

Pile au moment où mon mec revient enfin en trainant les pattes, l’ainée débute une sorte de danse des fesses incluant, comment le dire poliment, un vigoureux raclage de ses parties génitales. Mon mec me coule son regard « tirons-nous d’ici » numéro 2. La mère : « ah, oui, elle est obsédée par son vagin en ce moment ».

Et c’est eux les puritains.

Jeunes accouchées ayant dû vendre leur TShirt pour payer l'hôpital (affiche de l'association pro-accouchement gratuit, 3600 avant JC)

L’hôpital américain sonne toujours un paquet de fois


Subir une opération aux US, c’est à peu près comme être un lycéen amoureux en 1996 : je scrute l’arrivée du facteur le coeur battant.

Sauf que maintenant, j’attends des factures.

Délicieux frissons d’incertitude : peut-être que l’anesthésiste est couvert par l’assurance – mais peut-être que non. Au sein d’un même hôpital, l’anesthésiste A peut accepter mon assurance, mais pas le B (pareil pour l’hôpital, le pédiatre pour le bébé, et les-autres-services-dont-j’ai-eu-besoin-sans-même-le-savoir). C’est une sorte de jeu dont vous êtes le héros, mais en version pas marrant.

Avant d’accoucher, un peu effrayée de devoir hypothéquer jusqu’à ma dernière couronne dentaire, j’avais donc appelé mon assurance. A la question tremblante « mais entre 500 et 50.000 dollars, je vais en avoir pour combien, en gros », sachant qu’à ce stade on ne savait pas quelle serait l’envergure des soins nécessaires et quels services interviendraient, on m’avait logiquement répondu « ben no idea ».

Dans le doute, une fois sur place, j’ai donc consciencieusement lapé chaque plateau repas jusqu’à la dernière barrette de cream cheese ; j’ai collé le bébé à la nursery toutes les nuit ; et j’ai shourré les brosses à dent jetables. Toujours ça de pris, comme le grommelle ma maman en embarquant de manière systématique l’intégralité des buffets « all you can eat ».

La première facture m’a été envoyée un mois après mon retour à la maison : anesthésiste, 139 dollars après assurance. Une paille. J’ai ensuite reçu en pagaille des nouvelles du pédiatre, de la gynéco, du labo et du « service pharmacie ». J’en suis à quatre factures ; il est possible que j’en reçoive encore dans six mois. D’ores et déjà, je peux vous indiquer avec fierté qu’avant prise en charge par l’assurance, la nursery coûte 12.000 dollars, soit pas mal de nuits au Ritz pour le brand new baby, mon propre séjour se montant à 35.000 euros (toujours avant assurance).

Tout ça donne l’impression réjouissante que malgré les asticots, j’ai vécu une expérience grand luxe.

Merci pour le chocolat

Manger gras, c’est manger sain (ou : le syllogisme à l’américaine)


Il y a deux semaines, j’ai repéré pour la première fois dans la cuisine de mon ONG des espèces de fiches nutrition. Chouette, me suis-je dit, je vais apprendre des trucs. J’ai lu attentivement les fiches sur deux semaines de suite. Chaque semaine, un aliment. Et comme d’hab, j’ai beau être de mauvaise foi, je n’ai rien piraté ou truqué, promis.

– Semaine du 4 avril : les fraises. Ca commence sur un topo sur la fraise, nutriments tout ça. Ensuite on en arrive au point intéressant: « recettes saines de la semaine : le saviez-vous ? les saveurs et les couleurs des fraises sont rehaussées par le vinaigre balsamique. Pour un dessert fabuleux, parsemez vos fraises de vinaigre balsamique, puis servez avec une boule de glace à la vanille ».

– Semaine du 11 avril : les tomates. Topo sur la tomate. Puis : « recettes saines de la semaine : le saviez-vous ? Les tomates cuisinées à l’huile ont une teneur en lycopène (?) supérieure aux tomates crues. Une sauce tomate riche contenant de l’huile d’olive constitue donc un choix sain ».

Ceci ne ressemble finalement pas à un séjour à l'hôpital américain. Et pas de homard, bordel.

Testé pour vous : l’accouchement aux US


Il était donc franchement inutile de me payer une troisième césarienne uniquement pour jouer les sociologues en herbe : accoucher aux US et en France, c’est pareil.

Même procédure, mêmes précautions, même personnel soignant que tu vois flou parce que tu es éclaté, mêmes plateaux repas pas géniaux (mais bien plus copieux ici). Les différences, minimes, sont attendues : oui tu signes plus de documents du style « l’hôpital ne saurait être tenu responsable en cas de », oui les gens manifestent plus d’enthousiasme apparent devant ton bébé, et oui, tout ça te coûtera beaucoup plus cher.

