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Hard times in New York Town


travail


Les punitions au Moyen-Age sont relativement primitives (tableau accroché au mur de la fondation Rauschenberg)

La conférence d’anthropologie – putain les gars, je poste en live …


J’ai assisté dans ma vie à un paquet de conférences en droit. Au début tu es intimidé mais au bout d’un moment tu réalises que c’est toujours un peu pareil. Mêmes costumes noirs, mêmes mecs qui se prennent au sérieux et font les mêmes blagues à la con sur les mauvaises rédactions des lois. Les rares femmes mettent les mêmes marques de rouges à lèvres sur les flûtes à champagne pendant le cocktail de sortie toujours un peu terrifiant.

Ce soir j’assiste à ma deuxième conférence en anthropologie dans une fondation où sont suspendus au mur des moules de crânes humains en argile et des tapis ethniques.

Un septuagénaire en chaussettes noires qui ressemble à s’y méprendre à Grincheux dans Tintin mashup mon grand-père Bernard, vient de me proposer de déposer mon manteau à la consigne. Ca sent le riz piquant mais c’est normal : il y A du riz piquant dans des grands bacs comme à la cantine en CM2, on vient de m’en proposer (la conférence était à 6h mais c’était pour diner AVANT la conférence). Les gens ont l’air de correspondre exactement au lecteur Télérama (prof quinquagénaire sympa un peu à l’ouest). Par contre un peu tendu pour des anthropologues qui se la pètent post-coloniaux, un seul black, d’ailleurs méga stylex, mange son riz tout seul sous son chapeau en tweed.

Et le titre de la conférence? Repenser les peines. On « repense » vachement chez les universitaires.

Je vous laisse, je vais discuter avec mes nouveaux grands-parents.

Dis donc Germaine, je m'emmerde un peu, je ferais bien des études

Back to school again – ma dernière idée à la con


A l’heure où j’écris, je suis en train de me taper une présentation de rentrée avec plein de fois « we are building a community » (effroi).

Et oui, roulements de tambour, tadadaaam : je commence un master dans une université new-yorkaise très chic.

Plusieurs raisons par ordre d’importance croissante :

1 – apprendre vaguement des trucs qui ne me serviront pas (parce que ouais, la fille fait un master en anthropologie)
2 – trouver une raison de plus de ressembler exactement à Betty Draper dans Mad Men
3 – me venger du MBA dans le dos que mon mec m’a fait il y a cinq ans et qui avait été une tannée à gérer pour notre couple et notre compte en banque
4 – porter un TShirt de mon université et trainer mon latté et mes claquettes à l’incroyable piscine du campus
5 – avoir l’air cool en soirée, au lieu de répondre bêtement « oh, ben je m’occupe de mes enfants » ou de me lancer dans un tunnel auto-justificatoire de 15 minutes …

tout ça pour la modique somme de 50.000 dollars* !!! génial, non ?

* évidemment on ne les a pas, mais comme l’université facture par semestre et qu’on a réussi à payer celui-là, on a l’impression d’être des gros winners de la gestion.

Oh no!


Ci-dessous, une pub ciblée en petit en-cart à droite sur ma page Facebook (privée).

Je me demande ce qu’il y a de plus déprimant dans l’histoire

– que Brad quitte Angie

– qu’il existe un site intitulé goodhousekeeping.com, ou

– que je fasse partie de la cible de goodhousekeeping.com …

« Theyre Getting Divorced »
goodhousekeeping.com
Ang Walks Out On Brad And Takes The Kids! You’ll Never Believe Why She Left Him!
"Mon sens du style ? Hmm, laissez-moi réfléchir ... Je dirais "élégant et sensuel". Tendance Marilyn chantant pour Kennedy"

Comment je ne suis pas devenue personal assistant


Une blogueuse fashion que je « followe » consciencieusement proposait la semaine dernière une offre de boulot pour être son personal assistant. Mais mon Dieu, mais c’est moi ! me suis-je dit avec un puissant sens du discernement. Et d’envoyer illico un CV. Inexplicablement, une des N-1 de la blogueuse m’a répondu pour me proposer un entretien. Et c’est à mon avis là qu’il faut préciser que :

