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Hard times in New York Town


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Tristes trumpismes


Un jour j’ai commencé une série d’articles sur le fait de vivre à l’étranger. On se sent loin, on se sent souvent con. Et parfois, très très seuls.

On est à presque J+1 semaine de l’élection de Trump. Mes copains français ont recommencé à poster des photos de chats ou de vacances exotiques sur Facebook. Mais aux US, le monde est toujours suspendu.

A la sortie des écoles et au parc, les parents ont toujours le visage ravagé. Les américains réagissant vachement à l’émotion, il n’est pas rare de voir des passants en larmes. Sur la 5e avenue, la Trump tower est barrée de cordons de sécurité qui obligent à faire un détour d’un quart d’heure plutôt que de passer devant. Les timelines Facebook des américains explosent sous les micro-débats politiques d’habitude quasi inexistants aux Etats-Unis. D’ailleurs c’est marrant, le point godwin du trumpiste n’est visiblement pas le nazisme mais « acheter des armes est mon droit de l’homme ». A Columbia, les étudiants font du Columbia, c’est-à-dire qu’ils protestent et organisent des grands amphis pour débattre du fait qu’ils vont bientôt redébattre. J’ai été ajoutée à un groupe Facebook secret « pantsuit nation », où la moindre photo d’un fromage sculpté en forme de H comme Hillary est saluée 56.000 fois. Tout le monde se prend dans les bras dans le métro 1, en oubliant opportunément que Trump fait 37,5% du vote new-yorkais donc l’argument « les fermiers du midwest, ces gros débiles » fait long feu.

L’Amérique s’est pris un train dans la gueule, et ne sait pas vraiment l’appréhender autrement qu’en termes de fin du monde. Il est rigolo qu’elle ne puisse l’appréhender autrement qu’en termes de débats sur Facebook + protests, mais les engagements politiques viendront peut-être plus tard, après la stupeur.

Moi, je fais ma maligne mais je ne dors plus depuis une semaine. Je ne sais plus quoi penser, je ne sais plus dans quel espace me situer. Je ne sais plus si j’ai raison de ne pas dormir. Mais je sais que je réagis comme une américaine beaucoup plus que comme une française. J’ai brusquement adopté mon pays d’adoption la semaine dernière, et je ne sais pas encore trop quoi faire de cet encombrant cadeau.

Promis, la prochaine fois on parle de gamins qui font pipi dans leur culotte à Central Park.

La gueule de bois.


Tout n’est pas plié mais ça y ressemble bigrement (« bigly », comme il dit).

Tu as le premier moment où tu dis 37 fois putain devant ton ordi.

Le deuxième moment où tu te dis que ce pays déconne de toute manière à plein tubes, que ça n’est pas possible d’admettre tant d’inégalités, et que finalement un vote tellement « disruptif » est peut-être un bon moyen de donner un coup de pied dans la fourmilière et donc après tout pourquoi pas.

Le troisième où tu te dis qu’en tant que femme, en tant que féministe, en tant qu’être humain, tu sais déjà que le mec va commettre des dommages sociétaux et « raciaux », irréparables, et là tu te remets à bouffer tes doigts devant ton ordi en répétant 37 fois putain.

Le quatrième où tu te demandes si tu n’es pas Marie Antoinette dans sa tour, qui observe une triste révolution du haut de sa mignonette fenêtre New York Times. Tu te demandes si tu as même le droit de discuter de ça, du vote populaire, du Brexit ou du traité de paix colombien alors qu’au fond, « le peuple » américain, ses peurs et ses galères, tu n’y connais rien, et s’offusquer sur Facebook avec tes petits copains qui pensent comme toi ne va pas te mener bien loin.

Et en filigrane, les éternels débats à la con des étrangers dans un pays dont la politique devient tendue, si-c’est-comme-ça-je-me-casse-au-Canada (le serveur pour se barrer au Canada a planté). C’est là que Baudelaire a du panache.
« Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste »

J’en suis là.