Mon moment trippé restera cet instant où, ayant remarqué coup sur coup trois asticots dans ma chambre d’hôpital tout chic (des vers un peu dégueu, je ne connais pas la dénomination scientifique mais enfin des trucs que, dans l’idéal, tu imagines loin d’un bébé (et accessoirement pas dans un hôpital américain)), et ayant signalé la présence desdits asticots au personnel soignant, j’ai cru un instant avoir un boulevard « Erin Brokovitch » devant moi : j’allais subir énormément de pressions pour me taire, et on m’offrirait de signer des transactions juteuses pour que je ne dénonce pas publiquement ce scandale sanitaire susceptible d’aboutir à la fermeture de l’hôpital. J’étais quasi en train de préparer mes plus belles phrases de lawyer dans ma tête.

En fait pas du tout, après un instant de panique et à ma grande stupéfaction, ils ont fait ce que j’appellerais « gérer à la française » : ah ouais ? ah ok. On va relaver la chambre alors.

Lorsque l'enfant paraît (le photographe déboule)

Un article pour une naissance


Ce post a été finement écrit le 7 avril, mais post publié pour le D-day.

A l’heure où vous lirez ce post, j’aurai accouché de mon troisième bébé.

Je serai probablement dans l’état un peu comateux des jeunes accouchées (je sais, on dit « parturiente« , mais c’est si laid …) très pâteuse, très heureuse, débordant d’émotions habituellement contradictoires et de sécrétions dégueu diverses. Comme pour mes deux précédents accouchements, je passerai sûrement en en une nanoseconde de l’abattement à des états de transe un peu effrayants, à la grande perplexité de mon pauvre mari qui ramera pour raisonner l’irraisonnable, et tentera gentiment d’endiguer les rivières de larmes qui ne manqueront pas de couler pour des motifs majeurs style « je ne retrouve pas le body que Charlotte portait quand elle était petite ». En tout état de cause, je serai sûrement incapable d’écrire un post, ou un texto, et peut-être même d’épeler mon prénom.

Je ne sais pas grand chose de plus.

Je sais que j’ai perdu la  guerre, le bébé ne s’appellera pas Rosalie si c’est une fille, pas Yann si c’est un garçon. Je propose donc par vengeance, de l’appeler sur ce blog Rosalie si c’est une fille, et Yann si c’est un garçon.

Je sais qu’on m’a raconté que les hôpitaux américains proposaient du homard et du champagne. Ca ressemble à une légende urbaine, mais j’y crois dur comme fer.

Je sais qu’accoucher aux US va forcément être un peu marrant, et un peu consternant.

Je sais que je vais mettre quelques jours (ou semaines), à retrouver l’énergie suffisante pour faire du sarcasme là-dessus.

Je sais que je préfère vous épargner les posts « mon bébé ma merveille » parce que je trouve souvent ça d’affreusement mauvais goût.

Je suis reste néanmoins convaincue que mon bébé est FORCEMENT une merveille, sauf si comme Nayla ET Charlotte il fait la crise d’acné du nourrisson la plus flippante jamais observée par les dermatologues.

Et bordel, JE SAIS SURTOUT QUE CET ENFANT AURA UN PASSEPORT AMERICAIN ET C’EST LA FREAKING CLASSE.

A vite !

Publicité pour le restaurant "Cléopatra" : vous serez seins nus, vous serez séduits.

Petit séjour au restaurant


Dans la catégorie « pareil / pas pareil », je demande : le restaurant. Attention, des précisions scientifiques s’imposent (et puis ça fait toujours chic) : la comparaison sera établie entre les restos new-yorkais et leurs homologues parisiens sur un échantillon représentatif de juste moi.

LE RESTO A NEW YORK : PAREIL QU’EN FRANCE

– Le concept branchouille : « bistronomie » se décline ici en « farm to table ». C’est à mon avis d’ignare la même idée « proximité rassurante ».

– La déco : les restos parisiens pompent allègrement sur leurs copains new-yorkais le côté brut / on est trop cool et on a une barbe / bois-ton-eau-dans-un-bocal-en-admirant-l’arrangement-« fleurs des champs »-et-en-regardant-le-chef-travailler-par-la-fenêtre-transparente. Une copine bien renseignée m’a dit que je me fourvoyais et que depuis l’avènement du fooding, c’était au contraire New York qui imitait Paris. Mais bref, c’est pareil.