– niveau fashion, je porte les mêmes TShirt Petit Bateau informes depuis l’adolescence

– niveau « personal assistant », je fais partie de cette large catégorie de la population qui procrastine six mois avant de prendre un RDV chez le dentiste / ouvrir les courriers de la banque / faire des choses en général. Cette catégorie de la population qui remercie Thévenoud pour l’invention du joli terme, parfaitement adéquat, de « phobique administrative »

Bref, j’étais, comme ils disent ici, « the perfect fit ».

L’entretien était le surlendemain. Je n’avais donc pas tout à fait le temps de perdre mes kilos de grossesse. J’ai quand même fait un régime expresse à base de concombres, puis tenté de trouver une robe planquant mon ventre flasque, puis réquisitionné mon mec pour qu’il prenne soin de Yann pendant que je vivais ma vie de femme fashion nouvelle.

Je suis partie fièrement, crinière flottant au vent, démarche assurée de césarienne + 3 semaines, passer l’entretien dans un café avec la N-1 de la blogueuse star.

Bilan :

1/ c’est la première fois que je passe un entretien avec quelqu’un qui pourrait être ma fille. Je crois qu’à un moment j’ai fait une blague de vieux con sur le sujet. La fille a souri poliment derrière ses lunettes écailles.

2/ globalement, je crois que les blagues type « auto-dérision » sont proscrites à New York.

3/ globalement, je crois que les blagues type « auto-dérision sur mes tentatives d’habits fashion » sont proscrites dans le monde de la fashion à New York.

3 bis / quand tu passes un entretien dans la mode, il est conseillé de répondre que oui, évidemment, tu adores la mode. Pas « bof ».

4/ au bout de 15 minutes il était clair pour tout le monde que je ne correspondais pas au profil, mais la serveuse avait oublié mon latté, il fallait donc l’attendre. Quand il est enfin arrivé, après dix minutes de suspense type « musique du requin dans Jaws », je m’en suis tirée à – 17 papilles pour le boire ultra vite sans avoir à retrouver de sujet de conversation.

5/ je ne conseille à personne d’essayer d’avoir l’air intelligent dans une langue étrangère trois semaines après avoir accouché. Il n’est pas impossible que j’aie produit une séquence de bredouillage informe type be-bop, mais je ne peux pas le certifier, j’étais trop fatiguée pour écouter les sons que je produisais.

J’ai repris le métro en vitesse, pour immédiatement rescotcher à mon sein le pauvre Yann qui, depuis mon départ, s’époumonait dans les oreilles de mon mec. Et j’ai repris placidement ma vie de jeune maman, en me disant que ça ferait toujours au moins un post de blog.

Merci pour le chocolat

Manger gras, c’est manger sain (ou : le syllogisme à l’américaine)


Il y a deux semaines, j’ai repéré pour la première fois dans la cuisine de mon ONG des espèces de fiches nutrition. Chouette, me suis-je dit, je vais apprendre des trucs. J’ai lu attentivement les fiches sur deux semaines de suite. Chaque semaine, un aliment. Et comme d’hab, j’ai beau être de mauvaise foi, je n’ai rien piraté ou truqué, promis.

– Semaine du 4 avril : les fraises. Ca commence sur un topo sur la fraise, nutriments tout ça. Ensuite on en arrive au point intéressant: « recettes saines de la semaine : le saviez-vous ? les saveurs et les couleurs des fraises sont rehaussées par le vinaigre balsamique. Pour un dessert fabuleux, parsemez vos fraises de vinaigre balsamique, puis servez avec une boule de glace à la vanille ».

– Semaine du 11 avril : les tomates. Topo sur la tomate. Puis : « recettes saines de la semaine : le saviez-vous ? Les tomates cuisinées à l’huile ont une teneur en lycopène (?) supérieure aux tomates crues. Une sauce tomate riche contenant de l’huile d’olive constitue donc un choix sain ».