Marathonienne hébétée, éventée par une groupie admirative (marathon NYC - 2640)

mais YEAH quoi


I did it man. Je ressemblais à un phoque mort à l’arrivée mais je m’en foutais, j’étais trop contente de l’avoir fini. Contrairement aux prédictions de mon copain Vincent, mon pancréas n’est pas tombé devant moi à Harlem.

Pour le sarcasme, désolée les gars mais on repassera : j’étais terriblement premier degré pendant tout le parcours. J’ai failli chialer à plusieurs reprises, je tenais la main des gentils enfants venus nous encourager sur le bord de la route, j’étais contente d’avoir mon poncho de finisher et ma médaille.

Et puis il faut quand même le dire : c’est un truc de maboule. Le Verrazano bridge, le beau temps, les blagues des gens sur le parcours (« if Trump can run so can you »), la vue sur New York comme tu ne l’as jamais vu, la camaraderie entre coureurs (moi j’appelle ça la célébration collective de l’effort individuel). Et puis visiter « autrement » et d’un coup, tous les quartiers de NY : le bas Brooklyn indien et hispano, le milieu Brooklyn avec les juifs hassidiques qui ont l’air trop saoulés d’attendre que l’intégralité du marathon soit passé pour pouvoir traverser la route, le haut Brooklyn hyper hipster avec clairement les gens qui rentrent de soirée et se demandent quel est ce bordel, le Bronx plus black et Manhattan où c’est le bordel avec la terre entière qui hurle avec toi. Dans tous les quartiers, des odeurs de resto et des gens qui hurlent pour toi et ont l’air de trouver que tu es Obama parce que tu cours un marathon (et moi j’ai bien aimé avoir l’impression d’être Obama).

Sur les pancartes d’encouragement, beaucoup de blagues sur la présidentielle, beaucoup d’ironie « magnez vous, porter cette pancarte me tue », ou « magnez vous, on est retard pour le brunch ». Sur les TShirt des coureurs, pas tellement de politique, mais beaucoup de drapeaux de plein de pays.  Et beaucoup de bonnes oeuvres (ensemble on va tuer le cancer / ensemble on va tuer Alzheimer / et moi j’avais un T-shirt charity aussi donc je la ferme direct).

Voilà les amis : j’ai pris un bus Greyhound, j’ai couru le marathon de New York, j’ai fait un bébé américain. Je pense que maintenant je peux me casser (surtout si Trump passe, fingers crossed putain).

Marathonien dopé emporté par la NYPD sous les huées de la foule , circa 2640 BC

Demain, dès l’aube …


Je cours enfin ce satané marathon dont je parle depuis des plombes.

Evidemment, j’ai mes règles, un vague rhume et je me suis flingué le dos avant-hier soir. Je me demande si c’est pas mon corps qui prépare ses arguments au cas où il me lâcherait en cours de route.

Evidemment, dire que tu cours le marathon c’est une fois encore polir tes préjugés sur les américains et les français. A quelques exceptions près, mes copains français s’en carrent poliment, ou alors me trouvent complètement con (mon copain Vincent, ce salopard qui m’a pourtant initiée à la course, m’ayant d’ailleurs prédit une descente d’organes). Les américains versent une larme parce que le marathon, surtout celui de New-York, c’est la cristallisation absolue du rêve américain (corsé par le côté « je cours pour mes enfants » alors que je cours essentiellement pour mon fessier). Mes voisins relous ont placardé des tonnes de papiers « may the force be with you » et « marathon, nothing is impossible » sur ma porte ce matin (c’est pas une blague), et à l’école des petits je me suis souvent fait applaudir par des gens que je connaissais pas et à qui on avait dit que je « le » courais (c’est pas une blague non plus). En réalité, si les mecs m’avaient vu courir,  ils applaudiraient avec moins d’entrain.

Bon, je vais veiller aux derniers préparatifs : téléchargement de l’intégrale Véronique Sanson dans mon iPod, achat de petits gels dégueulasse goût « café déca », et dodo sur le coup de 18h30 après les rituelles pâtes aux escalopes sans beurre. L’envers du rêve américain.

Le confort ? il va falloir avec ... ou plutôt sans.