LE RESTO A NEW YORK : PAS PAREIL QU’EN FRANCE

– L’offre : sur-pléthorique. Drame subséquent : le choix du resto te fait systématiquement perdre la moitié de ta journée, même quand tu n’as rien à carrer, parce que tu dois traiter les trente emails « choix du resto ». Ici, un snobisme épuisant colle à chacun la rage de dégoter le restaurant qui vient d’ouvrir / qui propose de la cuisine d’un pays inconnu / qui met en place un nouveau concept (les concepts me gavent). Explication sociologique de haute tenue : les gens viennent de partout, sont plutôt aisés, invitent peu à diner chez eux, ont une vie sociale de dingue, et « datent ». D’où : la blinde de restos. A Paris, j’ai l’impression qu’on échoue plus facilement au resto du coin, et que c’est même plutôt bien vu d’avoir un « rade » officiel.

– Les vins : souvent mauvais. Encore plus étrange, il y a des restos où tu peux débarquer avec ton propre vin.

– Le service : une hiérarchie incompréhensible empêche de commander tes plats à la personne qui te place à table, ou à celle qui te sert l’eau. Il y a visiblement 18 fonctions différentes ultra-précises dont toutes m’échappent. Mais se planter sur « qui fait quoi » te vaut pas mal de mépris.

– Le service (bis) : les serveurs sont trop sympa (alors qu’à Paris, ils sont, n’est-ce pas, légendaires, les new-yorkais n’en reviennent jamais). Mais sans vouloir critiquer les bons côtés, ici ils sont souvent trop, « trop sympa ». Tu n’as pas encore mis ta première bouchée dans ta fourchette qu’on te demande « ça va ? tout va bien ? c’est bon ? » et le mec passe tout le diner à se dandiner à côté de toi en répétant « everything all right ? » à peu près comme Nayla quand elle veut faire pipi. Tu finis toujours par avoir envie de lui caresser les cheveux en disant « tout va bien mon grand ».

– L’eau : dès que tu bois une gorgée d’eau on te ressert fébrilement. Si rapidement, que la première fois j’ai cru que le mec avait un TOC.

– Le pourboire : il faut donner entre 15 et 20%, mais hors taxe, et post addition (que ça t’ait plu ou non, ce que mon radin de père a eu du mal à comprendre). Il est donc impossible de passer moins de 7 minutes sur le « 17 ? non, 13,5. Attends, je sors mon smartphone ».

– Bon, et je fais ma bégueule, mais en vrai : je n’ai jamais mangé aussi souvent « bon, varié et pas très cher », que depuis que je suis à New York.

Femme enceinte ayant décidé de se faire remarquer

Comment avoir l’air cool quand on part perdant (et qu’on dépasse les 80 kg)


Vendredi dernier on était à l’anniv d’une copine américaine hype, avec ses potes hype, dans un bar hype. L’après midi, j’avais croisé mon gros corps dans la glace, et je m’étais dit que pour être à la hauteur ça allait être tendax. En fait, j’avais oublié qu’ici, apparaître très enceinte dans un bar est déjà quasi subversif. Qui plus est, sans me vanter j’ai à mon avis passé haut la main les étapes suivantes :

– penser « Whitney Houston » au moment de la sortie du taxi et de l’entrée dans le bar (même si tu as passé l’intégralité du trajet en taxi à dire à ton mec que Dieu t’a pour l’instant filé les crampes et les brulures d’estomac de grossesse, mais épargné les hémorroïdes, et qu’au total tu le remercies)

– lever un sourcil condescendant auprès du serveur incrédule (en t’étant préalablement assuré de la présence d’un public) : de l’alcool, dans mon blood orange mango mojito ? « but of course » ! (juste après, on m’a dit « you’re so French », j’ai décidé que c’était un compliment (ça ne l’est pas toujours))

– quand la musique commence, foncer sur la première danse. Tu n’auras pas d’autre occasion, puisqu’à 22h30 chrono, ton corps s’éteint tout seul. Donc vas-y vite, d’autant que tout le monde regarde la birthday girl (et toi, par force, tu fais le triple de son volume, tu es donc nécessairement dans le champ). Entrainer ton mec qui n’a pas d’ailleurs spécialement envie d’être associé à ce désastre. Puis dire adieu à tes lombaires, et sauter et tourbillonner 3’35 chrono.

Voilà comment, à 22h45 (heure du coucher + 15 minutes), tout le monde voyait très très bien qui j’étais. J’ai salué la foule, petit geste de Kate Middleton, et gagné mon taxi avec la satisfaction du devoir accompli.

Puis j’ai passé le week-end à m’en remettre.

Yeah Cléo, wanna hear about my problèmes de riche ?

L’héroïsme pour les crétins


Avec mon mec, on a un travers : on est accro aux « oh la la, vous avez une énergie de fou, mais comment faites-vous ». De temps en temps, je me dis que c’est uniquement pour ça que depuis qu’on s’est rencontrés, on a multiplié les faux plans, les déménagements, les gamins, et plein d’autres trucs bien débiles : la pseudo admiration de nos pseudo copains nous fait saliver de satisfaction comme le chien qui a bien renvoyé sa baballe.