Brainstorming familial sur ma twitter community

Les réseaux sociaux m’ont épuiser


Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je poste un nouvel article sur twitter, j’ai trois followers de moins (sachant que j’en ai 50, c’est plutôt douloureux) ? En fait, plus exactement, il se produit un micmac complexe avec six followers qui se barrent, et trois nouveaux …

… pourquoi je ne suis d’ailleurs pas certaine que ma micro twitter-community soit fondamentalement hyper fan de USChapters ? (à la louche, 40% de mes 50 followers sont des boites pour booster votre audience … pour les autres, merci les copains !)

… est-ce que pour gagner trois nouveaux followers, il faut VRAIMENT surliker les posts de gens influents et faire des commentaires lol et brillants en moins de 140 caractères (si c’est ça, officiellement je jette l’éponge) ?

pourquoi est-ce que les followers n’arrivent pas en masse par la simple magie de mon site internet formidable ? (et là tu te dis que question naïveté réseaux sociaux, je suis encore meilleure que ma grand-mère mamie chantal)

Voilà pourquoi, six mois après avoir créé mon compte, je ne suis pas trop sûre que les 50 heures que j’y ai passées à ce jour m’aient apporté quoi que ce soit (à part de devenir groupie twitter de Penelope Bagieu, sachant que je l’étais déjà de toutes façons dans la vraie vie)

Pareil partout : prière de la fermer pendant l'audience

Petit séjour au tribunal


Pour des raisons liées à ma vie d’avant (la fille qui se la joue mystérieuse*), je connais plutôt bien les tribunaux français. Mais pas trop les américains.

Or hier, dans le cadre de mon bénévolat dans une ONG « fais donc de l’humanitaire gratos, sale femme d’expat », je glandais sec dans un tribunal (pénal) en attendant une audience. Quand soudain, illumination, nouvelle rubrique blog, bref, révolution sur Internet.

LES TRIBUNAUX AMERICAINS / PAREIL QU’EN FRANCE :

– le juge a tout le temps l’air saoulé.

– il houspille les avocats histoire de bien leur faire sentir qui c’est le patron. Avec exactement les mêmes phrases des deux côtés de l’Atlantique (« maitre, vous vous perdez en débats techniques » « Maitre, bon, on abrège » etc).

– les 3/4 des affaires sont renvoyées à date ultérieure = lorsque l’affaire est appelée, tout le monde se bouge avec ses gros dossiers, l’air méga focus, branle-bas de combat, 15 personnes se lèvent – verdict : OK, c’est bon pour mi-juin Kevin, tu peux te rasseoir.

– la majorité des mis en cause ne comprend rien à ce qui lui arrive. Parfois ils ne parlent pas la langue ; mais de toutes façons, la justice est une langue étrangère en soi. Ils ignorent qui leur parle, qui est le procureur (ici le « district attorney »), ce sur quoi se bat leur avocat, ce qu’ils encourent. Ils promènent un air affolé de lapin en cage. Et tout le monde a l’air de bien s’en taper.

– il y a toujours deux publics, le public « VIP » (professionnels du droit) et le public « normal » (mis en cause + familles +public).  Et tu peux sans te planter dire à quel catégorie appartient qui : le prix (visible) des fringues, l’autorité naturelle ou pas, le parfum, les poussettes etc, ne laissent pas trop place au doute.

– bon, et quand même, et dans ce pays où tout est payant, ça mérite d’être souligné, c’est gratos d’assister aux débats, et gratos d’être mis en examen (yeeeah, non ?)

LES TRIBUNAUX AMERICAINS /PAS PAREIL :

– En France, les mis en cause sont de toutes les couleurs, mais les avocats / magistrats sont majoritairement blancs. Ici chez les « VIP » aussi c’est melting pot. Ca donne des trucs que je ne peux pas m’empêcher de trouver marrants, comme le coup où un avocat avec une kippa défend une grosse prostituée latino devant une juge visiblement originaire d’Asie centrale.