La tente, les gamins et la mer


Testé pour vous, les vacances quadruplement compliquées : 1 avec enfants 2 sur une ile de bourges 3 sous la tente 4 sans voiture (mais avec des vélos). Mon mec était un peu sceptique mais je me voyais tout à fait au retour, en chantre glamour* de la décroissance** : “un frigo ? mais voyons, pour quoi faire ?”*

Commençons par le positif : les enfants ont adoré. Et nous aussi. En partie parce que ça nous fait un sujet de conversation pour les 5 prochaines années, mais pas seulement. C’était trippant, magnifique. Crevant, certes, mais les vacances à gamins c’est toujours crevant.

Paragraphe : “guide touristique gratos” : Bon en gros, Martha’s vineyard c’est Belle-Ile. Les plus : les phares et des Obamas en goguette (avec plus d’hélicoptères que dans Apocalypse now). Les moins : pour la Belle-Iloise et les sentiers côtiers : wallou. Du côté des estivants (et à part les Obam, qu’on n’a pas croisés), ça fleure le vieil argent et la liposuccion sous les jeans blancs moulax des quinquagénaires rogues.

Paragraphe “Les campings aux US”. C’est incroyab’. Tu as ton petit feu de camp individuel et vachement d’espace. Et puis c’est propre. Donc tes enfants jouent aux cabanes et font des feux de camp dans une ambiance pas du tout “pense à tes morpions pubiens au retour”.

Bon, je m’égare. Passons à l’essentiel : la tente.

  • pour le nourrisson : c’est la panique. Je bats ma coulpe (j’avais toujours rêvé d’écrire “je bats ma coulpe”) : j’aurais peut-être dû prendre un couffin. La tente était installée sur un plan légèrement incliné. Le gamin se retrouvait donc au milieu de la nuit la tête en bas, sous mon tapis de sol, ayant glissé sur 3m sans s’en rendre compte, tétant épileptiquement les parois de la tente tout en hurlant sa mère (moi donc).
  • pour l’enfant de 2 ans : mi-figue, mi-raisin. Gros enthousiasme sur la lampe de poche et les ombres chinoises. Mais angoisse à l’heure du coucher parce que le rituel dodo est perturbé.
  • pour l’enfant de 4 ans : c’est une source d’allégresse qui le pousse par exemple à tester la fermeture éclair de la tente à 3h du matin.
  • Pour les parents :

de la fatigue, cf paragraphes précédents.

de l’amélioration de tes réflexes. Quand un des enfants bouge un cil la nuit il faut traiter le problème en 7 nanosecondes, sinon vues les parois en nylon, il y a risque de contagion à tes deux autres enfants (et accessoirement à l’ensemble du camping, mais ça on s’en carre un peu).

des dilemmes fashion : acheter les claquettes camping, pour ou contre ? au bout de combien de jours un short est-il considéré comme sale ?

un recentrage sur l’essentiel. Crème hydratante : pas essentiel. Brossage de dents : pas essentiel. Faire pipi : pas essentiel. Changer la couche de tes enfants : ça dépend.

beaucoup de bouteilles de rosé bues à deux, sur la table de pique-nique, quand les enfants sont couchés vers 19h, et ça les gars, ça claque de romantisme.

 

** pour la décroissance on repassera, camper avec des enfants exige de claquer un Smic en conneries Décathlon.

* pour le glamour n’en parlons pas. Je regarde souvent les new-yorkaises admirablement manucurées avec une tête de petit cocker envieux.

Comment je me suis (encore) disputé la non sexualité de mes enfants avec la maitresse

Tempête sous mon crâne


C’est affreux les amis. Je n’ai jamais eu autant d’idées de posts, et jamais eu aussi peu de temps pour les écrire.

Je propose donc pour les prochaines semaines, à raison de deux posts par semaine parce que j’aime les challenges :

1° comment je me suis inscrite à une association de coureurs, et comment j’ai kiffé. Et aussi, comment une fille m’a dit dans une montée alors que je tremblotais de la fesse et du moral : « hills are our friends ; they make us stronger » (les collines sont nos amies, elles nous fortifient).

2° comment j’adore Columbia (oui, je suis dans une phase enthousiaste). Et aussi, comment ça renforce à mort mes stéréotypes raciaux. Et aussi, comment j’ai discuté avec un américain à claquettes à la cafète. J’étais absolument surexcitée. Vis ma vie d’amie de Mark Zuckerberg.