Dernière trouvaille foireuse en date : le WE prolongé à Washington à plus de 8 mois de grossesse. Mais le prix à payer pour quelques « ah, dis-donc t’as la pêche » clairsemés est assez élevé. Voici donc une synthèse  » faire du tourisme très enceinte ».

Contractions : 9h de route aller-retour dans une voiture inconfortable = c’est gagné, ton ventre est en béton armé pour le WE.

Remontées gastriques (ouais, c’est un post sur la grossesse, personne n’a dit que ce serait glamour) : mixer WE de Pâques (= orgie chocolat) et stations assises trop nombreuses (cf paragraphe précédent) = c’est l’acide sulfurique dans ta trachée.

Entrave des mouvements : faire les malins, mépriser les plans, et se dire qu’on trouvera bien la maison blanche + la confondre avec le Capitole (=méga honte pour tout fan de house of cards) + la chercher comme un gland en s’engueulant avec ton mec + devoir finir par demander à un flic « euh sorry, where is the white house » (re la honte) = bouffer en une demie-heure ta capacité « marche à pied » de la journée.

Insomnie : dormir dans la même chambre d’hôtel que ta famille + te réveiller à 3h du mat, pétant la forme (classique de fin de grossesse) = lire assis sur la baignoire le dépliant « on est trop éco friendly » de l’hôtel jusqu’à 7h du mat.

Désagréments divers : 1. courir tout le WE de station sanisette en station sanisette. 2. aller diner chez des copains, et rentrer piteusement à 22h, épuisé, le ventre dur comme le mur de Berlin. 3. te faire gratos une petite frayeur au retour « putain je vais accoucher à Centreville, Delaware et il reste 7% de batterie sur mon tél ».

la victoire du jour


Aujourd’hui pour la première fois depuis au moins 7 RDV, ma gynéco ne m’a pas dit que j’étais trop grosse. Si vous me cherchez, je suis au café du coin en train de me gaver de chocolate chip cookies pour fêter ça.

Jeune française courageusement parvenue à créer un trend sur le bonnet chouquette

Martine, crevarde de la fashion


Présupposé : La française en goguette est par principe censée « incarner l’élégance à la française », comme il l’est dit dans les mauvais magazines. Ca marche à New York, mais ça marche en fait partout.

Comment te sentir à l’aise avec ce phénomène ? c’est bien simple.

Option 1 : tu es française et tu es trop contente de surfer sur la vague « ouaouh comment t’es trop chic » : 

– omets de préciser que tu viens de Cesson-Sévigné. C’est bien connu, toutes les françaises sont parisiennes.

– quand on te fait un compliment sur une fringue, prends l’air languissant en balançant une marque française inconnue …. ou minimise à dessein « ce vieux truc ? ah Zara ! », ton interlocuteur se sentira un caca vermoulu devant toi, l’icône fashion qui donnes un aspect couture à tout, tout, tout.

– ne limite pas sottement ton vestiaire à l’uniforme petites robes noires / rouge à lèvres. Non non, sens-toi une vocation de passionaria : ose, et réhabilite les oubliés de l’élégance (qui de toutes façons, cartonnent probablement au fin fond de Red Hook) : Birkenstock, jupes culottes, sac banane, petits sacs en plastique transparents qu’on met sur la tête quand il pleut. Oublie que tu t’es fait ostraciser par ta classe de 4e parce que tu étais moche et fringuée comme une vieille. Aujourd’hui tout est permis.

Option 2 : tu es française, et tu as décidé de lutter contre les stéréotypes

Bon déjà tu es bien bête, parce qu’il faut toujours prendre les bons stéréotypes, il n’y en a pas tant que ça (et quels que soient tes efforts tu n’arriveras pas à lutter contre les mauvais et passeras forcément pour une pimbêche arrogante (mais romantique) comme toutes tes compatriotes).

A ma connaissance, une seule solution : deviens enceinte. N’hésite surtout pas à friser la barre des 80 kilos, et habille toi de manière rigoureusement identique tous les jours, de préférence avec des fringues mi-Gap, mi-le père Noël est une ordure. Attention, c’est une science, mais le résultat est garanti : plus personne ne t’emmerdera. Au niveau capillaire, je conseillerais l’aspect pas coiffé du tout (pas « savamment décoiffé », non non, vraiment le truc canin, dont la représentation la plus convaincante à l’écran reste notre héroïne à toutes : Britney Spears dans Womanizer).

Option 3 : tu es français

Tu n’es donc pas concerné. Le stéréotype de l’élégance à la française ne fonctionne qu’au féminin. Pour les mecs, ça marche uniquement chez les italiens (pâmoison sur le combo brillantine / costumes étriqués) ou les anglais (pâmoison sur le tweed).