– le « IN GOD WE TRUST », en énorme au mur

– et juste en-dessous, punaisé à la table du juge : « merci d’ôter votre chewing-gum avant de vous adresser au juge ».

– les flics, eux, ont droit au chewing gum. Et aux lunettes de soleil. Et au flingue ostensible comme dans Lucky Luke. Ceux de ma salle d’audience ressemblaient vraiment à ça.

– personne ne porte de robe ou d’uniforme, à part les flics et le juge. C’est VRAIMENT le bordel pour comprendre qui est qui.

– ah, le méga classe « your honor » …

* j’adorerais faire croire que je suis une ancienne taularde glamour genre Alex Vause dans Orange is the New Black. En fait non.

Membres de Zorro ayant visiblement perdu de vue le coup de l'empowerment

Mon réseau Facebook secret


Pendant longtemps, j’ai cru que la seule fonction de Facebook était de me faire perdre deux heures de vie par jour. Mais ça, c’était avant. Avant que ma copine Flo ne me coopte dans un groupe Facebook secret « réservé aux femmes qui bossent dans les droits de l’homme ». On l’appellera Zorro mais son vrai nom est encore plus cool.

A l’heure actuelle, Zorro compte 1.576 femmes adeptes de l’empowerment, dont les world CV multilingues contiennent parfois un doctorat, souvent un passage par la cour pénale internationale, et toujours quelques années dans des zones de conflit tendax et exotiques. Le groupe est une sorte de salon où tu es en permanence invité à des séminaires sur les violences domestiques en Ukraine, à boire des godets au Lesotho, ou à répondre à des offres d’emploi rutilantes au Bangladesh. Bref, c’est un peu la communauté de l’anneau.

J’ai fini, moi aussi, par aller boire un godet à New York avec des membres de Zorro. Il y avait 20 filles en rade de boulot, dont moi, qui tournaient comme un banc de poissons affamés autour des deux filles qui elles avaient un boulot, mais étaient simplement venues boire des godets (les pauvres).

La vie est vraiment une sacrée pyramide alimentaire, ai-je soupiré, avec un sens aigu de l’observation.

Montre tes seins, c'est ce que tu as de mieux quand tu es enceinte (conseil de mon amie Camille, finalement non suivi).

Le cocktail casse-gueule -2


Attention, pour la phrase suivante j’ai tenté un immonde plagiat de Proust. Merci de confirmer ce que je crains, à savoir que même le titre d’ « immonde plagiat de Proust » est trop sympa.

Le jour J, aux termes d’arrangements compliqués avec deux baby-sitters différentes, ayant tiré le meilleur parti de mes cheveux soyeux qui sont comme chacun sait le seul d’intérêt d’être enceinte, et au top dans la robe noire de grossesse de ma soeur que je lui avais fort opportunément chourravé pour la grossesse de Charlotte et jamais rendu depuis, qui pouvait faire illusion si on n’y regardait pas de trop près, je sonnai avec assurance à la porte du N+X de mon mec, confortée par la certitude que j’étais certes grosse, mais au bras de l’homme le plus beau du monde, et de fait, mon mec resplendissait littéralement dans son pull St James x le slip français qui était ce qu’on lui avait trouvé de plus proche d’une tenue de golf, et il tenait victorieusement une bonne bouteille de rouge de la cave de mon père à filer à son N+X en guise de cadeau de cocktail après que l’on nous avait confirmé que c’était bien, comme cadeau de cocktail.

(si vous avez tout lu, merci, bravo, et tout va bien, le cauchemar est terminé).

Le N+X nous a salués, a pris la bonne bouteille de vin français, a dit « merci beaucoup » et l’a placé distraitement au milieu de dix bouteilles de vinasse américaine apportées par des convives arrivés avant nous. C’était bien la peine, me suis-je dit radinement.