3° comment, entre moi et the walking dead, mon mari semble définitivement avoir opté pour the walking dead.

4° comment j’ai fait du camping à Martha’s vineyard avec trois enfants en bas âge, et comment j’ai survécu (réponse : il suffit de ne rien faire pour soi. Et oui, absolument, faire pipi c’est faire quelque chose pour soi).

5° comment j’ai été voir sleep no more 5 ans après tout le monde, et comment je veux vivre dans sleep no more (attendez-vous à une description longue et percutante des décors, qui font donc 9.300 m2).

6° comment j’ai toujours bu pendant mes grossesses (un peu quoi), et comment je ne bois plus du tout en préparation du marathon, et est-ce que ça veut dire que je préfère mon corps à mes foetus, je vous remercie de me l’avoir demandé.

Et ça n’est que le début !! réalisez-vous la chance que vous avez ? Je crois bien que non.

Mon gros corps flasque

Ma première course avec NYRR


I’m back !!!

Et hier matin, j’ai couru ma première course avec New York Road Runners, un 18 miles en préparation du marathon. Bilan :

– je suis vivante et entière : aucune descente d’organe à signaler. La totale classe.

– au début de la course, j’étais à mort dans le sarcasme. Il faut dire qu’il y a de quoi faire : l’hymne américain à vibrato la main sur le coeur, les TShirt à message « charity »: « enriching veteran’s lives » (enrichir la vie des vétérans) ou « how does a world without cancer feel like » (figurez-vous une vie sans cancer), les commentaires concons de Germaine qui anime le début de la course, les chansons style « crazy in love » très très fort.

– à la fin de la course, la fatigue aidant, j’avoue avoir un peu versé dans l’émotion sombré corps et biens. J’ai donc successivement : (1) tapé sur l’épaule des bonnes femmes à TShirt « enriching veteran’s lives » en disant « good job, you rock », (2) donné la main à une fille qui s’était arrêtée sur le bord de la route pour que grâce à moi, elle se relève et qu’on coure ensemble, main dans la main, et (3) eu presque les larmes aux yeux quand le public m’a applaudi en mode « you can do it ». Bon OK, j’ai même eu totalement les larmes aux yeux.

– le long de la course, mon esprit est tout entier tendu vers des pensées complexes du style « attends la fille devant est hyper vieille, c’est obligé je la double » (se passent 300 m durant lesquelles je fais mon max mais clairement la fille est plus rapide). « bon tant pis. Ah, un gros ! bon celui-la je le double ». etc.

– mon engouement pour les trucs gratos est si fort que je me suis tapée une indigestion de gel super énergisant goût latte distribué fort généreusement aux miles 4, 10 et 16. Les mots me manquent pour décrire comment ça te défonce l’intestin grêle, mais avec un effet retard d’environ 1h.

– je hais mon copain Julien qui m’a emmenée en bagnole et caracolait avec élégance devant la ligne d’arrivée pendant que j’ahanais comme une merde au mile 10.

– à chaque fois que je cours, j’oublie que la cellulite ne disparaît pas instantanément. A chaque fois que je me regarde dans ma glace en pied au retour d’une course, je suis quand même un petit peu déçue.

Le public du concert est extrêmement divers (image, Reuters)

Mes soirées de bourgeasse


Et pendant que le reste du monde se désentripaille, on passe un bon été de connards.

1- on est allés voir Manhattan de Woody Allen, sur le toit d’un hôtel reconverti en ciné en plein air. Transats, casques audio pour tout le monde, deux verres de champagne, un peu comme la première classe Air France dans les sixties (je prenais beaucoup la première classe Air France dans les sixties). En rentrant, mon mec m’a susurré qu’il n’avait jamais passé de si bonne soirée. J’ai tendrement posé ma tête sur son épaule, avant de réaliser qu’il portait un casque et moi aussi, et que nos échanges s’étaient donc résumés à : « pouce levé ? » « pouce levé !! »

