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Hard times in New York Town


portraits


Le moment groupie


J’AI VU BRAD PITT A UNE AVANT PREMIERE OU J’ETAIS INVITEE PAR HASARD IL EST VRAIMENT TROP BEAU ET EN PLUS IL A L’AIR TROP SYMPA OH MON DIEU JE N’ARRIVERAI PLUS JAMAIS A ECRIRE EN MINUSCULES

Obstétricien pratiquant une césarienne dans mes pires cauchemars

Du choix cornélien d’une gynéco pour sa grossesse


Je suis enceinte.
Et de trois.
Le bébé va naître aux Etats Unis. Il est trippant d’avoir un bébé américain. Il est moins trippant de laisser le prix d’une Cadillac dans ma troisième césarienne.
Alors le trip local, c’est de choisir dès la première minute le gynéco qui suivra toute ma grossesse, et m’accouchera. Evidemment, comme une abrutie, je commence donc à m’intéresser aux diplômes des mecs. Et après une enquête approfondie avec photos sur Internet à l’appui, je finis par sélectionner une gynéco qui a des bagues dentaires, ce qui me dégoûte un peu. Je décide néanmoins judicieusement que ça n’est pas déterminant pour la qualité du tracé de ma cicatrice au ventre.
Sept nains déguisés

Halloween


Alors en vrai, Halloween ça cartonne sa race. Les mises en scène devant les maisons sont pas mal cool. Débauche de lumières, d’araignées, de chirurgien fous, de fumée. Les gamins kiffent.

Les déguisements sont au-delà de l’extraordinaire. Je sais pas combien de week-ends les mecs passent à les préparer, mais l’année prochaine, pas moyen, nous aussi on fait la parade. Le problème c’est qu’il faut repousser très très loin les limites de la créativité :

1/ Jamais je n’aurais eu l’idée de me déguiser avec mes copains en mozzarelle (avec des filaments de fromage entre nous). Ni de courir déguisée comme ça pendant 5 km.

2/ Jamais je n’aurais pensé à utiliser les contraintes, genre transformer une poussette en étoile noire de Star Wars (vachement convaincante l’étoile noire)

3/ Le top du top, les déguisements d’animal en autre animal ( j’ai notamment vu un chien très bien en grenouille).

(suite…)

la dame qui fait traverser la rue


Je veux vivre dans les bras de Roselyn. Roselyn, c’est la dame qui fait traverser la rue.

Elle sourit, hiver comme été, sous 40 degrés ou -10. A s’en faire péter les fossettes. Avec une sincérité de gateau au chocolat.

Elle dit « good morning my love » à ma petite fille, avec du miel dans la voix. Et ma petite fille, qui ne se jette dans les bras de personne, se jette dans ses bras.

La dame qui fait traverser la rue donne envie de boire un bon thé chaud, d’appeler ses grands-parents pour leur dire qu’on les aime et d’acheter des fleurs pour n’importe qui.

La dame qui fait traverser la rue a 56 ans et en paraît 15 de moins. Elle a eu cinq enfants, quatre petits enfants dont l’ainée a 8 ans. Et la totalité des gamins du quartier va lui raconter ses petits bobos.

La dame qui fait traverser la rue a un boulot dur, et ingrat. Et elle a l’air tellement heureuse je me surprends à être envieuse de ce boulot.

Le sermon dans le métro


J’ai rendez-vous avec un avocat pour parler de mon boulot. Je suis coincée dans le métro parce qu’un abruti dans la rame de devant a pressé la sonnette d’alarme. Il fait chaud. Je n’ai pas déjeuné. Cela fait trente minutes que j’attends.

Une dame harangue les passagers blasés. J’ai déjà bien sûr assisté à ce genre de scènes, mais jamais dans un métro coincé pendant trente minutes.

Les visages des auditeurs sont de plus en plus fermés, mais personne ne va lui dire de se la fermer. Je ne sais pas si c’est par respect ou par peur, elle a l’air quand même bien barrée.

Elle est à la fois véhémente, et curieusement atone. Elle formule dans un mauvais anglais un discours qui semble destiné à nous convaincre, et qu’elle n’essaie pourtant pas de rendre convaincant.

Je comprends vaguement qu’il est question d’une diatribe contre la mode, une brassée de God Allmighty. Et puis cette phrase : « money won’t give you life ». Elle a l’air de s’insurger contre l’inhumanité de notre monde.

Elle a l’air fatiguée, elle porte un petit sac en plastique noir.

Elle s’arrête aussi soudainement qu’elle avait commencé.

Thank you for listening.

Le public est visiblement soulagé.

Elle s’assoit timidement à côté d’une dame, et retourne à l’anonymat.

Pourtant, dans notre métro coincé, mon voisin me propose un muffin aux bananes. Mon autre voisin répond que non, il n’y a pas de wifi, sinon il me prêterait son smartphone.

Moi mes amis, et les amis de mes amis, et un tigre (dans le désordre).

El Desdichado


ou : ‘les limites de l’amitié’.

1. Les copains de tes copains ne sont pas forcément tes copains : Voici le tuyau méga-finaud que m’a filé un copain de copain, qui a un bon poste à l’ONU, et à qui je parle d’y postuler : « ben il y a un moteur de recherche de boulot à l’ONU. Ca s’appelle inspira ».

2. Tes propres copains sont une race pas fiable : quand ils comprennent que tu n’as pas trop le moral, plutôt que de t’envoyer des colis remplis de sardines la belle-iloise, ils préfèrent t’écrire des mails plus ou moins habiles pour gratter une place sur ton canapé lit aux prochaines vacances.