Et puis on est entrés.

Et malheureusement, c’est à peu près tout ce que j’aurai à en dire.  J’avais pourtant aiguisé mes antennes « reportage sociologique ». Mais force est de constater que les cocktails, c’est pareil partout : on s’est goinfrés au hasard de trucs qui ne rassasient pas, et puis on s’est fait cornériser par la classique sangsue septuagénaire de cocktails, qui nous a infligé sa vie, un long tunnel dont je n’ai pu me tirer qu’en disant que je suis enceinte désolée faut que je m’asseye, avant de me réfugier au stand crevettes.

PS : tenue de golf, ça veut dire pantalon + chemise + pull. C’était bien la peine de se stresser.

Kate dans le métro


Un jour où je ne suis même pas fatiguée, une grande brune plutôt robuste propose de me céder sa place dans le métro. Je décline en souriant : elle-même semble épuisée. Elle insiste, je m’assieds.

Elle se présente. Kate. Me demande à combien de mois de grossesse j’en suis. Amorçage de conversation. Elle a le visage un peu crispé mais avenant, et un rouge à lèvres trop rouge, qui lui barre le visage comme une armure. Elle a aussi un bébé de six mois et un de deux ans, elle dit qu’elle voit bien dans quelle galère je dois être. Moi, ce que je vois, c’est qu’elle a l’air d’avoir sacrément besoin de parler.

Elle a 42 ans, elle est associée en droit du financement dans un cabinet d’avocats. Moi aussi j’étais avocat avant. Ca nous fait deux points communs : deux enfants, avocat. Kate est enchantée.

Comme la plupart des new-yorkaises, Kate a pris six semaines de congé maternité pour chacun de ses deux enfants. Elle m’explique avec une fierté tendue que depuis, elle a organisé sa vie au cordeau. Elle a embauché une nounou qui vient tous les jours entre 17h et 21h pour préparer le diner et mettre la table. Pendant ce temps, Kate profite de ses petits. Elle dit « je profite » avec le ton qu’avaient mes parents quand ils me disaient « fais tes maths ».

Elle jongle entre les déplacements professionnels. Elle était à Chicago il y a deux jours, elle va repartir la semaine prochaine, je ne sais plus trop où. Elle mentionne son mari à ce moment là, son épaule se soulève. Il fait tampon lors de ses déplacements.

Le soir, quand elle rentre de sa tour, Kate « profite » de ses enfants pendant que la nounou trime à l’arrière-plan, puis elle met les enfants au lit, et retravaille. Elle dort par tranches de deux heures : son bébé se réveille encore beaucoup, beaucoup. A mon interrogation semi-muette, elle répond que non, évidemment elle n’envisage pas de le laisser pleurer.  D’ailleurs ça n’est pas possible, elle allaite toujours. Je fais un « …????? » très lisible. Elle explique que non non, tout est sous contrôle, elle pompe son lait au bureau et puis elle le congèle avant et pendant les déplacements. Bon, par contre, elle est un peu fatiguée. D’autant que l’ainé est jaloux (je comprends « chiant », mais ça, Kate ne le dirait pas).

Le matin, après ses nuits calamiteuses, Kate se lève, remet son rouge à lèvres trop rouge, et repart travailler.

Tout ça a quelque chose de ridicule, et aussi quelque chose de magnifique : Kate fait évidemment partie des femmes que je devrais envier, pas plaindre. Mais les contraintes dont elle se sangle ont l’air de tellement la déchirer que malgré les les dix ans et probablement plusieurs centaines de milliers de dollars qui nous séparent, et malgré mon absence totale de légitimité à conseiller qui que ce soit sur quoi que ce soit, j’ai sincèrement envie de lui dire que t’inquiète Kate, tout va bien, tu gères à mort, respire, bois un coup, pense à toi, et peace.

Nous sommes arrivés à la station de Kate. Elle remet son sac à main sur son épaule, reprend son armure, et galope sur l’escalator.