2- on est allés voir Goran Bregovic au Lincoln Center. Vu la proportion de mémères emperlousées rentabilisant leur abonnement au Lincoln Center, vu les mecs de la sécurité sur au taquet (interdiction de marcher dans les allées, interdiction de photographier), je craignais le pire. En plus mon voisin texan puait l’oignon frelaté. Mais au bout d’une demie heure, Goran avait retourné la salle ; la sécurité avait jeté l’éponge, le public ânonnait du serbe en hurlant de joie dans les travées, et moi je me disais avec mes gros sabots que le Lincoln Center c’est un peu comme la vie (enfin, la vie chez les riches) : des hipsters, des tatoués, des mecs des balkans, des étudiants, des retraités et bien sûr, les mémères emperlousées qui dansaient avec leurs filles. Quant à mon voisin texan, il s’est avéré yougoslave et exégète pointu de Goran, mais pour le coup de l’oignon, ça a quand même duré tout le concert.

Uncle Sam needs you / Balance la thune bordel

My big fat marathon (2)


Résumé de l’épisode précédent : où l’auteure, galvanisée par l’accumulation de difficultés à la con, dont une grossesse récente, une cheville en coton et zéro thune, décide de relever le défi débile que personne ne lui a lancé, et donc … de s’inscrire au marathon « barrières à l’entrée » le plus relou du monde : le marathon de New York.

Je ne peux à l’heure actuelle m’inscrire au marathon de NY que d’une seule manière : en faisant du fundraising pour une ONG. J’ai donc décidé de traquer la terre entière, pour qu’ensemble on lève 3.000 dollars pour changer le monde*

3000 dollars, ça a l’air de rien mais ça veut dire :

– 300 potes consentants x 10 dollars, or j’ai à peu près 17 potes en comptant le frère de mon ex

– miser gros sur l’oncle Henri qui serait éventuellement en mesure de balancer du gros chécos

Verdict :

L’oncle Henri n’a rien donné. Et moi je suis en train d’envoyer des reminders de reminders à mon réseau poussivement étendu, afin que quelqu’un dans mon entourage se manifeste, « every little bit helps », à votre bon coeur messieurs dames. Je n’y suis pas encore, et surtout il semblerait que j’y aie perdu des amis (qui avaient déjà été largement échaudés par le chapitre « je vous rappelle que vous devez liker la page uschapters sur Facebook »).

Positivons : se concentrer sur l’aspect exclusivement financier de l’affaire permet de ne pas réfléchir au fait qu’objectivement, ça fait 4 ans que je n’ai pas fait de sport.

 

* avoir Jean Jacques Goldman dans la tête quand on écrit un post est souvent mauvais signe

La générosité et l'enfance en détresse (allégorie, école new-yorkaise préraphaélite)

My big fat marathon


Courir le marathon de NY six mois après avoir accouché est complètement con. Ton corps n’est pas remis, donc tu as 100% de chances de te péter la cheville. Et puis même entrainée, tu restes flasque sur les photos souvenirs (seul intérêt du marathon, enfin ça et te la friser en entretien d’embauche).

Courir le marathon de NY dans l’absolu est complètement con. Contrairement à 10.000 autres marathons du coin, qui requièrent juste que tu cliques sur ‘s’inscrire’ et que tu paies les droits, tu ne peux t’inscrire au marathon de NY que sous l’une des trois conditions suivantes.

  1. gagner ton ticket à la loterie.
  2. avoir couru 7 petites courses de merde l’année précédente, et être volontaire pour filer du dossard sur l’une d’entre elles. ou
  3. sponsoriser une ONG à hauteur de 2.500 ou 3.000 dollars (la majorité des places est reservée pour les ONG). Parenthèse : le “charity business” faisant fureur à New York, il est de très bon ton d’avoir une grande cause à défendre. Et surtout, d’en parler à peu près comme les enfants de la comtesse de Ségur parlent de leurs petits pauvres.

Une fois 1, 2 ou 3 validé, tu as gagné le droit de raquer les frais d’inscription.

Bref, s’inscrire est super chiant, super chronophage et super cher. Bref tout le monde se rue sur les inscriptions. Bref, je vous le donne en mille : moi aussi.